Ciddhel Info n∞ 32 & 33
sept-déc 2000 Torture Camps Prison
Edito
Le 18 octobre 2000 Amnesty International a
lancé, au niveau mondial, une campagne
internationale pour l'éradication de la
torture dans le monde.
Trois axes principaux feront l'objet
d'actions à tous les niveaux : société civile, monde
politique, services de sécurité et monde
économique.
Ces trois axes sont : la prévention
(éducation, transferts d'armes, conventions
internationales), les discriminations
(violences à l'encontre des femmes, des enfants, de
certaines catégories de personnes ou
minorités) et l'impunité.
Pourquoi cette campagne ? alors que ce
fléau est, dans nos pays occidentaux, considéré
"unanimement" comme une injure
faite à l'humanité.
Parce que les statistiques sont
accablantes. Selon une étude réalisée au
niveau mondial
des cas de torture ou de mauvais
traitements imputés à des agents des pouvoirs publics
ont été signalés dans plus de 150 pays.
Dans plus de 70 d’entre eux, les violences
étaient généralisées ou persistantes.
Dans plus de 80 pays, des personnes sont
mortes des suites des actes de torture ou des
mauvais traitements qui leur ont été
infligés.
Parce que tous les jours arrivent sur les
bureaux des chercheurs d'Amnesty International
de nouveaux cas de personnes qui sont en
danger de torture ou en danger de mort suite
aux tortures infligées.
Parce que, si même une personne était en
danger de subir l'infamie, le monde devrait se
mobiliser pour elle.
C'est dans le cadre de cette campagne que
le CIDDHEL a décidé d'y consacrer un
numéro du Ciddhel-info pour vous donner
accès à un maximum de matériel vous
permettant d'agir en vue du respect de
l'article 5 de la Déclaration Universelle des Droits
de l'Homme : "Nul ne sera soumis à la
torture ni à des peines ou traitements cruels,
inhumains ou dégradants". Article que
la plupart des 150 pays où elle est pratiquée,
même très occasionnellement, ont signé et
se sont donc engagés à respecter.
Jo
Gobert, Amnesty International
Contre la torture
Chaque lettre compte
Participez à la campagne international
d’Amnesty International contre la torture
Amnesty International, Belgique
francophone,
9 rue Berckmans. 1060 Bruxelles
Tél
: 02 538 81 77 Fax : 02 537 37 29
E mail aibf@aibf.be
http://www.amnesty.be
Lettre
ouverte à mon tortionnaire
Ceci est une lettre adressée par un citoyen
à un haut fonctionnaire.
Elle
part d'une idée de base : la raison d'être d'un État est de protéger les
personnes,
leurs biens, leur sécurité.
Elle aborde un sujet hors du commun.
Elle s'adresse à un haut fonctionnaire hors du commun.
C'est
une contribution à la mise au grand jour, préméditée, d'un sujet qui a si
longtemps terrorisé les Marocains que leur
vie en a été profondément marquée.
Elle vient d'un citoyen fermement convaincu
que parler de ce sujet constitue une
responsabilité morale envers les citoyens ;
les victimes connues et supposées, les
générations montantes et l'État lui-même.
Son
auteur appartient d'abord et avant tout a une génération pour qui la
démocratie ne peut signifier que :
souveraineté de la loi et égalité des hommes, sans
distinction, devant elle. C'est une lettre
arrachée au silence, qui se résume à une question simple : la liberté peut-elle
coexister avec la terreur ? C'est une lettre qui lève le voile et s'inscrit au
programme de la transparence, brûlante mais vitale pour une démocratie ni
illusoire ni prétendue mais réelle.
Est-ce
que toutes les expressions de la liberté, proclamées par les pactes
internationaux ratifiés par le Maroc,
peuvent coexister avec un héritage récent de terreur, de crainte et de ténèbres
?
Au
moment où le Maroc se trouve au seuil dans sa transition démocratique,
peut-on parler de démocratie alors que
notre pays n'a pas encore apuré le passif de
frayeur qui a habité les coeurs durant des
décennies et érigé l'autocensure en système
omniprésent et toute-puissante ?
Peut-on
parler de citoyenneté partagée, alors que les suppliciés sont tourmentés
par les tatouages immondes sur leur corps
et leur âme, et que les tortionnaires sont
hantés par de noirs cauchemars ?
Peut-on
tourner la page, alors que nous ignorons toujours si les réseaux de
torture et d'enlèvement font désormais
partie d'un passé révolu ou s'ils sont toujours,
comme auparavant, actifs en marge de la loi
?
Non, Monsieur.!
Un face-à-face public, sans intermédiaire,
est indispensable. Parce que la question
concerne tous les Marocains, leur avenir,
c'est-à-dire celui de leurs enfants, y compris
les vôtres et les miens.
Mais peut-être que, pour commencer, vous
ne me remettez pas.
Je vais vous rafraîchir la mémoire, malgré
ma conviction que vous me situez très bien,
pour une raison bien simple : votre
fonction exige une excellente mémoire des noms et
prénoms, des peaux, des odeurs, des grains
de beauté même, et jusqu'aux parties intimes.
Je
suppose que vous vous rappelez nos corps plus que nos visages, car devant
vous les visages étaient toujours
recouverts d'un linceul blanc baptisé bandeau.
Ma
lettre va certainement vous faire mal. Mais je ne vois pas d'autre solution, et
vous devez m'écouter jusqu'au bout.
Pour commencer, je me demande souvent si vous
arrivez à dormir normalement, ou si vos cauchemars sont peuplés de crânes et
d'ossements.
Tremblez-vous quand se dressent sur votre
lit les spectres et les fantômes ?
Etes-vous capables d'aller au chevet de vos
enfants le soir leur raconter l'histoire de la
belle au bois dormant, des ogres cachés
derrière les buissons obscurs, et du Prince
charmant qui dompte les méchants et éveille
la princesse à la vie ? Ils se cramponnent à
vous - comme tous les enfants du monde -
ignorant que la terreur est plus proche d'eux
qu'ils ne le croient.
Je
vous revois très élégant ou plutût coquet. Vous vous déplaciez toujours avec
une clique de sbires qui étendait sur les
rangées de corps étendus une aile noire qu'à mon idée vous aviez baptisée, au
cours d'une de vos séances de terreur : "la crainte de l'État."
Vous contempliez avec délectation vos
prisonniers accroupis dans les caves et les
couloirs.
Vous étiez élégant, dans mon souvenir,
choisissant avec soin vos costumes et vos
cravates, vous marchiez à pas comptés dans
le cimetière des vivants appelé Derb
Moulay Cherif, et un parfum remplissait
l'air, un parfum d'eau de Cologne. Celle-là
justement.
Dans
ma mémoire, l'eau de Cologne se mêle à l'odeur de tabac blond, de peau
brûlée et à une autre, celle de l'urine.
Je vous choque ? De grâce, bas le masque!
Moi je sais pourquoi l'eau de Cologne me
rappelle l'odeur d'urine et d'autres relents, une
pestilence d'urine, de crasse et
d'excréments.
Vous
assistiez toujours aux séances de torture, et en fait les dirigiez. Les
chiffons suffoquaient les suppliciés tandis que vous étiez, une question après
l'autre dans de suffoquantes effluves d'eau de Cologne.
Vous m'accorderez sûrement que les Droits
de l'homme ont une conception moins
abjecte de l'emploi de ces accessoires.
Dites-moi
à présent comment vous pouvez dormir aujourd'hui, avec vos nuits
habitées d'ossements et de crânes ?
Les crânes.
Peut-être
vous rappelez-vous celui d'Abdellatif.
Vous me demandez qui est Adellatif ?
Abdellatif
Zeroual, cet homme exceptionnel qui a rendu l'âme sous une torture de sept
jours et sept nuits pleins au fond des noirs souterrains qui ont aspiré les
derniers
battements de son grand cúur. Il est mort
sous les coups de fouet, et a été enterré sous
un faux nom; ensuite on a remis à son père
accablé et à sa mère desséchée de chagrin une feuille jaunie par un quart de
siècle d'attente, qui certifie sa mort mais refuse de préciser où sont
ensevelis ses restes.
Asma Abou Zakaria dit:
"Ils ont pris mon père quand j'avais deux ans. Je l'ai connu à
travers des photos et ce qu'on me
racontait. Ils ne pas donné l'occasion de
le connaître à cette époque. Maintenant je leur demande seulement de me
laisser connaître sa tombe. Je veux seulement visiter sa tombe !"
La mère de Maneuzi résume la douleur de
toutes les mères : "J'ai cru pendant longtemps
qu'il était en vie ; il reviendrait
peut-être aveugle ou estropié, peu importe..Je le voulais à côté de moi quoi
qu'ils en aient fait. Mais maintenant je ne I 'attends plus. Si seulement
ils m'indiquaient sa tombe.
Ne pleurez pas. Madame. Ou pleurons
ensemble de douleur et de colère. Mais la tombe,
c'est nos coeurs à nous tous qui renferment
les restes des disparus.
Quant à vous, vous ne pourrez jamais
imaginer la couleur de ses larmes, Monsieur le
haut fonctionnaire. Quant à moi, je peux
imaginer des yeux grands comme deux galaxies et baignés de larmes.
Dormez-vous après cela ?
Va
savoir où est la tombe d'Abdellatif ? Fut-il enterré avec ou sans linceul ? En
secouant de ses mains la terre de sa tombe
clandestine, son fossoyeur a-t-il remarqué
son sourire paisible ? A Berrechid, à
quarante kilomètres de Casablanca, Haj Zeroual
refuse encore de réceptionner l'étrange
certificat de décès de son fils, qui certifie des
morts sans lieu de repos.
Et Jacob attend toujours le retour de
Joseph.
La crainte de l'État !
Regardez, Monsieur, ce que la crainte de
l'État a fait du pays :
55% de Marocains illettrés
30% sous le seuil de pauvreté
47% menacés de pauvreté
34% des enfants meurent avant un an
Le pays est au 125e rang sur 175 nations.
Un pays rongé par la corruption, le trafic
d'influence, l'accaparement des biens publics,
la fuite des capitaux, arrachés à la sueur
des travailleurs, vers les banques étrangères,
dans l'impunité la plus totale.
Le pays s'est vidé de son sang et s'est
réveillé un beau jour anémié et ruiné, face à
l'évidence du naufrage.
A longueur d'année, des milliers
s'aventurent sur la mer ténébreuse et fuient leur vie,
condamnés à affronter soit la mort soit
l'errance.
Quant à la santé, au logement et au
vêtement, pour ceux qui restent dans leur pays, c'est
tout le bien-être, ô combien insaisissable.
Je ne pense pas que vous perceviez
réellement le sens de ces choses. Seuls les pauvres le perçoivent. Au Maroc
nous disons: "Ne connaît le bâton que celui qu'on frappe "
Ainsi donc, tandis que le pays s'enfonçait
dans sa crise, vous graviez la crainte de l'État
sur le corps des suppliciés.
Vous n'étiez pas seul: Tazmamart, El Qalaa
des Mgouna. Corbès, Dar Moqri. la liste est
longue, les foyers de terreur méthodique et
planifiée meublaient tous cette crainte.
Oummi Hlima.
Une de ces mères d'une patience de chêne.
La femme si fière de son fils Abdeslam.
D'elle non plus vous ne vous souvenez
pas.
Mais pourtant il faut entrer dans les
détails. Vous, la seule mention des détails vous
dérange. Que dire alors de ceux qui les ont
vécus soupir après soupir !
Abdeslam rêvait d'un monde beau et
harmonieux, et il comprenait en même temps que
derrière le désordre du monde, il y avait
la puissance des intérêts.
Il s'est rangé sans hésiter du cûté des
démunis et a compris avec sa perspicacité que
l'abîme était sans fond, et quand vous lui
avez passé les menottes, il lui a été dur de
revenir d'un coup aux ténèbres du Moyen
Age. Il criait de toute sa foi. Il rêvait de la cité
juste et refusait la crainte, le
"génie" et la "civilisation" gravés par les coups de fouet
sur
les dos torturés.
Il n'était pas le seul visité par ces
visions.
Miloud aussi.
Vous vous rappelez Miloud ?
Ce jeune campagnard de haute stature, mince
et beau ? Brillant étudiant en statistique ?
Peut-être ignorez-vous qu'il a perdu la
raison.? Par pitié, pas de tristesse hypocrite.
Sachez qu'il a perdu toutes ses dents, que
sa peau a noirci, que ses os ont
effroyablement maigri, et qu'il est revenu
à la tombe de sa mère, au giron le plus tendre.
Non, il n'est pas mort. Mais chaque nuit il
prend sa couverture et va où sa mère dort de
son dernier sommeil, embrasse sa tombe et
s'assoupit, fuyant votre souvenir !
Vous pouvez dormir après cela ?
Mais craignez-vous seulement quelque chose
?
Le fait est que vos subordonnés vous
craignaient. Je ne sais pas comment un
tortionnaire peut craindre quelque chose,
mais ils vous redoutaient réellement, et
l'humanité devra comprendre comment un
cauchemar peut craindre un cauchemar et un
tortionnaire, son collègue.
Bacha,
Je veux dire Oummi Bacha,vous vous la rappelez
? Non, vous ne voyez pas.
Vous vous rappelez sûrement son fils
Abdallah.
Quand votre clique en a eu fini avec lui,
il a dû ramper pendant trois mois. sur les coudes et les genoux, réduit à un
tas de pansements sanguinolents. C'est ainsi qu'il allait aux toilettes dans
les caves du Derb Moulay Cherif. Oummi Bacha avait deux yeux brillant d'un
regard pénétrant, débordant de dignité. Elle est morte il y a quelques mois.
Quand je suis allé la visiter avant son dernier soupir, j'ai trouvé la même
majesté sur les mêmes traits. Elle m'a fixé un instant - je ne l'avais pas vue
depuis des années - et elle qui luttait contre la mort articula clairement :
"Je te reconnais. Tu es le fils de Touria, Dieu ait son âme !" Les
mots de l'agonisante résumaient tout, Monsieur ! Dieu ait pitié de toutes les
mères, celles qui ont eu la joie d'embrasser leurs enfants avant de rendre
l'âme, et celles qui sont mortes la gorge serrée par la séparation ou le deuil.
Tu es le fils de Touria.
Touria.
Vous vous la rappelez comme cela ?
Je vais vous y aider de mon mieux.
Touria ma mère ? Vous ne vous la rappelez
pas ? Vous l'appeliez la pute... ça y est,
vous y êtes. Vous ne mentionniez jamais son
nom sans l'associer à la déchéance. Toutes
les mères de prisonniers étaient des putes
pour vous, quant aux détenues, n'en parlons
pas.
Demandez aux cellules de lutte pour
l'indépendance du Maroc, renseignez-vous sur
elles, l'histoire vous parlera de cette
passion quasi mystique d'hommes et de femmes qui
vous ont porté au siège d'où vous avez
torturé les fils, souillé l'honneur des mères et
écrit une des pages les plus noires du
pays.
Vous ne le croirez peut-être pas, mais les
médecins sont formels : la maladie qui l'a
emportée, il y a longtemps, s'est déclarée
l'année des enlèvements massifs dont vous
avez été le triste héros.
Cela ne vous intéresse pas.
Il y a une photographie qui peut vous
intéresser. C'est une photographie que je garde
d'elle avec Mohamed V à son retour d'exil.
Non, je ne vous parlerai pas de lui. Vous
ne le connaissez pas vraiment, vous ne savez
pas ce que signifie un pays soudé tout
entier, toutes générations et classes confondues,
gouvernants et gouvernés, pour reconquérir
sa dignité. Le mot "dignité" ne signifie pour
vous rien qui vaille.
Quels visages rayonnants sur cette
photographie ! Mais vous ne pouvez pas savoir.
Seuls les numéros vous disent quelque
chose.
33
: ce numéro, sans nul doute,
vous est familier.
Vos gardes s'amusaient à le faire résonner
en redoublant le T et le R. Je comprenais que
chaque fois qu'il retentissait, il
annonçait à coup sûr un de vos ‘festins’, au point que
chaque pouce de mon corps en avait une
mémoire particulière et intime ; la mémoire de
mes pieds était de glace et de gel, celle
de mes mains, de fer, celle de mes yeux, de
ténèbres. Chaque fois qu'ils prononçaient
le numéro, toutes les mémoires de mon corps
jaillissaient d'un coup de leurs cellules
les plus fines, se préparant à l'enfer mobilisant
toutes les forces de l'existence menacée et
tous les pores de l'être reclus livré à la
barbarie.
Combien de numéros se sont alignés dans vos
registres ? Pour vous, ils ne signifiaient
rien de plus que des fers, un bandeau, un
corps qui souffrait et criait de toute la violence
comprimée en lui comme une bombe, la
question-poignard plongée entre chair et os, et le sang s'échappant à flots du
Maroc saignant des artères de sa jeunesse vouée aux noirs
souterrains.
Dans
ces conditions infernales, on accumulait dossier sur dossier, on expédiait
fournée après fournée vers des siècles de
peines de prison, lors de procès ou tout était
garanti sauf la justice et l'équité. Des
familles ont été dispersées, des espoirs ruinés, des
rêves détruits ; la meule de la répression
a broyé les aspirations de générations entières.
Hommes sensés, lisez la page du passé avant
qu'elle ne soit tournée.
Lisez, elle témoigne de tout:
Lisez ! car rien ne se perd, quoi que la
force ait voulu nous faire accroire.
Rien ne subsiste que la vérité nue.
Vous causiez un français impeccable. du
moins le croyiez-vous, vous figurant que votre
baragouin fournissait la preuve imparable
de votre modernité ; et vous oubliiez que vous symbolisiez l'inhumain, que vous
vous situiez dans le gouffre le plus bas que l'humanité puisse atteindre : nier
son essence humaine et la plonger dans la bassesse et la barbarie, pour ne pas
dire l'animalité, car l'animal est au-dessus de la bassesse.
Vous
comprenez naturellement que l'effet de terreur ne visait pas seulement la
victime elle-même. Le but était clair :
toutes les forces vives du pays. "Frappe Saad
pour faire taire Said" : vieille
recette; on fait un exemple avec quelques-uns, et la terreur
se charge de faire taire les autres : belle
"économie d'effort, d'argent et de temps".
Comment un créateur peut-il alors
s'aventurer ? Comment veut-on que l'intellectuel pose les questions
dérangeantes, que le penseur affronte les sujets brûlants de son époque, que le
rêveur meuble de ses rêves les sentiers rebutants ? Comment mobiliser un peuple
qu'on ne perçoit que comme criminel en puissance en attendant qu'il le soit
pour de bon ? Comment veut-on que le pays respire à pleins poumons l'air de la
vie ?
Il
est terrible, Monsieur, cet immense ressentiment dans la conscience de tout
un peuple, il fait peur.
J'entends demander qu'on tourne les pages
du passé
Je suis bousculé par les gémissements des
suppliciés
Attrapé par les mains
Les vagues de la nuit déferlent sur ma
mémoire
Les crânes des morts me clignent de l'oeil
Déchire de nos yeux les voiles de la nuit
Déchire les linceuls de silence
Sois plus fort que cette mort !
Je sais que certains tortionnaires
rougissent de l'histoire de leurs mains. Je sais que tel
d'entre eux a vomi en voyant les rangées de
suppliciés. C'est arrivé quand vous avez
amené une nouvelle équipe de gardiens.
Peut-être ne les aviez-vous pas assez
conditionnés. Le pauvre ne prévoyait pas
que, de ses propres yeux, il verrait l'enfer. Son
imagination n'avait jamais envisagé cette
situation où ses compatriotes tombaient au
fond de la barbarie et où les mygales des
ténèbres mordaient dans les nuques. Le pauvre
est entré brusquement, a vu, a respiré les
relents fétides des couloirs obscurs. La tête lui
a tourné et il a tout vomi : la nourriture,
la boisson, le pays et la vie.
Par contre, je sais qu'il y a des bourreaux
qui n'attendent que l'occasion de planter leurs
crocs dans la chair de leurs victimes,
comme un fauve dans sa proie dont le sang frais
ruisselle encore sur la terre humide.
A quelle catégorie appartenez-vous
aujourd'hui ?
Et moi, direz-vous ?
Moi je suis exactement comme vous m'avez
connu. Rien de neuf dans ma vie. Mon cúur
est toujours à sa place, mes membres
portent les traces de votre hospitalité, et j'écris des
poèmes.
A Casablanca je demeure, j'aime mon pays de
tout mon cúur, et j'espère y reposer quand
viendra non heure.
Ce
qu'il y a de nouveau c'est que j'ai trois enfants, et un de mes nouveaux soucis
est qu'ils mangent un pain assaisonné de
dignité, qu'ils apprennent à aimer leur pays le
Maroc, qu'ils comprennent ce qu'ils doivent
à leur civilisation et la richesse de leur
humanité, qu'ils regardent leurs
interlocuteurs en face, et serrent les mains et surtout,
qu'ils n'oublient jamais.
Genève
Genève n'est pas seulement une capitale
financière et une villégiature pour les grands,
mais aussi le siège des commissions de
l'ONU concernant les Droits de l'homme, entre
autres la Commission de lutte contre la
torture.
Bien sûr vous savez tout cela.
Quel pays généreux et astucieux !
Il vous comble de ses largesses pour
torturer vos compatriotes, ensuite il vous envoie
témoigner qu'il n'y a pas de torture, ce
qu'il y a c'est la jalousie des envieux et les
machinations des conspirateurs. Quelle
astuce extraordinaire !
Je ne sais qui a conseillé votre nomination
comme membre de la délégation officielle
habilitée à présenter le rapport périodique
sur la torture au Maroc il y a deux ans, et
comment vous avez pu, vous, au siège de la
Commission à Genève, carré dans votre
fauteuil confortable, expliquer les
attendus, commenter les notes et
déclarer la bouche
en cúur : "Je certifie qu'il n'y a pas
de torture dans mon pays!"
Quelle déchéance et quelle bassesse !
En réalité, vous étiez très occupé. Vous
n'aviez pas le temps de remarquer l'essence de
l'humanité bâtie par les hommes au long des
âges pierre par pierre. Vous n'avez pas
entendu le cri de l'humanité après la
seconde guerre mondiale "Tous les êtres humains
naissent libres et égaux en dignité et en
droits. Ils sont doués de raison et de conscience,
et doivent agir les uns envers les autres
dans un esprit de fraternité".
Vous
n'avez pas écouté le poète :
"Seuls possèdent la terre les oiseaux
qui planent au-dessus du chant
Et seul possède l'oiseau l'espace suspendu
au-dessus des arbres"
Ni
écouté la pensée :
"Il est clair que tout particulier qui
persécute un homme, son frère, parce qu'il n'est pas
de son opinion, est un monstre"
Ni
entendu la parole des savants :
"Il y a des hommes qui traitent
d'autres hommes comme on ne traite pas
les chiens.
Pour leur faire peur. Pour les anéantir,
les disqualifier, les annuler, les réduire. Pour
déshumaniser ce qu'il y a d'humain dans les
opposants. Il faut lutter contre cette forme
de violence qui dégrade l'homme, celui qui
la subit mais aussi celui qui la met en
pratique."
Ni
la parole des Compagnons :
"Quand avez-vous asservi les hommes, enfantés libres par
leurs mères ?"
Ni
les mots de la Bible :
"Qui sème l'injustice. récolte le
mal"
Ni la parole des prophètes :
"Si un mont en opprime un autre,
l'oppresseur sera broyé"
Ni
la parole la plus belle et la plus sainte :
"O mes serviteurs, je me suis interdit l'injustice et l'ai
interdite entre vous, ne lésez donc
personne" .
Epelez cela mot à mot.
Lisez-le mot par mot, et quand vous
sentirez un frisson de déférence, peut-être votre
âme sera-t-elle purifiée en ses replis.
La vérité est que vous n'avez eu de temps
pour rien d'autre.
Quand
je revois le nombre de jours que vous avez arrachés à ma vie, le nombre de
plages où je ne me suis pas baigné, de beaux films que je n'ai pas vus, de
matchs de foot que je n'ai pas joués, de livres que je m'ai pas lus, de mots
que je n'ai pas dits, de lettres que je n'ai pas écrites, de chemins que je
n'ai pas parcourus, d'amis que. je n'ai pas fréquentés, d'arbres qui ne m'ont
pas ombragé, de poèmes qui n'ont pas enrichi mon âme et de mots galants que je
n'ai pas prononcés, de montagnes. que je n'ai pas escaladées.
Quand
parvient à mon oreille le cri des suppliciés jailli de gorges creusées par la
souffrance, et muselées par l'aboiement des
chacals. Quand j'évoque le visage des mères
de disparus, la souffrance des femmes
recroquevillées sur leur tristesse, et les regards
éperdus des enfants.
Quand je revois le nombre de fois ou j'ai
été suspendu comme un animal par les sabots,
et les chiffons imprégnés d'urine qui m'ont
étouffé, le fouet qui a mordu ma chair, fait
saigner mes pieds, les assiettes de
fer-blanc que j'ai léchées, l'uniforme kaki qui m'a
enseveli, les fers qui m'ont fait saigner
les poignets, le bandeau serré sur mes yeux des
mois durant, le langage ordurier qui m'a
souillé des pieds à la tête et le fouet qui a mordu mon dos...
Quand
je revois tout cela, je m'interroge.
Je me demande comment nous pouvons - vous
et moi- appartenir à la même patrie, nous
asseoir sous les mêmes arbres, nous
réchauffer au même soleil et être surpris par la
même pluie, marcher sur les mêmes routes,
parler la même langue et croire au même
avenir.
Malgré cela, ce n'est pas de la haine que
je vous porte.
Peut-être serez-vous surpris de ma capacité
à pardonner.
Mais je ne peux participer à une comédie
qui s'intitulerait "L'oubli", honteuse comédie
qui mépriserait le droit des victimes et
détruirait notre mémoire collective.
Je ne suis ni haineux ni complaisant.
Mais je ne suis pas disposé à prendre les
souffrances à la légère, je ne suis pas prêt à
laisser la porte ouverte, entrouverte ni
même entrebâillée pour le retour de l'humiliation,
de l'arbitraire et du mépris. Car je suis
témoin, et suis tenu à porter témoignage, pour
rendre justice à l'histoire et par souci de
l'avenir, que nous ne forgeons que dans la
mesure où nous croyons qu'il échappe à nos
mains et rejoint les siens, les générations
montantes, au sens le plus noble du mot.
Par pitié, n'invoquez pas la réputation
extérieure du pays pour repousser ce message.
Peut-être ne comprenez-vous pas qu'un message
comme celui-ci, que je vous adresse
ouvertement aujourd'hui, à mon corps
défendant, est précisément la bouffée d'air qui
donne au pays l'élan de vitalité qu'il a
perdue depuis longtemps.
Et vous ne saisissez pas que ce concept d'
"extérieur", la vie s'est chargée de le modifier
du tout au tout. Il n'y a aujourd'hui, de
plus en plus, que des affaires internes à toute
l'humanité ou presque.
Voici approcher l'ère dont a parlé Leibniz
sans l'avoir vécue: "Chacun de nous est
responsable devant tous de tout ce qui arrive".
Que
cette porte soit verrouillée, fermée à clef, et la clef jetée dans le Triangle des Bermudes. Se taire sur
vous c'est être votre complice. Je vous ai déjà averti que cette lettre vous
ferait mal.
Mais elle est plus clémente que le silence.
Comme je crois à la nécessité de la transition
démocratique au Maroc, mon pays, je dois
vous faire parvenir ce message.
Car si je ne le proclame pas :
je suis complice du silence qui enterre
l'histoire,
du silence sur les atteintes à la dignité
humaine,
de la destruction de la mémoire commune
j'accepte la couardise et la faiblesse devant la puissance des ténèbres et de
l'humiliation et je me moque de moi et des autres, si je crois que tourner la
page du passé veut dire fermer les yeux sur vous et vous laisser là où vous
êtes, en position de puissance.
Donc, par souci de la transition
démocratique du Maroc, et pour ancrer la confiance et la
paix véritables, il est urgent de tourner à
jamais la page. Celle de la terreur.
Aussi, au nom des légions de suppliciés de
ce pays,
au nom de la dignité inhérente à l'homme,
au nom du pouls ardent dans les veines des
humains, et qui a nom liberté,
au nom de la justice universelle révélée
par le Ciel et à laquelle aspire la création,
au nom des droits de l'homme tels qu'ils
sont universellement reconnus,
publiquement,
prenant à témoin les simples citoyens
les démocrates et tous ceux qui croient en
l'avenir
les policiers aux mains propres,
les juges intègres,
les ministres qui croient aux droits de
l'homme et tout responsable de l'État qui n'a pas
souillé ses mains comme vous,
je vous appelle à choisir:
Ou vous démentez publiquement, avec preuves
à l'appui, le contenu de cette lettre, ce
qui est votre droit absolu, et en ce cas je
suis prêt à un face-à-face public de la manière
qui vous satisfera,
Ou vous reconnaissez que ce que j'ai dit
est la vérité pure,
et en ce cas je vous demande d'aller, vous,
vos supérieurs, protecteurs, partenaires et
ceux qui vous ont couvert,
d'aller en public demander pardon à vos
victimes,
de démissionner de votre fonction dont vous
vous êtes servi pour piétiner le droit et
mépriser la dignité humaine.
Quand vous ferez ce pas, vous me trouverez
à la porte à vous tendre la main... pour
vous aider à reconquérir votre humanité.
"Le 26 juin les Nations Unies
célébreront pour la dernière fois du 2Oème siècle la
journée mondiale de solidarité avec les
victimes de la torture, j'espère vous serrer la main ce jour-là.
Sans
haine ni rancune
Salah EL OUADIE 23 mars 1999
traduction de Francis Gouin
Recopié du site de l’Acat
Bibliographie : La torture
"La torture fait taire. Elle fait
taire victimes et bourreaux dans un même silence. Mais
aussi ceux qui l'autorisent, l'encouragent,
la programment dans le but évident de rendre
leurs agissements opaques. La torture est
un de ces "faits maudits" qui ont à voir avec la
part sombre, la face habituellement cachée
de l'espèce humaine. Elle dérange, elle met
mal à l'aise. Étudier la torture, son
utilisation dans une société donnée, ses mécanismes,
ce qu'elle produit et soigner des victimes
de tortures, tout cela n'est pas sans risques. "Je
ne suis plus le même qu'avant la
torture" dit celui qu'on a torturé. "Je ne suis plus le
même qu'avant d'avoir soigné des victimes
de torture", constate le clinicien qui a affaire à
un des phénomènes extrêmes de la
psychologie humaine." Françoise Sironi
dans
Bourreaux et victimes
A.
Ouvrages généraux
Amnesty International , La torture ou
l'Humanité en question, Editions francophones
d'Amnesty International, 2000, 160 p,
**.Cet ouvrage marque le lancement de la
campagne internationale d'Amnesty
International " pour un monde sans torture" : la
torture aujourd'hui ; la
discrimination un terrain propice à la torture ; l'impunité ;
programme d'action contre la torture.
Acat, Action des chrétiens pour l'abolition de la torture , Abolir
la torture : une utopie,
Félin, 1998, 126 p, ***.
Jacques André , L'interdit ou la torture en
procès, Le Cerf, 1994, ***.
Sironi Françoise, Bourreaux et victimes .
Psychologie de la torture, Odile Jacob,
1999,
281 p, ****. Maître de conférence en
psychologie clinique, co-fondatrice du Centre
Primo-Levi où elle a travaillé, Françoise
Sironi montre le cheminement du thérapeute
dans la prise en charge des victimes de la
torture; elle étudie les méthodes de tortures,
leurs conséquences traumatiques,
l'action du tortionnaire et le comment
on devient
bourreau .
Manna Haytham , coordonné par, Violences et
tortures dans le monde arabe,
L'Harmattan, 2000, 200 p, ***.Quatre
chercheurs et figures éminentes du mouvement
arabe des droits humains abordent la
question de la torture dans le monde arabe : Dr
Violette Gaguerre(Liban), Dr Moncef
Marzouki( Tunisie), Me Issam Younis( Palestine)
et Dr Haytham manna (Syrie). Etude de
nombreux cas et formes de tortures.
Verri Pietro, Observations sur la torture, Viviane Hamy, 1992, 154
p, .Beau texte écrit
en 1804 par un écrivain lombard.
Survivant de la torture : Traumatisme et
réhabilitation( IRCT), Acat ??, 2000, ***.
Fiacat, Fédération internationale de
l'Action des chrétiens pour l'abolition
de la torture ,
Agir contre la torture, FIACAT, 2000, 46 p.
Rapport annuel 1999.
Mitterand Danielle, La torture en Tunisie :
Comité pour le respect des libertés et des
droits de l’homme en Tunisie, Le temps des cerises, 2000, **.
B Témoignages
" On ne naît pas tortionnaire, on le
devient par initiation. Ce n'est pas une question de
"nature" mais une question de
fabrication. Et c'est à l'aide de techniques traumatiques
identiques, basées sur la même logique, que
l'on initie un tortionnaire et que l'on torture
un homme."
Bourreaux et Victimes, Françoise SIRON
Suphi Mickael,
Faraç. Dans les salles de tortures de Turquie, Epo,
1994, 142 p,
**.Témoignage de Mickael Suphi, de
nationalité belge, qui fut bourreau dans les salles de tortures turques.
Rey Besnoit, Les égorgeurs. Algérie
1959-1960, chronique d'un appelé, Los
Solidarios
Toulouse et Le Monde libertaire, 1999, 123
p, **.Journal d'un jeune soldat débarquant
dans la guerre d'Algérie ; il décrit les
tortures employées par les militaires français.
Publié
en 1961, son livre fut saisi.
Driss Bouissef Rekab, préface de Gilles
Perrault, A l'ombre de Lalla Chafia,
L'Harmattan, 1989, 206 p, ***.Driss
Bouissef Rekab, assistant de langue et littérature
espagnole à la Faculté de lettres de Rabat fut arrêté en janvier 1976,
emprisonné et
torturé plus de sept mois dans le
sinistre Derb Moulay Cherif, à Rabat ;
il est
condamné à 20 ans pour délit d'opinion et
reste 13 ans à Kenitra où il écrit le
récit de
son enfance, ses études, sa vie de
prisonnier." ´Avec son témoignage murmuré sur le ton
de la confidence et fondé sur sa
constante honnêteté intellectuelle,
Driss Bouissef
Rekab a rédigé contre l'arbitraire du
pouvoir marocain le plus terrible et le plus
convainquant des réquisitoiresª G.
Perrault.
Tenzin Kunchap et Patrick Amory , Le moine
rebelle. Carnets de lutte de ma vie au
Tibet, Plon, 2000, 416 p, ****.Récit de la
vie d'un moine tibétain, réfugié politique en
France qui a connu l'enfer des prisons chinoises. Il a témoigné à Amnesty
international.
Bolis Luciano, Mon grain de sable,
10/18 Domaine étranger, 2000, 94 p,
*.Récit
bouleversant de la détention, des tortures d'un résistant italien ."
C'est un texte
extraordinaire, un peu comme si Jean Moulin
avait échappé à Barbie et nous avait laissé
le témoignage de ses tortures et de sa
tentative de suicide..." Michel Polac.
Tillion Germaine, entretien avec Jean
Lacouture, présenté par Genevièvre De
Gaulle-
Anthonioz, La traversée du mal, Arléa,
2000, 125 p, *.Dialogue sur la vie d'ethnographe,
de résistante, de rescapée de Ravenbr¸ck
et de militante au sein de la Commission
internationale contre le régime
concentrationnaire qui dénonça la pratique de la torture en Algérie.
Alleg Henri, La question, Minuit, 1958,112p
**.Dénonciation de l'usage de la torture en
Algérie par les militaires français.
Verbitsky Horacio, El Vuelo. La guerre sale
en Argentine, Dagorno, 1996, 223 p,
***.Récit d'un militaire tortionnaire en Argentine.
Said Smaöl, Mémoires torturées : un
journaliste et écrivain algérien raconte T1,
L'Harmattan, 1997, 182 p, ***.
C.
Dossiers pédagogiques
Amnesty International , Papiers libres
2000, Amnesty International Belgique, 2000, 63
p, Dossier pédagogique sur la torture et
les mauvais traitements.
Pour le secondaire. Présentation générale,
pistes pédagogiques et actions.
Merveille Christian , Hariga Véronique ,
L'homme qui écoutait chanter l'oiseau,
Amnesty International et Memor, 2000, 37
p,**.
Un conte de Christian Merveille illustré par Véronique Hariga pour faire
comprendre
aux enfants du primaire le phénomène des violations des droits
humains et surtout le
fléau de la torture. Ce conte est
accompagné d'un dossier pédagogique gratuit.
Saka Saka, revue, La torture existe encore,
MSF, juillet-août-septembre 2000.Dossier
sur la torture pour les jeunes. Clair et complet.
50 ans de droits humains. Agenda des droits
humains pour le début du XXIe siècle,
Forum des ONG pour le cinquantième
anniversaire de la DUDH, 1998.Article sur la
torture
rédigé par l'Acat.
Acat, .....
Solet Bernard, La torture. Des témoins
contre le silence, Syros, 1995, 89 p,**.
D
Les camps
" ...Les hommes normaux ne savent pas
que tout est possible. Même si les témoignages
forcent leur intelligence à admettre, leurs
muscles ne croient pas. Les concentrationnaires
savent...La mort habitait parmi les
concentrationnaires toutes les heures
de leur
existence. Ils ont touché tous ses
dépouillements. Ils ont vécu l'inquiétude
comme une
obsession présente. Ils ont su
l'humiliation des coups, la faiblesse du corps sous le
fouet. Ils ont jugé les ravages de la faim.
Ils ont cheminé des années durant dans le
fantastique décor de toutes les dignités
ruinées. Ils sont séparés des autres par une
expérience impossible à transmettre....
" David Rousset dans L'univers
concentrationnaire.
Kotek Joïl et Rigoulot Pierre , Le siècle
des camps. Détention, concentration,
extermination. Cent ans de mal radical, J-C
Lattès, 2000, 805 p, *****.
De l'Afrique du Sud en 1900 jusqu'en
Tchétchénie en 2000, ce livre décrit
l'histoire des
camps, leur typologie, leur nature, leur
fonction . " Notre siècle qui s'achève aura été
celui des camps. La spirale des guerres, le
cortège des génocides, l'abîme des
totalitarismes auront fait des barbelés le
symbole du Mal, retenant comme otages ou
victimes les civils de tous les temps et de
tous les lieux." Abondante
bibliographie.
Ouvrage historique fondamental.
Todorov Tzvetan, Face à l'extrême, Seuil
Essais, 1994, 342 p, **.
Etude, sous l'angle de la morale, de la vie
des hommes dans les camps de concentration
allemands et soviétiques.
Parrau Alain, Ecrire les camps, Belin,
1995, 380 p, *****.
Alain Parrau, docteur ès lettres analyse,
compare les textes de témoins majeurs des
camps nazis et des camps soviétiques.
Pollack MichaÎl, L'expérience
concentrationnaire, Métaillé, 1990.
Rousset David, L'univers
concentrationnaire, Hachette Pluriel, 1993, 187 p, **.
Un rescapé des camps analyse
magistralement l'univers
concentrationnaire pour tenter
de comprendre l'incompréhensible.
Sven Lindqvist, Exterminez toutes ces brutes, Le Serpent à plumes, 1998.
Les Hereros, petit peuple de 80.000 âmes ,
qui vivaient dans les limites de l'actuelle
Namibie ont subi de la part de leurs
colonisateurs allemands, le premier génocide
en
1904. Ils ont connu le travail forcé dans les premiers camps de concentration
allemands.
Extrait du journal du général Trotha qui
mena cette guerre raciale : " Le
point de vue du
gouverneur et de quelques vieux coloniaux
diffère complètement du mien. Ceux-ci
poussent depuis le début à la négociation
et considèrent le peuple hérero comme un
matériel productif nécessaire pour le
développement futur de la colonie. Je considère
que la nation Héréro comme telle doit être
annihilée, ou si ce n'est pas tactiquement
possible, expulsée hors du territoire par
tous les moyens (...)J'estime le plus approprié
que la nation périsse(...)Ma politique est
d'exercer la violence par tous les moyens
possibles, y compris terroristes. Je
détruis les tribus africaines par un courant de sang et
d'argent. Ce n'est qu'une fois ce nettoyage
accompli que quelque chose de nouveau
pourra émerger, et qui restera.".
Rossi Jacques, Qu'elle était belle cette
utopie, Cherche-Midi, 2000, ***.
Jacques Rossi raconte sans haine, ni regret son engagement de
militant en Urss et ses
vingt-quatre ans passés au goulag. "
J'ai mis des années à comprendre que ce
cauchemar n'était pas une perversion,
mais qu'il était la règle..."
Rossi Jacques, Le manuel du goulag, Cherche midi, 1997, 332 p, ****.
De ses 24 ans passés au goulag, Jacques
Rossi a fait un dictionnaire précis, fouillé et
plein de son expérience douloureuse ; en
1300 articles, il étudie le phénomène du goulag dans son entièreté.
Chalamov Varlam, Récits de la Kolyma. La
nuit. Quai de l'enfer, Livre de poche Biblio,
1990.**
Guinzbourg Evguenias, Le ciel de la kolyma,
Seuil points, 1997.
Description minutieuse de la vie dans le
goulag.
Buber-Neumann Margarete, Déportée en
Sibérie, Seuil Points, 1995.
Todorov Tzvetan, Au nom du peuple,
témoignages sur les camps communistes, L'aube,
1992.
Brossat Alain, dirigé par, Ozerlag,
1937-1964. le systéme du Goulag : traces perdues,
mémoires réveillés d'un camp stalinien,
Autrement, 1991, 250 p, ****.
Langbein Hermann, Hommes et femmes à
Auschwitz, 10/18, 1999.
Buber-Neumann Margarete, Déportée à
Ravensbrück, Seuil Points, 1995.
Höss Rudolf, Le commandant d'Auschwitz
parle , Mémoires autibiographiques
Julliard, 1957. “comment étaient, qui
étaient ‘ceux de l’autre bord ‘ ? Est-il possible que
ce fussent tous des brutes, que jamais dans
leur yeux ne brillât une lueur d’humanité” ?
Ce livre apporte une réponse complète à cette question : il montre avec quelle
facilité le
bien peut s’effacer devant le mal, être
cerné puis renversé par lui, et ne plus subsister
qu’en de grotesques îlots & une vie de famille ordonnée, l’amour de la
nature, un
moralisme victorien ª Primo Levi dans la
préface
Levi Primo , Si c'est un homme, Presses
Pocket, 1999, 214 p., *.
Témoignage essentiel sur la ‘nature
complexe de l’état de malheur’ vécu à Auschwitz.
Antelme Robert, L'espèce humaine,
Gallimard, 1997, 306 p, **.
Le vécu d'un kommando ( gandersheim) dans un camp de concentration allemand (
Buchenwald). " L’horreur n'y est pas
gigantesque...L'horreur y est obscurité, manque
absolu de repère, solitude, oppression
incessante, anéantissement lent."
Sem Dresden, Extermination et littérature.
Les récits de la shoah, Nathan, 1997, 237 p,
*****.
Ce professeur de littérature comparée à
l'université de Leyde ( Pays-Bas)
inventorie
tous les écrits sur la persécution et
l'extermination des juifs ; il en fait l'histoire et
l'analyse pour le devoir de mémoire.
Domenach Jean Luc, Chine : l'archipel
oublié, Fayard, 1992, 688 p, *****.
Etude minutieuse des origines, du
développement et de la situation récente du
gigantesque système pénitentiaire de Chine.
Ouvrage de synthèse très documenté.
Pasqualini Jean, Prisonnier de Mao, sept
ans dans un camp de travail en Chine,
Gallimard, 1973
Harry Wu, préface de Domenach Jean Luc,
Laogai, le Goulag chinois, Dagorno, 1996.
Harry Wu, préface de Danielle Mitterrand,
Vents amers, Bleu de Chine, 1995, 381 p,
*****.
Dix-neuf ans dans les laogai ou camps
chinois de " réforme idéologique par le travail". " Comme Harry
Wu l'explique avec force détails, dans la main du PCC, la faim est un
fouet, un instrument terrible ; elle ne
laisse pas de trace, mais ses victimes sont marqués
à vie. Ceux qui lui survivent ne peuvent
l'oublier..." Jean Pasqualini
rescapé des prisons
chinoises.
Chagoll Lydia, Une enfance dans les camps
japonais, Luc Pire, 2000, 118 p, **.
Récit et réflexion d'une jeune juive hollandaise
qui a vécu avec sa mère et ses soeurs
dans l'enfer des camps japonais en Indonésie.
Yathay Pin, Tu vivras mon fils.
L'extraordinaire récit d'un rescapé de
l'enfer khmer ouge, L'archipel, 2000, ***.
Bizot François, Le portail, La table ronde,
2000, ****.
Ethnologue français en mission au Cambodge,
François Bizot fut fait prisonnier par
les
Khmers rouges ; accusé d'espionnage, il fut
interrogé par Douch, un des plus grands
tortionnaires du régime de Pol Pot. Il
raconte ses conversations avec son tortionnaire et
son cauchemar.
Thévenet Amédée, Goulags vietnamiens,
France-Empire, 1997.
Baylé Claude, Prisonnier au camp 113,
Perrin, 1991.
Au
goulag vietnamien.
Souvannavong Vongprachanh, La jeune captive
du Pathet-lao, Fayard, 1993.
Rigoulot Pierre, Entretiens, Les Aquariums
de Pyong-Yang, Dix ans de Goulag nord-
coréen, Laffont, 2000.
Daure Christine, Tazmamart, une prison de
la mort au Maroc, Stock, 1992.
Daure-Serfaty , La mémoire de l'autre,
Stock, 1993
Bourequat M., Mort vivant. Témoignage :
Rabat 1973, Paris 1992, Pygmalion, 2000,
.??.
E La prison, les mauvais traitements
Siobdan Dowd, textes rassemblés et
introduits par . Préface de Joseph Brodsky,
Ecrivains en prison, Labor et Fides, 1997,
254 p, ****.
Ce livre rassemble des textes d'auteurs
célèbres ( une cinquantaine) victimes de la
persécution. "Lisez ce livre, nous
conseille le grand poète, prix Nobel de littérature dans
sa préface, ce que l'écrivain sait dire des
prisons doit intéresser tous ceux qui veulent
rester libres ".
OIP,
Observatoire international des prisons. Section française , Prisons : un
état des
lieux, Dagorno, 2000, 320 p, *.
OIP, Observatoire international des prisons
, Rapport 2000, OIP, 2000.
Favard Jean, Les prisons, Flammarion
Dominos, 1994, 126 p, **.
Un magistrat introduit une réflexion sur
l'état des prisons.
Jacquard Albert , avec la contribution
d'Héléne Amblard, Un monde sans prisons, Seuil
points, 1993, 215 p, **.
Un essai de reprendre la question du rûle
de la prison dans notre monde . "Comment
accepter sans réagir une société qui croit
résoudre ses contradictions en enfermant et
surtout en oubliant ceux qui menacent sa
quiétude? " A. Jacquard.
Cvc- Genepi , Centre de vulgarisation de la
connaissance - Groupe étudiant national
d'enseignement aux personnes incarcérées,
Les prisons, Milan Les essentiels, 1999, 62
p, *.
Bonne information sur le milieu carcéral et
ses problèmes.
Niaussat Michel, Les prisons de la honte,
Desclée De Brouwer, 1998.
Témoignage d'un aumûnier de prison sur la
situation d'exclusion et d'abandon des
prisonniers.
Observatoire international des prisons ,
Mineurs en prisons, L'Atelier, 1998.
Trinquier Christel, Femmes en prisons, Le
cherche Midi, 1997.
Wacquant LoÔc, Les prisons de la misère,
Raisons d'agir, 1999, 189 p, *.
Face à la violence grandissante dans notre
société, les états sont tentés de répondre
,comme aux Etats Unis par une répression
plus forte ( "tolérance zéro" et " faire que le
prisonnier sente le prisonnier"). Un
essai d'analyse et de réflexion salutaire sur cette
question pour l' Europe.
Faucheron Claude, Chauvenet Antoinette et
Combessie Philippe, sous la direction de,
Approches de la prisons, De Boeck, 1997.
Voir l'article de Morgan Rod, " Torture et traitements inhumains ou dégradants
en
Europe : quelques données, quelques
questions" pp 323-347.
Carbocci Marco, Nisse et Laurence
Vanpaeschen , Les barbelés de la honte, Luc Pire,
1998, 42 p, *.
Le collectif contre les expulsions a
écouté Sémira Adamu avant sa mort ; il
rapporte son
témoignage ainsi que celui de ceux qui ont tenté de s'échapper du centre fermé
de
Steenokkerzeel le
21 juillet 1998.
Gueno Jean-Pierre, postface de
l'Observatoire international des prisons, Paroles de
détenus, Librio- Radio France, 2000, 188 p,
*.
Textes
en grande majorité contemporains et, le plus souvent, écrits par des
détenus
anonymes.
F. Justice internationale et impunité
Cour pénale internationale : Etat des
signatures et ratifications du statut de la Cour
pénale internationale : au 27 janvier 2000
: 93 signatures et 6 ratifications ;
au 25
septembre 2000 : 113 signatures et 21 ratifications
( dont la Belgique ) .
La lettre , revue, Justice internationale,
Numéro spécial de la FIDH, Fédération
internationale des Ligues des droits de
l'Homme, février 2000, 25 p, .
Le point sur l'actualité de la question.
Bourdon William, avec la collaboration
d'Emmanuelle Robineau-Duverger, préface de
Robert Badinter, La Cour Pénale
internationale. Le statut de Rome, Seuil,
Points
essais, 2000, 352 p **.
Des juristes de la Fédération internationale des droits de l'homme présentent,
commentent article par article cet outil
indispensable de la justice universelle
en marche.
Lévy Bernard-Henri, sous la direction de,
Archives d'un procès Klaus barbie, Livre de
poche Biblio, 1988, 383 p, **.
Acteurs, témoins, victimes,
chroniqueurs parlent de ce procès d'un
bourreau nazi.
Caros Amigos especial , revue, Massacre
d'Eldorado dos Carajas. En discussion le plus
grand jugement de l'histoire du Brésil,
Casa Amarela, juin 2000, 30 p.
Contre l'impunité des coupables du massacre.
Numéro spécial traduit en français et
distribué par Entraide et fraternité,
Frères des hommes.
Biad, Abdelwahab, Droit international
humanitaire, Syllepse, 1999, 122 p.
Excellente initiation au droit humanitaire.
Exposé concis et clair des principales règles
des conflits armés et du droit humanitaire.
Faletti François et Debov Frédéric,
Criminalité internationale , PUF, 1998.
Bouchet-Saulnier Françoise, Dictionnaire
pratique du droit humanitaire, La Découverte,
1999, 420 p, *****
http://www.droit.fundp.ac.be/genocide/index.htm,
.
Une banque de données juridiques relatives aux crimes contre l'humanité pris
au sens
large crée au sein du Centre de Recherche
de Droits fondamentaux et Lien social qui
dépend de la faculté de Droit des FUNDP (
Facultés universitaires de Namur).
Présentation de l'ACAT
1.
Naissance de l'ACAT
L'ACAT, Action des Chrétiens pour
l'Abolition de la Torture, est née en France en
1974, à l'initiative de deux dames
protestantes, Hélène Engel et Edith du Tertre.
Bouleversées par des récits de torture au
Vietnam du Sud, elles décident de sensibiliser
les Eglises chrétiennes au scandale de la
torture en s'appuyant sur l'Evangile. Indignées
par le silence des chrétiens sur cette
question, elles constituent un groupe oecuménique
afin d'alerter les Eglises de toutes
confessions.
A
leur grand étonnement, leur projet est partout bien accueilli. "Enfin, des
chrétiens !"
s'exclame l'une des responsables de la
section française d'Amnesty International qui les
accueille. Amnesty International, à la mème
époque, lançait justement une campagne
mondiale de sensibilisation. Le projet
d'Hélène et d'Edith se concrétise d'autant plus vite
que plusieurs associations françaises et le
Conseil oecuménique des Eglises s'inquiètent
de la recrudescence de la torture dans
nombre de pays ; on parle alors d' " épidémie de
torture".
En
1977, une lettre adressée au pape Paul VI, signée par 36 000 personnes, lui
demande
d'user de son pouvoir auprès des
gouvernements pratiquant la torture, en particulier
auprès de bon nombre de dictateurs
d'Amérique latine qui, à cette époque, posaient
publiquement des gestes religieux.
Dès
le départ, les deux fondatrices ont la conviction qu'une telle action doit être
oecuménique. Cet oecuménisme, vécu à la
base et dans le concret, fait de l'ACAT un lieu
d'Eglise où les chrétiens peuvent agir
ensemble au nom de leur foi commune et
approfondir leurs convictions. Peu à peu
d'autres ACAT européennes puis
internationales verront le jour. En 1987,
pour permettre aux ACAT d'avoir un statut
consultatif auprès des instances
internationales ( ONU, Conseil de l'Europe,
Commission africaine), la Fédération
internationale de l'ACAT ( FiACAT) se constitue,
qui compte aujourd'hui une trentaine de
membres.
L'ACAT-Belgique naît en 1985 à partir d'un noyau d'une trentaine
de membres affiliés à
l'ACAT-France. En 1994, une section néerlandophone,
l'ACAT-Vlaanderen, en lien
étroit avec l'ACAT-Nederland, voit le jour.
L' ACAT-Belgique se scinde donc en deux
sections,
l'ACAT-Belgique francophone et l'ACAT-Vlaanderen qui disposent d’une
seule voix au sein de la FiACAT.
2. Le mandat de l'ACAT
Le
mandat de l'ACAT est basé principalement sur la défense de l'article V de la
Déclaration universelle des droits de l'Homme du 10 décembre 1948 "Nul
ne sera
soumis à la torture, ni à des peines ou
traitements cruels, inhumains ou dégradants".
L'
ACAT désigne par "torture" tout acte entraînant une souffrance aiguÎ
ou une atteinte
physique ou mentale délibérément portée à
une personne soit par des agents de la force
publique ou à leur investigation, soit par
des groupes agissant au nom d'un projet
politique ou idéologique, afin d'obtenir de
la personne un comportement qu'elle n'aurait
pas librement.
Par souci d'efficacité, l'ACAT a choisi de
centrer son action sur la forme spécifique de
violence qu'est la torture
institutionnalisée, ce qui exclut donc ce qu'on appelle
couramment la violence privée ( femmes
battues, violées, enfants maltraités,
avortement).
Depuis 1982, l'ACAT a décidé d'inclure dans
ses objectifs l'abolition des exécutions
capitales. En effet, dans bien des pays,
l'exécution, parfois sans procès ni condamnation,
n'est que le prolongement ou la forme la
plus aiguÎ de la torture. L'exécution capitale est
un traitement d' autant plus inhumain qu'il
ne laisse aucun recours. Il est d'autant plus
cruel qu'il est souvent précédé de la
torture psychologique de l'attente. Il est d'autant
plus inacceptable que dans certains pays il
devient de plus en plus un véritable système
de gouvernement. Que dire des Etats-Unis où
l'on exécute des mineurs au moment des
faits ou des malades mentaux et où la
discrimination raciale et sociale prend des
proportions aberrantes ?
3. Les moyens de l' ACAT
L'ACAT ne vit que de la cotisation de ses
membres et des dons de sympathisants. Par
souci
d'indépendance vis à vis des pouvoirs publics, nous ne sollicitons pas
de
subventions gouvernementales .
Chaque ACAT verse une cotisation à la
FiACAT qui peut obtenir de manière
ponctuelle des dons des églises ou d'autres
organisations à l'occasion de séminaires ou
autres.
4.
Les actions de l'ACAT
Le membre de l' ACAT s'engage
principalement à 3 démarches : agir - s'informer - prier.
Pour prendre l'exemple concret de l' CAT
-Belgique francophone, nous proposons à
cette fin notamment :
- une action concrète : 2 appels urgents
par mois.
Qu'est ce qu'un appel urgent ?
Quand, grâce à un réseau international
d'informateurs - principalement les réseaux
d'Amnesty International et l'OMCT (
Organisation mondiale contre la Torture) - nous
avons connaissance d'un cas avéré ou de
risque de torture, de mauvais traitements, d'une
date d'exécutions capitales ou de
disparitions, nous proposons à nos membres d'écrire
une lettre de protestation auprès des
autorités gouvernementales concernées en leur
rappelant leurs engagements et les
conventions internationales interdisant la torture
qu'ils ont ratifiés. Nous demandons qu'une
copie de leur lettre soit envoyée à l'
ambassade du pays en Belgique. Bien sûr,
les moyens modernes de communication
permettent une plus grande rapidité . le
fax et internet nous font gagner un temps très
précieux puisque nous savons que les plus
grands risques de torture et de mauvais
traitements interviennent dans les moments
qui suivent l'arrestation, souvent arbitraire.
D' où la nécessité impérieuse de pouvoir
réagir vite et en réseau avec d' autres
organisations.
-
le souci de s' informer sur les réalités de la torture et des mauvais
traitements .
Avec chaque appel urgent envoyé à nos
membres, nous donnons une description de la
situation géopolitique et économique du
pays, en insistant sur le respect ou le non-
respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Nous éditons chaque trimestre un bulletin,
l' ACAT -Info, où nous donnons à nos
membres, outre le compte-rendu des actions
menées, une information sur les activités de
la FiACAT, un ou des articles de réflexion
sur la peine de mort ou sur la torture et des
prières reprenant les situations de
personnes pour lesquelles nous sommes intervenues.
Ce
bulletin, assez "artisanal" est complété par la possibilité de s'
abonner directement
en France au mensuel de l'ACAT-France, le "Courrier de l'ACAT".
La FiACAT édite également un trimestriel et
nous disposons d'une bibliothèque où les
membres peuvent consulter un certain nombre
d' ouvrages.
- prier :
La
principale caractéristique de l' ACAT est de considérer la prière comme une
forme d' action au service de l'
abolition de la torture et de la peine de mort.
Cela mérite quelques explications :
En
effet, dans la lutte conte la torture, la prière peut apparaître comme inutile
, portant
la prière est l'indispensable soubassement
et le prolongement de l'action. Elle n'est ni
alibi ni passivité, mais, tel un appel, la
reconnaissance de la pauvreté et de l' impuissance
humaine. La prière des membres de l' ACAT
soutien à distance les torturés en les
englobant dans l' immense prière de
l'univers. Cette prière se veut de trois sortes .
*
prière pour toutes les victimes de la torture et de la peine de la mort :
torturés et leurs
familles, condamnés en attente d'une date
d' exécution, leurs familles sans oublier les
victimes de leurs actes et leurs proches.
*
prière également pour les tortionnaires qui se retrouvent eux aussi prisonniers
d'un
système
aberrant qui les déshumanise.
*
prière de louange pour les libérations annoncées et pour tous les actes de
courage et
de solidarité à travers le monde.
Cette prière peut être personnelle et elle peut aussi être vécue
en groupes, de préférence
oecuménique.
- Autres actions .
Trois groupes réseaux proposent également
des actions plus spécifiques .
-
le réseau "SOS-Peine de mort" . il s' adresse plus spécialement aux
personnes qui
possèdent un fax et s'engagent à répercuter
très vite une lettre demandant la clémence
d'un condamné à mort.
-
le réseau de correspondants avec des condamnés à mort poursuit, avec le soutien
moral, financier et logistique (
traductions, etc....) d'un groupe, une correspondance
suivie avec un ou plusieurs condamnés à
mort, notamment aux USA.
- le
réseau " Alliance" est composé de personnes qui, sans être membres de
l' ACAT,
reçoivent tous les mois, un " Appel du
mois", avec une situation moins urgente que les
actions demandées dans les appels urgents.
Cet appel du mois se prête bien à une
diffusion plus large ( écoles, groupes
divers,....)
Enfin, des animations dans les écoles peuvent être organisées par
l'ACAT et une
mallette-exposition présente les réalités
de la torture et de la peine et les suggestions de
l' ACAT pour contribuer leur abolition.
5. Nos rapports avec les églises et les
ONG.
-
Très attachée au "C" de chrétiens, l' ACAT souhaite néanmoins garder
une totale
indépendance vis à vis des institutions des
différentes églises chrétiennes afin de
pouvoir les interpeller.
-
Nos rapports avec les autres organisations non-gouvernementales .
Il est bien évident que notre petite
organisation ne saurait ni ne désire "rivaliser" avec de
grosses organisations comme Amnesty
International, la Ligue des droits de l'homme,
l'OMCT, Human
Rights Watch et bien d' autres. D' ailleurs, la FiACAT
est membre de
la CINAT ( Coalition des ONG
internationales contre la torture, qui regroupe, entre
autres, Amnesty International et l' OMCT).
Il
nous semble important que chaque organisation garde sa spécificité
propre, non-
confessionnel comme Amnesty International,
beaucoup plus généraliste comme la Ligue des droits de l'homme, par exemple.
Quand des lettres de protestations parviennent de différents horizons, pays,
cultures, etc...,cela ne peut que renforcer leur poids et la pression de l'
opinion publique.
Françoise
Joris
ACAT & Belgique francophone, 53 Quai au foin. 1000 Bruxelles
Tél et Fax : 02.223.01.59.
e-mail : fjoris_acat@hotmail.com
FIACAT, Fédération internationale de
l’Action des chrétiens pour l’abolition
de la
torture,
27, rue de Maubeuge.75009 Paris . Tél 33 (0) 1 42 80 01.60.
Fax 33(0)1 42 80
20 89
e-mail : Fi.acat@wanadoo.fr
SITE INTERNET : http://www.acat.asso.fr
L'Association Primo Levi :
Centre pluridisciplinaire de soins aux
victimes de la torture et de la violence politique.
En 1998, plus de 250 victimes ont été
accueillies, femmes, enfants et hommes de
quelques 30 pays. La Turquie, l'Algérie,
les pays d'Afrique centrale sont les plus
représentés. Cette association a été crée
par 5 ONG françaises (Amnesty International-
France, Médecins du Monde, Action des
Chrétiens pour l'Abolition de la Torture,
Juristes Sans Frontières et TREVE).
Elle entend venir en aide à toutes
personnes victimes de tortures ou de répression
politique dans leur pays d'origine et
réfugiés en France.
L'équipe permanente est aujourd'hui
composée de 13 personnes dont des médecins
généralistes, des psychothérapeutes, des
psychiatres, une psychosociologue-intèrprète
du turc, responsable du centre, une
kinésithérapeute, une dentiste, une assistante
sociale, des juristes, deux responsables de
l'accueil et un service d'interprétariat
professionnel pour environ un tiers des
patients suivis . Un administrateur et une
pharmacienne bénévoles offrent également
leurs services.
Les activités du centre consistent en
une prise en charge médicale visant à
soigner les séquelles physiques des mauvais
traitements mais également une mise en
confiance progressive des patients
une prise en charge psychologique traitant
les traumatismes issus de la torture et de l'exil des soins
kinésithérapeutiques et dentaires complémentaires un suivi social visant
l'intégration dans la société d'accueil et l'accès aux droits sociales.
un suivi juridique qui accompagne les
demandeurs d'asile dans leurs démarches
La prise en charge des patients nécessite
en outre la présence d'interprètes qui jouent
souvent le rûle de médiateurs culturels. Un
service de documentation permet au
personnel de s'informer sur l'actualité des
pays d'origine des patients.
Plusieurs missions de transfert de
compétences avec le centre de réhabilitation des
vétérans de la guerre d'Afghanistan à Perm,
en Russie ont eu lieu les dernières premières années de l'association.
Depuis une session de formation et en
partenariat avec Médecins Du Monde,
l'association propose des sessions de
formation à Paris pour des soignants algériens
prenant en charge les victimes des
violences politiques en Algérie
Différents contacts ont également été pris
dans différents pays tels que l'Inde ou
l'Algérie, en vue de partenariats à venir.
L'association Primo Levi a procédé a
différentes opérations de sensibilisation, de
formation auprès de professionnels
susceptibles d'entrer en contact avec des réfugiés
dont les séquelles post-traumatiques
méritent une attention particulière.
le centre Primo Levi publie une lettre
d'information trimestrielle, " Mémoires ", dont
l'objectif est de rendre compte aux
donateurs et d'informer sur les activités de
l'association mais également de la faire
connaître.
adresse:
Centre Primo Levi
107 avenue Parmentier
75011 Paris
tel: 01.43.14.88.50
Fax : 01.43.14.08.28
e-mail: primolevi@wanadoo.fr
"Lorsqu'on l'a subie si longtemps et
si intensément qu'elle a pénétré votre corps et votre
être, en parler, c'est comme s'extirper une
vomissure enfouie au fond de son corps. Tant
qu'elle est encore vivace, et cela dure des
années, il est impossible à soi-même de la voir
en face. On doit au contraire tout faire
pour oublier ces heures immondes, pour
retrouver figure humaine après des mois et
des mois d'avilissement physique, pour que
le coeur ne tremble plus à chaque son qui
rappelle cette voix de basse qui me chuchotait
à l'oreille, au plus profond de ma torpeur
: Nuhud (lève-toi), et je savais que c'était pour
la torture." (A. Serfaty, "Face
aux tortionnaires", Les Temps Modernes, 1986)
Extrait de "The Torture Reporting
Handbook"
Comment documenter et répondre aux allégations
de torture dans le cadre du système
international de protection des droits
humains. Auteur : Camille Giffard. Centre des
Droits Humains, Université d'Essex, UK.
Le document complet est disponible à
l'adresse :
http://www.essex.ac.uk/torturehandbook
Ch. 3.3. Qu'est-ce que la torture ?
3.3.1 Introduction
Il n'est pas aisé de déterminer si un
ensemble de faits représentent des actes de torture.
Il existe certains types de comportements
que la plupart des personnes vont considérer
comme inacceptables. D'autres , par contre,
sont moins précis ou peuvent dépendre de
facteurs culturels. Il est capital de
garder en mémoire que si vous voulez soumettre des
allégations de torture à un organisme
international, vous devrez prouver que ces faits
constituent des actes de torture ou de
mauvais traitements dans un sens juridique et pas
uniquement suivant votre opinion
personnelle. Cette section examinera ce que ceci peut
signifier et quelles sont les implications
pour quiconque veut soumettre de telles
allégations.
3.3.2 Que dit la législation internationale
au sujet de la définition de la torture ?
La définition de base est celle reprise
dans la "Convention des Nations-Unies contre la
Torture et autres Peines ou Traitements
Cruels, Inhumains ou Dégradants" de 1984.
L'article premier donne à la torture la
signification suivante :
"Tout acte par lequel une douleur ou
des souffrances aiguÎs, physiques ou mentales,
sont intentionnellement infligées à une
personne aux fins notamment d'obtenir d'elle ou
d'une tierce personne des renseignements ou
des aveux, de la punir d'un acte qu'elle ou
une tierce personne a commis ou est
soupçonnée d'avoir commis, de l'intimider ou de
faire pression sur elle ou d'intimider ou
de faire pression sur une tierce personne, ou
pour tout autre motif fondé sur une forme
de discrimination quelle qu'elle soit,
lorsqu'une telle douleur ou de telles
souffrances sont infligées par un agent de la fonction
publique ou toute autre personne agissant à
titre officiel ou à son instigation ou avec son
consentement exprès ou tacite. Ce
terme ne s'étend pas à la douleur ou aux
souffrances résultant uniquement de sanctions
légitimes, inhérentes à ces sanctions ou
occasionnées par elles."
De cette définition, il est possible de
d'extraire trois éléments essentiels qui constituent
un acte de torture :
- infliger une douleur ou des souffrances
aiguÎs, physiques ou mentales
- par ou avec le consentement ou
l'approbation d'agents de l'état
- dans un but spécifique, tel que obtenir
des informations, punir, intimider ou faire
pression
La torture est un mot chargé d'émotions et
qui ne doit pas être utilisé à la légère. Comme
vous pouvez le constater, la torture est
caractérisée et distinguée d'autres formes de
mauvais traitements par le degré de
souffrance. Il est dès lors important de réserver le
terme de torture pour les formes
objectivement les plus aiguÎs de mauvais traitements.
Les traitements cruels, inhumains et
dégradants ou les punitions sont également des
termes légaux qui se réfèrent à des mauvais
traitements causant des souffrances à des
degrés variables, moins aigus que dans le
cas de la torture. Les formes de traitements
autres que la torture ne doivent pas être
infligées dans un but spécifique, mais il doit
exister une intention pour exposer des
individus aux conditions qui représentent ou
résultent en mauvais traitements. Les
éléments essentiels qui représentent des cas de
mauvais traitements qui ne sont pas
considérés comme cas de torture sont :
- exposer intentionnellement à une douleur
ou souffrance physique ou mentale
'significative'
- par ou avec le consentement ou
l'approbation d'autorités de l'État
Pour que les instances internationales
puissent faire la distinction entre les différentes
formes de mauvais traitements et juger du
degré de souffrance, elles doivent, pour
chaque cas rapporté, tenir compte des
circonstances particulières du cas et des
caractéristiques de la victime. Ceci rend
malaisée l'identification des frontières entre
différentes formes de mauvais traitements
parce que circonstances et caractéristiques
varieront au cas par cas. D'autre part ceci
rend la législation plus flexible parce qu'elle
peut être adaptée aux circonstances. il est
important de se rappeler que toute forme de
mauvais traitements est interdite par la
législation internationale. Ceci signifie que même
si un traitement n'est pas considéré comme
suffisamment aigu (en termes légaux) pour
représenter la torture, l'État peut très
bien être considéré comme ayant violé
l'interdiction des mauvais traitements.
3.3.3 Qu'est-ce que ceci signifie en termes
pratiques ?
La législation internationale nous fournit
deux éléments pour juger si les faits
représentent ou non des cas de torture :
- les éléments essentiels contenus dans la
définition de la torture doivent être contenus
dans les faits - la torture est distinguée
des autres formes de mauvais traitements par le
degré de souffrance et par un élément
d'intentionnalité.
3.3.3.1 Éléments essentiels
L'extrait de la Convention des
Nations-Unies contre la torture cité plus haut montre bien
le caractère abstrait de la notion de
torture. Elle ne se réfère pas à des types spécifiques
de mauvais traitements ni ne fournit une
liste de techniques prohibées. Par contre, elle
donne un ensemble d'éléments essentiels
requis pour que le fait puisse être considéré
comme une cause
possible de torture au sens légal.
Ces éléments sont les suivants :
- Quels faits sont incriminés ?
peine ou souffrance aiguÎs, mentales ou
physiques, délibérément infligées (torture) ou
exposition intentionnelle à une peine ou
souffrance significative, mentale ou physique
(mauvais traitement autre que la torture).
- Par qui ont-ils été perpétrés ?
les autorités d'État ont elles-mêmes
infligées cette souffrance, ou savaient ou auraient du
savoir mais n'ont pas essayé de l'éviter
(torture et mauvais traitements).
- Dans quels buts ont-ils été perpétrés ?
dans un but spécifique, tel que : obtenir
une information, punir ou intimider
(uniquement la torture).
Les instances de contrûle internationales
ont pour responsabilité de développer des
interprétations cohérentes sur les
définitions de la torture et des autres formes de
mauvais traitements et elles doivent
s'assurer qu'elles appliquent les mêmes standards
dans chaque cas. Ceci veut dire que vous,
en tant qu'individu ou organisation non-
gouvernementale, n'avez pas à décider si un
mauvais traitement infligé à un individu
ressortit de la torture ou non. En
documentant les faits qui décrivent les éléments
essentiels, vous fournissez aux instances
internationales les preuves qui leur permettra
de décider.
3.3.3.2 Degré de souffrance
La torture se distingue des autres formes
de mauvais traitements par le degré de
souffrance infligée. C'est probablement
l'aspect le plus délicat à évaluer. Les deux autres
éléments essentiels sont dans la plupart
des cas objectivement identifiables - il est
généralement possible de déterminer si les
faits ont été perpétrés par des agents d'État
ou s'ils l'ont été dans un but bien précis.
La nature et le degré de souffrance subis
par un individu sont des éléments bien plus
délicats à évaluer. Ils peuvent dépendre de
plus d'une caractéristique personnelle de la
victime - par exemple le sexe, l'âge, la
religion ou la culture, la santé. Dans d'autres cas,
certaines formes de
mauvais traitements ou de conditions de
détention qui en soi ne constitueraient pas des
faits de torture, le deviennent si combinés
avec d'autres.
Certains types de traitements apparaissent
clairement et objectivement comme des faits
de torture - par exemple des chocs
électriques sur les parties génitales ou le fait
d'arracher les ongles. La torture n'est
cependant pas limitée à des cas aussi familiers - elle
recouvre de nombreuses formes de
souffrance, tant physique que psychologique. Il est
particulièrement
important de ne pas perdre de vue les
formes psychologiques de mauvais traitements -
elles ont souvent des conséquences à plus
long terme sur les victimes, qui peuvent se
rétablir des sévices physiques mais
continuent de souffrir de blessures psychologiques
profondes. Les formes de mauvais
traitements qui ont été identifiées comme étant de la
torture, isolées ou en
combinaison avec d'autres formes de mauvais
traitements sont :
- Falaka/falanga : coups sur la plante des
pieds
- pendaison palestinienne : suspension par
les bras liés dans le dos
- formes aiguÎs de passages à tabac
- chocs électriques
- viol
- simulacres d'exécutions
- être enterré vivant
- simulacres d'amputations
Il existe par contre de nombreuses
"zones grises" pour lesquelles il n'existe pas de
consensus, bien qu'elles préoccupent la
communauté internationale. En voici des
exemples :
- punitions corporelles imposées comme
peines judiciaires
- certaines formes de peine capitales et le
phénomène des couloirs de la mort
- isolement en cellule
- certains aspects de mauvaises conditions
d'emprisonnement, surtout si combiné à
d'autres mauvais traitements
- disparitions, incluant leurs effets sur
les familles et proches des disparus
- traitement infligé à des enfants, et qui
ne serait pas considéré comme torture si infligé à des adultes
Le fait culturel est important quant à la
détermination du degré de souffrance. Les
individus de cultures différentes peuvent
percevoir différemment les faits. Ceci peut être
significatif dans deux sens. D'une part,
ceci peut signifier qu'un comportement considéré comme fait de torture par une
culture ou un individu peut ne pas l'être par les instances internationales.
D'autre part, des faits considérés comme faits de torture par la
communauté internationale peuvent ne pas
être considérés comme faits de torture par la
personne victime de ces faits. Par exemple,
dans un pays, les coups, mêmes "sévères"
pourraient être considérés comme
"pratiques courantes" alors que le fait d'arracher les
vêtements d'une femme - sans plus -
pourrait être considéré comme cas de torture. Il
existe des cas où des traitements sont cas
de torture au niveau international, mais
inscrits dans la loi au niveau national.
Dans ce type de cas, n'hésitez pas à rapporter les
faits, les instances internationales seront
guidées par la juridiction internationale. Rappelez-vous que même si un mauvais
traitement particulier n'est pas considéré comme cas de torture, il peut très
bien être considéré comme autre mauvais traitement prohibé.
´ La violence commise envers le membre le
plus infime de l’espèce humaine affecte
l’humanité tout entière ; chacun doit
s’intéresser à l’innocent opprimé, sous peine d’être
victime à son tour, quand viendra un plus
fort que lui pour l’asservir. la liberté d’un
homme est une parcelle de la liberté
universelle, vous ne pouvez toucher à l’une sans
compromettre l’autre tout à la fois ª
Schoelcher Victor
Le camp est : ´ Tout un arsenal de sévices et de tortures dirigé non contre des
coupables, mais contre une couleur de peau, une pensée, une intelligence,
culpabilité
indéfinissable et qui ne peu être jugulée
que par l’absurde et le crime ª Olga Wormser-
Migot
Nouveautés Nouveautés
Nouveautés
02.01
Philosophie
Said Edward W., Culture et impérialisme,
Fayard- Le Monde diplomatique, 2000, 576
p, ****.
Le grand intellectuel américano-palestinien
démontre comment l'oeuvre majeure de
grands écrivains occidentaux du
19∞ et 20∞ siècle
véhicule la mentalité coloniale de
leur temps.
Collectif, La philosophie devant la shoah, Minuit, 2000, **.
02.04
Histoire
Collectif, Le siècle des communismes,
Atelier, 2000, 544 p, ****.
Un collectif d'historiens veut corriger les outrances du " Livre noir du communisme" .
Une
étude sérieuse , nuancée et ouverte du communisme sous toutes ses
formes.
XXX, Le dictionnaire historique et
géopolitique du 20 siècle, La
Découverte, 2000, 704
p, *****.
Les grands bouleversements. Tous les pays
du monde. les conflits, les guerres et grandes
crises. Les personnage du siècle. Les
concepts et les doctrines.
02.05
Economie
Attac, Tout sur Attac, Mille et une nuits,
2000, 127 p, *.Vademecum 2000 de cette
Association pour la taxation des
transactions financières pour l'aide aux citoyens,
préparé par un fondateur Bernard Cassen, deux ans après sa fondation.
Rifkin Jeremy, L'âge de l'accès. La
révolution de la nouvelle économie, La Découverte,
2000.Une critique de la place grandissante
d'internet qui transforme nos vies et
mise en
garde
du pouvoir des géants de la communication contrûlant "la
nouvelle économie".
Amartya Sen, Un nouveau modèle économique.
Développement, justice, liberté, Odile
Jacob, 2000.
Zacherie Arnaud et Toussaint Eric, Le
bateau ivre de la mondialisation, CADTM,
Comité pour l'annulation de la Dette du
Tiers Monde, 2000.
Warêgne Jean-Marie, L'organisation mondiale
du commerce. Régles de fonctionnement
et enjeux économiques, Crisp, 2000, ****.
Un guide objectif dans le dédale de l'organisation mondiale du commerce : les origines,
le fonctionnement, et les thèmes essentiels pour l'avenir
La Lettre, revue, Réformer les institutions
financières internationales, FIDH, septembre
2000, 15 p.
Le point sur les politiques de la Banque
Mondiale et du FMI et leurs conséquences sur
les droits fondamentaux.
03.02
Peine de mort
Badinter Robert, L'Abolition, Fayard, 2000,
326 p, ****.
Récit de la longue lutte contre la peine de
mort commençant le 24 novembre 1972 , le
jour de l'exécution de Buffet Claude et Roger Bontems jusqu' au vote de l'abolition le
30 septembre 1981. Document essentiel pour
servir la cause de l'abolition universelle.
Papadopo , La peine de mort : droit, histoire,
anthologie, philosophie, Pantheon-Assas
Droit, 2000, ***.
03.06
Liberté d'opinion, liberté d'expression
Bertholus, Jean -Jérûme, Les
médias-maîtres. Qui contrûle l'information ?, Seuil, 2000,
***.
Wolton Dominique avec Olivier Jay,
Internet. Petit manuel de survie, Flammarion,
2000, 192 p, ***.
"Le procès sans complaisance des
thuriféraires du réseau planétaire " Le Monde
Bailly Serge et Beaufort Didier, Média
Résistance.Un écho pour les voix discordantes,
Karthala, 2000, 326 p, ****.
Media Résistance est une initiative du Cota , Collectif d'échanges pour la technologie,
une ONG
d'éducation au développement ( Cota, 7 rue de la Révolution. B-1000
Bruxelles
02. 218.18.96.). " Le projet Média Résistance - commencé au début
1999- est
né de la volonté de valoriser l'expression
des hommes et des femmes qui, par l'écrit, le
son ou l'image, refusent de courber
l'échine et de retransmettre une information formatée.
Au débat théorique sur la question des flux
d'information Nord-Sud, nous avons préféré
tirer de l'ombre des expériences de médias
qui manquent moins de courage que d'une
reconnaissance extérieure. Nous avons voulu
parler de ces journalistes des Balkans, du
Moyen-Orient, d'Amérique latine et
d'Afrique qui ont choisi de casser le ronron des
dépêches d'agence et des interviews
téléguidés." 23 textes écrits par des journalistes, des
sociologues, des responsables d'association
racontent l'histoire d'un journal,
d'une radio,
d'une télévision... Voir aussi le site tenu
à jour www.mediasresistance.org
Brauman Rony et Backmann René, Les médias
et l'humanitaire. La communication, une
arme contre la misère, CFPJ, 2000, ***.
Droit Roger-Pol, Les religions expliquées à
ma fille, Seuil, 2000, 62 p, *.Une leçon de
tolérance.
03.08
Apartheid, antisémitisme, xénophobie, racisme
Les cahiers du petit Ligueur, Combattre l'extrême droite en
Europe, Ligue des familles
et De Boeck, 2000, 36 p, **.
Synthèse didactique et
clés pour affronter cette question de la présence de l'extrême
droite chez nous.
Zimmerman Daniel, Nouvelles du racisme
ordinaire, Livre de poche, 2000, 152 p, *.
Une cinquantaine de textes brefs mais
cinglants sur la racisme au quotidien,
dans la rue,
à l'école au bistrot.
03.10
Droit d'asile
Bruycker Philippe, Les régularisations :
étrangers illégaux dans l'Union européenne,
Bruylant, 2000, *****.
03.11 Paix, violence, guerre
Hazan P., La justice face à la guerre,
Stock, 2000, ***.
03.13
Pauvretés, exclusions
Moreau Pierre, préface d'Albert Jacquard,
Mieux comprendre l'exclusion sociale. Roman
pédagogique, L'Harmattan, 2000, 140 p, ***.
Pierre Moreau formateur pour enseignants et
travailleurs sociaux , au travers d'une
"histoire de vie" mettant en
scène une jeune femme veut faire mieux comprendre les
personnes vivant dans la pauvreté et il
indique des pistes pour lutter contre
l'exclusion
sociale ( la famille, l'école).
Stoleru Lionel, Vaincre la pauvreté dans
les pays riches, Flammarion, 2000, **.
Cohen Daniel, La richesse du monde, les
pauvretés des nations, Flammarion, 2000, *.
04.01
Droits des peuples et minorités ethniques
Yacoub Joseph, Au-delà des minorités. Une
alternative à la prolifération des états,
L'Atelier, 2000, 240 p, ***.
Spécialiste des minorités ethniques,
l'auteur propose de mieux les intégrer
pour enrichir
la notion de droits humains. Tchétchénie,
Timor oriental, Kurdistan, Kosovo...
04.02
Droits des femmes
Coquart Elisabeth et Philippe Huet, textes
de, préface de Jean-Marie Rouart, Le
livre
noir de la prostitution. Trafics. Réseaux.
Internet. Tourisme sexuel. Enfants. drogues .
Violence. Etat proxénète. Maisons closes.
Esclavage ..., Albin Michel, 2000, 300 p, ***.
Livre de constat mais aussi de combat.
Comment abolir cette forme d'esclavage.
La
fondation Scelles regroupant de nombreuses
associations luttant contre
l'exploitation
sexuelle ouvre le débat et la recherche.
La lettre, revue, Trafic et prostitution,
FIDH, Fédération internationale des Ligues des
droits de l'Homme. Cahier de juin 2000, 15
p.
04.03
Droits des enfants
Travail des enfants : la bonne affaire,
DGCI , Direction générale de la Coopération
internationale, 2000.
Agossou Thérése, Regards d'Afrique sur la
maltraitance, Karthala, 2000, 277 p.
Publication des actes de la rencontre de
Cotonou, un séminaire qui a rassemblé des
professionnels africains et européens
autour de la maltraitance des enfants en Afrique.
04.04
Droits des homosexuels, des transsexuels
Van Dijk Lutz et Del Castillo Michel, La
déportation des homosexuels. Onze
témoignages, Allemagne 1933-1945, H&O,
2000, ***.
Granet F., Le transsexualisme en Europe
2000, Conseil de l'Europe, 2000, **.
05.01
Ouvrages généraux (pour connaissance de notre monde)
Cordellier Serge et Didiot Béatrice, sous
la direction de, L'Etat du monde. Annuaire
économique et géopolitique mondial . 2001,
La Découverte, 2000, 689 p, *****.
L' état
des relations internationales. L'état de l'économie mondiale. Le bilan
de l'année
pour 225 pays du monde. 2000 entrées
d'indexage ; 270 articles inédits, 150 pages de
statistique, 100 spécialistes , 90
bibliographies, 60 pages de cartes, 11 chronologies, la
liste des organisations internationales,
des sites internet.
Manière de voir, revue, Penser le XXI siècle, Le
Monde diplomatique, juillet-août
2000, 127 p, **.Les défis du futur
Kofi A. Annan, Nous les peuples. Le rûle
des Nations Unies au XXI siècle,
Nations
Unies, 2000, 80 p.
Un programme de réflexion sur le destin commun de notre monde, pour l'ONU, les
gouvernements et les citoyens.
Le progrès des nations 2000, Unicef, 2000,
38 p, *.
05.02 Afrique
Lanotte Olivier, Roosens Claude et Clément
Caty, préface de Louis Michel. postface de
Mark Eyskens, La Belgique et l'Afrique
centrale de 1960 à nos jours. Le contexte
international - La Belgique face au
Congo/ZaÔre, au Rwanda et au Burundi - Quelles
perspectives d'avenir ?, Complexe/Grip,
2000, 380 p, ****.
Le Grip , Groupe de recherche et
d'information sur la paix propose un ouvrage de
synthèse rassemblant textes d'historiens et
des entretiens avec les acteurs de l'histoire
belgo-congolaise.
Antipodes, revue, Raconte-moi l'Afrique,
Iteco, septembre 2000, 48 p, *.
Un aperçu de la littérature africaine,
quelques morceaux choisis.
Manière de voir, revue, Afriques en
renaissance, Le Monde diplomatique, mai-juin
2000, 97 p, **.
Signes des temps , revue, Afrique rejetée
et convoitée, Pax Christi, juin-juillet-août
2000, 28 p, *.
De Witte Ludo, L'assassinat de Lumumba,
Karthala, 2000, 415 p, ***. Traduction d'un
ouvrage publié en néerlandais en 1999, par
le chercheur Ludo De Witte qui a étudié
les
archives des Nations Unies et du ministère
des Affaires étrangères belges . Ce livre
révèle qui a assassiné Patrice Lumumba ,
les raisons de ce meurtre et comment il a été
perpétré ; il met en cause les autorités
belges, les dirigeants américains et des Nations
Unies complices des autorités congolaises .
Dans sa dernière lettre écrite dans sa cellule
et adressée aux siens , Patrice Lumumba écrit : "... car sans
justice, il n'y a pas de dignité
et sans indépendance il n'y a pas d'hommes
libres... L'histoire dira un jour son mot, mais
ce ne sera pas l'histoire qu'on enseignera
aux Nations Unies, Washington, Paris ou
Bruxelles, mais celle qu'on, enseignera
dans les pays affranchis du colonialisme et ses
fantoches . L'Afrique écrira sa propre
histoire et elle sera au Nord et au Sud
du Sahara
une histoire de gloire et de
dignité..."
Nkundabagenzi Félix, L'Union européenne et
la prévention des conflits africains, Les
rapports du Grip, 2000, 28 p, *.
Bouamama SaÔd, Algérie - Les racines de
l'intégrisme, Epo, 2000, 350 p
Sadi Said,
Algérie. L'heure de vérité, Flammarion, 2000, ***.
05.03
Amérique
Manière de voir, Revue, L'Amérique dans les
têtes, Le Monde diplomatique, septembre-
octobre 2000, 127 p, **.
La lettre, revue, La paix en Colombie,
FIDH, juillet 2000, 15 p.
Le modèle chilien : à suivre ? Bilan
socio-politique d'une décennie, Commission
Justice
et Paix, 2000, 125 p, *.
05.04
Asie
Collectif, Où va la Chine ?, Félin, 2000,
190 p, ***.
Issu d'un colloque réunissant connaisseurs
du monde chinois et dissidents exilés, ce livre
est composée de trois parties : Politique
et dissidence. Economie et société. Littérature
et création.
Bergère M-C. , La Chine de 1940 à nos jours, Armand Colin, 2000.
Hérodote , revue, Géopolitique en Chine, La
Découverte, 1∞ trimestre 2000.
Brocheux P., sous la direction de, Du
conflit de l'Indochine aux conflits indochinois,
Complexe, 2000.
Bertrand R., Indonésie : la Reformasi au
village, Presses de sciences Po, 2000.
Buhrer Jean-Claude et Levenson Claude ,
Aung San Suu Kyi, demain la Birmanie,
Philippe Picqier, 2000, 250 p, ****.
Reportage bien documenté de deux
journalistes qui ont séjourné maintes
fois en
Birmanie et qui ont pu rencontrer Aung San
Suu Kyi prix Nobel de la paix qui lutte
pour faire tomber la pire des dictatures
militaires actuelles.
Clements Alain, Birmanie TOTALitaire,
Dagorno, 2000, 128 p, *.
Decort Rudi et Henon Philippe, Les enfants
du Laos : un atout pour l'avenir, Unicef,
2000, 52 p, *.
Un dossier sur le Laos, la situation des
enfants et l'action de l'Unicef dans ce
pays.
Arpi C., Tibet, le pays sacrifié, Calmann
Lévy, 2000, ****.
05.05
Europe
Foucher M., La république européenne,
Belin, 2000.
La lettre, revue, Union Européenne : des
avancées à confirmer, FIDH, août 2000, 15 p, .
Un tableau sur l'Union Européenne et sa
politique en matière des droits humains.
Ilioupoul-Strangas Julia , La protection
des droits fondamentaux dans les états membres
de l'Union européenne, Bruylant, 2000.
Berelowitch A. et Radvanyi J. , Les 100 portes de la Russie, L'Atelier, 1999.
Berton-Hogge R. et Crosnier M-A. , sous la
direction de, Les pays de la CEI, Les études
de la Documentation française, 2000.
Carrère d'Encausse Héléne, La Russie
inachevée, Fayard, 2000, 344 p, ****.
Cette magistrale synthèse de l'histoire
russe depuis les origines en montre les constantes
et la tragédie du peuple russe.
Sokoloff Georges, présenté par, 1933,
l'année noire. Témoignages sur la famine en
Ukraine, Albin
Michel, 2000, 490 p, ****.
Deux journalistes ukrainiens, vers la fin
des années 1980 et grâce à la glasnost
de
Gorbatchev, ont pu réaliser une grande
enquête sur cette famine qui a touché 4
millions
de gens et qui fut programmée par Staline
pour punir les Koulaks jugés contre-
révolutionnaires à cause d'une récolte
catastrophique.
Astigarraga I., Tchétchénie : un peuple
sacrifié, L'Harmattan, 2000.
Nivat A., Chienne de guerre, Fayard, 2000.
Reportage en Tchétchénie
Sellier A. et J. , Atlas des peuples de
l'Europe centrale, La Découverte, 2000.
Derens J.A., Balkans : la crise, Gallimard
Folio, 2000, 375 p, **.Bonne synthèse d'un
travail d'historien et de journaliste.
Lhomel E., sous la direction de, Europe
centrale et orientale : dix ans de transformation,
Les études de la Documentation française,
2000.
Signes des temps, revue, Roumanie. Unité,
diversité, interpellations, Pax Christi,
septembre-octobre-novembre 2000, 28 p, *.
Samary Catherine et Derens Jean-Arnaud, Les
conflits yougoslaves de A à Z, L' Atelier,
2000, 432 p, ****.
Vilmar Fritz et Guittard Gislain, La face
cachée de l'unification allemande, L'Atelier,
2000, 240 p, ***.
05.06
Proche-Orient et le Moyen-Orient
Demain le Monde, revue, Dossier :
Territoires palestiniens, une économie captive, un
peuple cloîtré, Cncd, octobre 2000, 40 p,
*.
Billion D. et Gresch A. , Actualités de l' Etat palestinien,
Complexe, 2000.
Ter Minassian Anahide, La question arménienne, Parenthéses, 2000, ***.
Bséréni Alice, Chroniques de Bagdad
1997-1999, L'Harmattan, 2000, 241 p, ***.A
l'écoute des artistes et des intellectuels,
l'auteur nous livre un témoignage poignant de "
cette guerre qui n'avoue pas son nom".
Dorronsoro Gilles, La révolution afgane.
.Des communistes aux tâlebân, Karthala, 2000,
350 p, ****.
07.00
Education et formation aux droits humains
Amnesty International, Amnesty
International raconté aux enfants, Amnesty
International, 2000,20 p, *.
Une nouvelle présentation d'Amnesty
réalisée par Gaëlle Daoudal pour les enfants.
Merveille Christian , Hariga Véronique ,
L'homme qui écoutait chanter l'oiseau,
Amnesty International et Memor, 2000, 37
p,**.
Un conte de Christian Merveille illustré par Véronique Hariga pour faire
comprendre
aux enfants du primaire le phénomène des violations des droits
humains et surtout le
fléau de la torture. Ce conte est
accompagné d'un dossier pédagogique gratuit.
Acat, L'ombre et la peine. Exécutions
capitales : état des lieux, Acat 2000, 74 p, *.
Dossier spécial pour les jeunes. Synthèse
de la question.
08.02 Biographies
Martin Luther
King. Autobiographie, Bayard, 2000, *****.
Textes réunis et choisis pour une
autobiographie.
Stevanovic Vidosav, Milosevic, une
épitaphe, Fayard, 2000, ****.
08.03
Témoignages
Mermet Daniel, Là-bas si j'y suis . Carnets
de routes, Presses Pocket - France Inter,
2000, 443 p, **.
Des morceaux choisis de 10 ans de reportage
sur France Inter , avec comme devise
" Se
mêler de ce qui ne nous regarde pas alors
que personne ne demande rien" . Des textes
pour
réfléchir sur ce qui se passe dans notre monde ou au coin de notre rue.
Greene Joshua et Shiva Kumar, présenté par,
Témoigner . Paroles de la shoah,
Flammarion, 2000, 295 p, ****.
Des chercheurs de l'université de Yale
présentent de nombreux textes issus des
interviews de milliers de personnes dans le
monde pour présenter et expliquer la
Shoah.
09.01
Romans, récits, textes
Kourouma Ahmadou, Allah n'est pas obligé,
Seuil, 2000,**** .
Un roman hallucinant dont les enfants-soldats
du Libéria sont les acteurs.
Faribah Hachtroudi, Iran, les rives du
sang, Seuil, 2000. Prix littéraire des droits de
l'homme 2000.
Osorio Elsa, Luz ou le temps sauvage,
Métaillé, 2000, 352 p, ****.
Luz mène une enquête semblable à celle des
Grands Mères de la place de mai en
Argentine. Roman émouvant
Boubacar Boris Diop , Murambi, le livre des
ossements, Stock, 2000, 229 p, ***.
Ce romancier sénégalais a parcouru le
Rwanda durant des mois pour comprendre le
génocide.
Collectif, Inventons la paix. Huit
écrivains racontent..., Librio, 2000, 94 p, *.
Pour l'année internationale des Nations Unies pour la culture et la paix .