8 mars 2007 : Amnesty International et la Journée internationale de la femme
mardi 6 février 2007
8 mars 2007 : Amnesty International et la Journée internationale de la femme
Depuis les années 70, le 8 mars reprendra une place symbolique importante dans les luttes des femmes. En décembre 1977, une résolution des Nations unies invite les pays à consacrer une journée à la célébration des droits des femmes et de la paix internationale. Le 8 mars est ainsi devenu cette journée de commémoration et de reconnaissance dans de nombreux pays. Or, force est de constater que, trente ans après cette initiative, de nombreux gouvernements faillissent à leurs obligations. En un siècle, les femmes ont conquis l’égalité juridique et législative dans beaucoup de pays, quoique de nombreuses lois discriminatoires persistent. Reste à conquérir l’égalité dans les faits. La journée internationale de la femme est là pour nous rappeler les victoires mais aussi pour nous inviter à réfléchir sur la condition de la femme dans le monde entier. C’est l’occasion idéale de dresser le bilan des progrès accomplis en vue de promouvoir l’égalité et le respect des droits des femmes. C’est aussi l’occasion d’identifier les atteintes que les femmes subissent et les difficultés qu’elles doivent surmonter dans la société, et par conséquent se pencher sur les moyens à prendre pour améliorer la condition féminine.
Amnesty International rappelle à l’occasion du 8 mars 2007 que les violences sexuelles sont une des plus graves et plus nombreuses violations des droits humains. Une femme sur trois, selon UNIFEM, a été violée, battue, forcée à l’acte sexuel ou abusée au moins une fois dans sa vie. (UNIFEM, Facts and figures on violence against women, 25.11.2003. www.unifem.org). S’appuyant sur des statistiques de la Banque mondiale, Amnesty souligne qu’une femme sur cinq est ou a été victime de violences physiques ou d’agressions sexuelles. En Inde, la proportion s’élève à 40 % et en Egypte à 35 %. Selon des rapports officiels publiés aux États-Unis, 700.000 sont violées chaque année. 14,8 % de ces femmes ont moins de 17 ans. En France, entre 50.000 et 90.000 femmes ont été violées, et de nombreuses victimes n’ont pas dénoncé leur viol. (OMCT, press release, 25.11.2003). Le viol est considéré comme la plus courante des violences sexuelles. Mais les attouchements, le voyeurisme, les relations sexuelles imposées, les mutilations génitales, les grossesses ou les avortements forcés, la prostitution forcée et la traite des femmes le sont également. Chaque année, environ 4 millions de femmes et de fillettes sont vendues pour le mariage, la prostitution ou l’esclavage. (UNFPA ; State of world population 2000, chapter 3 : Ending violence against women and girls). Les violences sexuelles se produisent dans la sphère privée mais aussi dans la vie publique, à l’école, sur le lieu de travail ou de loisir. Cela se passe en temps de paix mais aussi en temps de guerre. Les statistiques sur la violence dans le couple varient considérablement de pays en pays : Selon l’ONU, en Grande-Bretagne, 30 % des femmes subissent des abus par leur conjoint ou ex-conjoint. En Jordanie occidentale, il s’agit de 52 %, au Nicaragua de 28 %, au Bangladesh de 47 %, au Canada de 29 %, dans le Sud et le Sud-est de l’Anatolie (Turquie) de 58 %, en Australie de 23 %, au Cambodge de 16 %. (United Nations Statistics Division, the world’s women 2000.)
Il est évident qu’en cette matière, le non-droit est la règle. Et l’impunité est donc de mise. La chosification de la femme est un phénomène préoccupant. Cela a pour effet premier d’avilir la femme, de l’ignorer, d’en abuser, en un mot : de ne pas la respecter.
Aux termes du droit international, les États sont tenus d’interdire et de prévenir les violences à l’encontre des femmes, et ils doivent prendre des mesures contre ces faits en toute circonstance. Or, bien trop souvent, loin de fournir une protection suffisante aux femmes, les gouvernements se sont rendus complices de ces exactions, les ont dissimulées et cautionnées. Ils ont laissé la situation se perpétuer.
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