« Encore maintenant quand j’y pense, je suis effrayée et parfois j’en fais encore des cauchemars. À l’époque, j’étais très contente, tout le monde autour de moi allait me faire des cadeaux. Je ne savais pas ce qu’était cette opération et je ne savais pas que ça allait faire mal. Ma cousine allait être opérée en même temps, mais elle n’était pas aussi contente que moi. Lorsqu’elle avait six ans, sa grande soeur avait été opérée. Elles auraient dû être opérées en même temps, mais les enfants avaient été tellement effrayés par le sang perdu par la jeune fille que ma cousine s’enfuit et alla se réfugier dans les bras de son père. Celui-ci décida qu’elle était trop jeune et qu’on pouvait attendre encore quelques années. Le jour de l’opération, ma cousine passa en premier lieu. Elle ne pleura pas. Ensuite, ce fut mon tour. Je me suis mise à hurler, j’étais vraiment effrayée. Quatre femmes tenaient mes jambes et mes bras : ça a fait très mal. Il y avait du sang partout. Je ne pensais pas que ça pouvait faire si mal ».
Témoignage de Jalila, une jeune Soudanaise de onze ans, sur la pratique de l’infibulation dont elle fut victime à l’âge de huit ans. Tiré de « Les mutilations génitales féminines », publié par la section belge francophone d’Amnesty International.




