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Les maris « ouvrent » leurs épouses à l’aide d’un couteau

vendredi 19 mars 2004, par Samuel Grumiau

Aïcha, Fouzia, Ifrah et Maryam sont des réfugiées somaliennes vivant en Belgique. Elles sont unanimes : dans leur pays, les femmes n’ont aucun droit à s’exprimer et les hommes sont fiers d’avoir une épouse infibulée. L’ouverture de sa femme peut pourtant prendre des jours, voire des semaines au mari qui, équipé d’un couteau, devra manipuler les chairs collées et cousues afin de se frayer un passage par lequel il torturera sa femme lors de la pénétration. La plupart des épouses cachent leurs visages pendant l’acte sexuel pour ne pas montrer leurs souffrances. Certains maris reconnaissent heureusement qu’il est plus agréable de faire l’amour avec une femme qui n’est pas mutilée. Une enquête menée auprès de 300 maris soudanais qui ont plusieurs épouses, dont l’une seulement est infibulée, montre ainsi que 266 d’entre eux préfèrent faire l’amour avec une femme non excisée parce qu’elles semblent partager leur désir et participer à l’acte et au plaisir.

Un couple somalien réfugié en Belgique témoigne toutefois de l’insouciance à l’égard de la souffrance des femmes dans leur pays. Le mari s’est attiré les railleries de tout son entourage parce qu’il refusait d’ « ouvrir » sa femme lui-même avec un couteau mais voulait au contraire que ce soit fait à l’hôpital. « Impuissant, femmelette ! », s’est-il entendu injurier. Profondément épris de sa femme, il a supporté les médisances et attendu le nombre de semaines nécessaire pour avoir des rapports en la blessant le moins possible. Le couple a eu un enfant, après quoi l’entourage familial a insisté pour recoudre la femme. « Pas question ! », s’est écrié le mari, qui s’est à nouveau attiré les foudres des proches. Fuyant la guerre, le couple s’est alors retrouvé dans un camp de réfugiés tenus par des militaires qui, constatant que la femme était « ouverte », en ont conclu que la voie était libre pour la violer pendant que le mari était torturé...

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