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« Accueil » des réfugiés tibétains : de mal en pis, comme prévu...

vendredi 1er avril 2005, par Laurence Geyduschek

Il n’a jamais été dans l’intention du Népal de reconnaître un quelconque droit d’asile aux Tibétains fuyant le territoire chinois. S’il a officiellement octroyé quelque 20 000 permis de séjour à des Tibétains entre 1959 et 1989, le Népal leur refuse toutefois la nationalité népalaise et ne leur délivre aucun titre de voyage.

Après 1989, leur statut est devenu encore plus précaire : plus aucun permis de séjour n’est accordé et le Népal ne tolère l’arrivée de Tibétains que dans la mesure où ils ne font que transiter vers l’Inde. Un accord informel existe entre les autorités népalaises et le HCR : les Tibétains interceptés au Népal (le plus souvent sans titre de voyage valide) sont remis aux services d’immigration où le HCR les prend en charge. Ils transitent brièvement par un camp de Katmandou et sont ensuite transférés en Inde ; bref, la plupart du temps, les réfugiés tibétains ne séjournent que quelques jours sur le territoire du Népal.

Cette situation déjà précaire pour les Tibétains ne fait que s’aggraver. A plusieurs reprises, les autorités népalaises ont livré des Tibétains à leurs homologues chinoises, au prétexte qu’ils n’étaient pas en mesure de payer les amendes liées à leur séjour « illégal » sur le sol népalais. Le HCR n’était pas prévenu et ne pouvait rencontrer ces Tibétains. Ainsi, le 31 mai 2003, les autorités népalaises ont procédé au renvoi forcé de 18 Tibétains, dont plusieurs enfants. À cette occasion, l’International Campaign for Tibet (ICT) a pu prouver la mise en service du « Sowland New Reception Center », une prison de Shigatse (Tibet) réservée aux Tibétains interpellés alors qu’ils franchissaient la frontière indo-népalaise.

En juin 2003, le nombre de Tibétains incarcérés dans cette prison était estimé à 300. En novembre 2003 ils seraient entre 450 et 500. Ces Tibétains sont condamnés à quelques mois de prison et doivent payer une amende de 1700 à 5000 yuans. Les familles paieraient parfois le double pour être certaines de voir leurs proches relâchés. Les « heureux élus » devraient en outre signer un document par lequel ils s’engageraient à ne plus jamais quitter la République populaire de Chine et leurs familles s’en porteraient garantes ; s’ils cherchaient à fuir dans l’avenir, un de leurs proches serait incarcéré à leur place.

En décembre 2003, 21 réfugiés tibétains ont été livrés à la police chinoise par les services de sécurité népalais et, depuis lors, on ignore tout de leur sort [1]. Ces candidats réfugiés risquent au minimum une période de détention en Chine, ce qui les expose à subir des tortures et d’autres formes de mauvais traitements. Le gouvernement tibétain en exil et le HCR ont protesté plus d’une fois contre ces déportations.

En ce début d’année 2005, un nouveau durcissement a été observé lorsque le gouvernement népalais a ordonné la fermeture du Bureau du représentant du Dalaï Lama à Katmandou, ainsi que de tous les bureaux liés aux réfugiés tibétains, le ministère de l’Intérieur népalais prétextant qu’ils ne s’étaient pas enregistrés officiellement auprès de l’administration... alors que ces services sont en activité depuis 1959.

Cette décision n’est malheureusement pas une surprise et ne fait que confirmer une évidence : le Népal, qui refuse toujours d’accueillir une visite du Dalaï Lama et interdit les rassemblements publics de Tibétains, tient à maintenir de bonnes relations avec son grand voisin chinois. Lors d’une conférence de presse organisée le 28 mai 2004 à Katmandou, l’ambassadeur de Chine à Katmandou a été très clair : « la question du Tibet est un souci majeur de la Chine dans ses relations avec le Népal »...
 [2]

Pour rappel, chaque année, ce sont environ 2 500 Tibétains qui fuient leur pays et passent par le Népal dans l’espoir de trouver refuge en Inde. Environ un tiers de ces exilés sont des enfants, tandis qu’un quart d’entre eux sont des moines et des nonnes.

P.-S.

En savoir plus :
- Népal/Chine, craintes de renvois forcés. Document Amnesty (Réf.ASA/31/022/2003)
- Nepal : dealing with a human rights crisis. International crisis group. Mars 2005

1 Message

  • Merci pour cette article. Existe t-il des dispositions dans le droit international des réfugiés qui pourraient servir la cause des réfugiés tibetains ou est-ce que tout reste à faire à ce niveau. Si c’est le cas qu’elle serait selon vous la réflexion à mener du point de vue du droit qui serait la plus pertinente ? Par avance je vous remercie pour l’attention accordée à ce message et pour votre réponse.

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