Amnesty aujourd’hui

Kumi Naidoo, le secrétaire général actuel d’Amnesty au niveau international

Le secrétaire général

Kumi Naidoo est devenu le neuvième secrétaire général d’Amnesty International en août 2018.

Titulaire d’une licence en droit et sciences politiques (Université du KwaZulu-Natal) et d’un doctorat en politique (Université d’Oxford), Kumi Naidoo a milité toute sa vie en faveur de la justice sociale. Né à Durban (Afrique du Sud) en 1965, il connaît sa première expérience de militant à l’âge de 15 ans, lorsqu’il organise une manifestation anti-apartheid et qu’il y participe. Cette action lui vaut d’être renvoyé de son école, mais il décide de s’investir profondément dans le militantisme au sein de sa communauté locale et dans l’organisation de mobilisations de masse contre le régime d’apartheid.
En 1986, il est inculpé de violation des dispositions relatives à l’état d’urgence et se voit contraint de passer à la clandestinité. Kumi Naidoo finit par s’exiler au Royaume-Uni, où il vit jusqu’à la libération de Nelson Mandela et la levée de l’interdiction des mouvements de libération. Quatre années plus tard, tandis que le régime d’apartheid s’effondre, il rentre en Afrique du Sud afin de travailler avec l’African National Congress.
Il s’attelle alors à une cause qui lui tient à cœur : l’éducation, et plus particulièrement les campagnes d’alphabétisation pour adultes et le travail en faveur de l’éducation des électeurs. Son but ? Redonner du pouvoir aux communautés qui avaient systématiquement été privées de leurs droits.

Kumi Naidoo a déjà occupé plusieurs postes à responsabilité, mais c’est en tant que directeur exécutif de Greenpeace International qu’il consolide sa réputation de militant audacieux défendant la désobéissance civile. En 2011, il est ainsi arrêté après avoir escaladé une plateforme pétrolière groenlandaise afin de remettre en mains propres une pétition pour protester contre les forages dans l’Arctique. Plus récemment, il a cofondé et dirigé par intérim l’organisation panafricaine Africans Rising for justice, peace and dignity. Le groupe cherche à modifier la situation en Afrique qui veut que, bien que ce continent ait joui d’une croissance économique, les Africains eux-mêmes n’ont pas bénéficié de cette augmentation de richesses et de pouvoir.

Pour le secrétaire général d’Amnesty International, le mouvement de défense des droits humains doit être plus grand, plus audacieux et plus inclusif s’il veut répondre aux défis auxquels sont aujourd’hui confrontés les gens.

« Notre monde est confronté à des problèmes complexes qui ne peuvent être résolus que si l’on s’éloigne de la vision traditionnelle qui voudrait que les droits humains ne recouvrent que certaines formes d’injustices subies par des personnes, mais pas d’autres. Les schémas d’oppression qui nous entourent sont interconnectés. »

Kumi Naidoo considère qu’un militant peut venir de n’importe quel horizon : syndicat, école, groupe religieux, entreprise... Il est également convaincu que "les jeunes ne sont pas les dirigeants de demain, mais les dirigeants dont nous avons besoin ici et maintenant".

« Amnesty International a déjà plusieurs fois tiré la sonnette d’alarme sur le fait que nous vivons à l’une des époques les plus clivantes de l’histoire moderne, avec des dirigeants de premier plan qui nous offrent une vision cauchemardesque de la société, aveuglée par la haine et la peur. Ce n’est qu’en nous rassemblant sous des valeurs communes qui nous unissent, comme les droits humains, que nous pourrons faire face à l’adversité. »

Le/La secrétaire général/e d’Amnesty International a pour rôle de diriger l’ensemble des activités du mouvement. Ainsi, il ou elle contribue au plus haut niveau à la définition de la politique et de la stratégie de l’organisation, dont il ou elle est le/la principal/e porte-parole, et assure la direction générale du Secrétariat international. Le/La secrétaire général/e développe et coordonne les stratégies qu’Amnesty International doit mettre en œuvre pour promouvoir et protéger les droits humains, et représente le mouvement auprès des gouvernements, des organisations intergouvernementales ou autres, des médias et du public au niveau mondial. Il ou elle est nommé/e par le Comité exécutif international, dont il ou elle relève directement.

Comment fonctionne Amnesty ?

D’un petit groupe de bénévoles travaillant dans un minuscule bureau à Londres, Amnesty est devenue aujourd’hui la plus grande organisation de bénévoles au monde travaillant en faveur des droits humains.

Amnesty compte plus de 7 millions de membres et sympathisants, dans plus de 140 pays et territoires. On compte des sections nationales dans plus de 50 pays, 30 d’entre elles dans des zones hors de l’Europe et de l’Amérique du Nord. L’organisation peut aussi compter sur le soutien actif de 7 500 groupes locaux dans plus de 100 pays.

Amnesty possède des structures de décision démocratiques. Gérée par une Secrétaire générale, l’organisation est dirigée par un Comité Exécutif International composé de neuf membres, dont huit membres bénévoles (élus par une assemblée générale mondiale de représentants de toutes les sections nationales), et d’un membre élu du Secrétariat International.

Situé à Londres, ce Secrétariat International est le centre névralgique du mouvement sur le plan de la recherche et emploie plus de 290 permanents payés et 90 bénévoles provenant de plus de 50 pays différents. L’efficacité d’Amnesty dépend de sa crédibilité : une recherche fiable et détaillée est donc essentielle.

Avant de lancer des actions, chaque information est vérifiée à sept niveaux différents, et trois sources extérieures sont requises pour confirmer une preuve provenant du terrain. La recherche est menée par une équipe d’experts, soutenus par des spécialistes appartenant à des disciplines aussi diverses que le droit, la médecine, les médias et la technologie.

La qualité de sa recherche est considérée comme hautement fiable, et ses informations sont largement consultées par des chercheurs, des journalistes, des gouvernements, et des organisations cherchant des données sur les violations des droits humains.

Stop à la cruauté des USA envers celles et ceux qui ont besoin de protection

Détenir et traumatiser inutilement des personnes qui sont venues demander une protection devant des persécutions ou un danger de mort est cruel. Demandez à Donald Trump de respecter les lois internationales en matière de demande d’asile : signez la pétition !