Article 26 du Plan national des droits humains, signé le 24 juin 1998 : « [ Les autorités devront] veiller à ce que les organismes gouvernementaux et les agents de sécurité ne persécutent ni ne harcèlent les gens à cause de leur préférence sexuelle ».
Et pourtant, à Guayaquil, premier port équatorien, et 2ème ville du pays, un plan de prévention de la criminalité mis en place par la police municipale donne lieu à une véritable persécution des personnes homosexuelles [1]. Celles-ci sont arrêtées arbitrairement, et insultées, humiliées ou mêmes torturées dans les fourgons de la police ou dans les commissariats. Quatre homosexuels, arrêtés par la police au centre de la ville en novembre 2000, ont été contraints de se jeter du haut d’un pont, dans l’estuaire du Salado : ils ont heureusement survécu à cette tentative d’exécution extrajudiciaire, les policiers n’ont pas été poursuivis…
Le 22 février 2001, cinq travestis ont eux aussi été arrêtés et emmenés au siège de la police métropolitaine où ils ont été les victimes de graves sévices : l’un d’entre eux a perdu connaissance après avoir été frappé à la tête à plusieurs reprises avec un extincteur. Les policiers l’ont accompagné aux urgences pour le ramener au siège de la police dès que celui-ci eût repris connaissance et le détenir au secret pendant deux jours. Les travestis ont été libérés au bout de ces deux jours, sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre eux. Les policiers quant à eux n’ont fait l’objet d’aucune enquête, encore moins de mesures disciplinaires…
Message envoyé le 23 mars 2001 à Quitogay, une organisation de personnes homosexuelles de la capitale, par un groupe anti-gay : « Après un difficile travail d’investigation, nous savons qui vous êtes, comment vous vivez, où vous travaillez…nous avons décidé de vous exterminer , espèce de déchets humains, afin que notre pays soit un exemple pour le monde et que nous ne risquions plus d’être confrontés à des homos pervers. »




