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BEMOLS A LA GRAND-MESSE DU FOOTBALL

vendredi 8 juin 2012

8 juin 2012

On ne peut pas l’ignorer, à moins de vivre sur une autre planète ! L’Euro 2012 débute aujourd’hui. Durant plus de trois semaines, la Pologne et l’Ukraine vont vivre au rythme du ballon rond, de même que des millions de fous du foot à travers le monde. « Que la fête commence ! » titre un de mes confères. La fête, soit, mais elle ne sera pas totale.

Il y a d’abord l’Ukraine qui se fait pointer du doigt. Depuis l’élection de Viktor Ianoukovitch à la présidence en 2010, le pouvoir s’est durci. Plusieurs membres de l’opposition ont été emprisonnés. La plus emblématique est sans conteste l’ancienne première ministre Ioulia Timochenko qui purge un peine de prison de sept ans pour abus de pouvoir, une condamnation prononcée après un procès expéditif. Plusieurs personnalités politiques européennes, dont le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, ont décidé de boycotter l’Euro 2012 pour protester contre le sort réservé à Ioulia Timochenko. En revanche, Amnesty International a envoyé sur place son spécialiste de l’Ukraine, Max Tucker, qui sera « disponible pour des entretiens avec les médias qui ne souhaitent pas se contenter d’admirer les stades construits pour l’occasion à Kiev, Donetsk, Lviv et Kharkiv, mais sont prêts à entendre que les habitants de ces villes sont victimes de diverses violations des droits humains. » Dans son dernier rapport, Amnesty International fait une nouvelle fois état de tortures et autres mauvais traitements perpétrés en Ukraine et dénonce l’impunité à leur égard.

Autre menace qui pèse sur l’Euro 2012 : le hooliganisme. La BBC a diffusé récemment un reportage intitulé « Les stades de la haine », un reportage interpellant, comme on dit aujourd’hui. En Ukraine, des supporters font le salut nazi en hurlant « sig Heil » et le chef de la police locale nie l’évidence. En Pologne, les symboles nazis foisonnent sur les banderoles et les écharpes sans que la police n’intervienne. Plusieurs médias polonais ont dénoncé la « partialité  » du reportage. Beaucoup de personnes ont par ailleurs reproché aux journalistes de n’avoir filmé que des stades où le hooliganisme et le racisme sont fréquents. Certes, les supporters ukrainiens et polonais ne sont évidemment pas tous virulents. Il n’empêche qu’au Royaume-Uni, l’ancien capitaine de l’équipe nationale a conseillé aux Britanniques de rester chez eux et de regarder les matchs à la télévision.

Troisième fait qui entache la fête : l’action lancée par AchACT (actions consommateurs travailleurs) contre Adidas, une marque qui dépense des millions pour sponsoriser les équipes de foot allemande et espagnole, mais qui refuse d’indemniser les travailleurs indonésiens. Les faits remontent à 2011. Le propriétaire d’une usine située en Indonésie s’enfuit avec la caisse. Aucune indemnité ne peut donc pu être versée et les 2.800 travailleurs décident de se tourner vers les clients. Plusieurs d’entre eux, dont Nike, alimentent alors un fonds d’indemnisation, mais Adidas refuse de verser sa quote-part. Motif invoqué : l’usine ne fabriquait plus ses produits au moment de la fermeture. Un argument rejeté par AchACT qui souligne qu’ « à travers son code de conduite, Adidas s’est engagée à prendre les mesures nécessaires pour remédier aux violations du droit du travail par ses fournisseurs et qu’en l’absence de recours possible contre le propriétaire de l’usine, elle doit contribuer elle aussi au fonds d’indemnisation. » Il manque aujourd’hui une million et demi d’euros pour indemniser tous les travailleurs. Une somme qu’AchACT compare aux 125 millions dégagés par Adidas pour devenir le sponsor principal des Jeux olympiques de Londres et aux 63 millions d’euros qu’elle dépense chaque année pour les deux équipes de foot qu’elle sponsorise. AchACT souligne également que, malgré les progrès réalisés par l’industrie du sport pour garantir le respect des droits des travailleurs, « de graves violations se perpétuent de manière systémique, notamment en Chine, au Sri Lanka et aux Philippines, et notamment chez des fournisseurs d’Adidas . »

AchACT lance une action sur son site internet et vous propose d’interpeller en ligne Adidas à l’adresse suivante : www.achact.be

 


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