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CACHEZ CES MENDIANTS QUE JE NE SAURAIS VOIR !

mardi 15 mai 2012

15 mai 2012

A Liège, la mendicité n’est pas interdite mais, depuis 2001, un règlement communal l’organise dans ses moindres détails : pas question de mendier tous les jours dans le même quartier, la mendicité est organisée par zone, pas question de solliciter les passants le dimanche ou en dehors des heures d’ouverture des magasins, pas question de leur tendre une sébile ou un accessoire quelconque.

Depuis un mois, Liège est passée à la vitesse supérieure. Elle peut dorénavant arrêter administrativement les contrevenants dès la troisième infraction. La procédure a été validée par la procureure du roi, Danielle Reynders. A la première infraction, un procès-verbal est dressé et on remet au mendiant une copie du règlement communal. A la deuxième infraction, on vérifie s’il reçoit les aides auxquelles il a droit. A partir de la troisième infraction, il peut être arrêté et mis au cachot durant 12 heures au maximum pour «  trouble de l’ordre public ».

Dix mendiants ont ainsi été écroués dans les cachots de l’hôtel de police. La Ligue des droits de l’homme s’en indigne. «  Si la sécurité publique est mise en avant par la ville, cette initiative fait de la mendicité une incivilité et transforme bien plus que symboliquement le SDF, le mendiant ou le toxicomane en une nuisance sociale, au même titre qu’un dépôt d’ordures clandestin. » La Ligue rappelle également « qu’une personne en situation de précarité est le messager bien involontaire et non consentant de la pauvreté et qu’à ce titre, ce n’est pas sur lui qu’il faut tirer. »

Le président du CPAS de Liège, Claude Emonts, s’insurge également contre cette mesure. « Une détention, même limitée à douze heures, n’est jamais une solution. » Il insiste sur le fait que la plupart des mendiants souffrent de problèmes mentaux plus ou moins graves et qu’ils doivent avant tout être soignés. « Ils devraient être pris en charge et bénéficier d’un suivi psychiatrique, mais, dans ce domaine, les instruments juridiques font défaut. » Et de rappeler que le CPAS ne peut et ne veut exercer aucune contrainte. « La majorité des personnes écrouées ne veulent pas d’une intervention sociale , précise l’attachée de presse du bourgmestre, c’est une des solutions que nous avons dû trouver pour répondre aux demandes des commerçants. »

Et c’est là tout le problème en effet, les mendiants dérangent ! La plupart d’entre eux ne commettent pourtant aucun acte répréhensible, le délit de mendicité a en effet été aboli en 1993, mais, pour les autorités communales, il est plus facile de les arrêter administrativement que de plancher sur des solutions durables pour diminuer le nombre de ceux qui doivent mendier pour survivre. 


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