Les questions les plus fréquentes sur Amnesty

D’où Amnesty tire-t-elle son argent ?

Amnesty peut vivre grâce aux cotisations et dons versés par ses membres et sympathisants, ainsi que par la vente de matériel, comme ses rapports, les bougies, les T-shirts, etc. Le mouvement international n’accepte pas d’argent des gouvernements. La section belge, cependant, bénéficie de certains subsides de la Communauté française, mais pour un montant qui ne peut dépasser cinq pourcents de son budget annuel en terme de subsides structurels. Notons que le Secrétariat international est financé via les contributions annuelles des sections nationales. Ainsi, la section belge francophone verse-t-elle plus de 700.000 euros en moyenne chaque année au mouvement international.
Téléchargez notre rapport d’activités ICI

Comment Amnesty collecte-t-elle son information ?

Amnesty fait appel à un spectre varié de sources, y compris à des missions de recherches sur le terrain, qui permettent des entrevues avec des prisonniers, et des rencontres avec des responsables gouvernementaux. L’organisation épluche aussi des centaines de journaux et magazines, ainsi que des transcriptions d’émission de radio et de télévision. Elle analyse également des communiqués gouvernementaux, des rapports d’experts juridiques, ainsi que des lettres de prisonniers et de leurs familles.

Comment Amnesty peut-elle être sûre que ses informations sont exactes ?

Toutes les informations qui parviennent à Amnesty sont soigneusement examinées par l’équipe de recherche. Les détails sont recoupés et avant qu’aucune déclaration ne soit faite, ces informations doivent passer par sept niveaux différents de contrôle, afin de s’assurer de leur fiabilité, et qu’elles entrent bien dans le cadre du mandat d’Amnesty.

Le travail d’Amnesty International est-il efficace ?

Le travail d’Amnesty porte ses fruits dans le monde entier : des prisonniers et prisonnières d’opinion sont libéré·e·s, des condamnations à mort commuées en peines de prison et des personnes qui pratiquent la torture envoyées devant les tribunaux. Les gouvernements eux-mêmes se laissent convaincre de la nécessité de modifier leurs lois et leurs pratiques. Près de la moitié des Actions urgentes menées en faveur de personnes encourant un grand danger sont couronnées de succès. Quant aux « Lettres contre l’oubli », aux pétitions et aux dossiers à long terme, ils produisent dans de nombreux cas des effets positifs.
Campagnes et actions permettent d’améliorer la situation des droits humains sur les plans légal et social et épaulent les organisations actives sur le terrain : des lois pour une protection accrue des femmes ou instaurant un contrôle du marché des armes voient le jour. On doit à la pression d’Amnesty et d’autres organisations de défense des droits humains l’adoption d’une convention internationale contre la torture en 1987, la création d’un tribunal pénal international en 2002 et en 2006 la constitution d’un conseil des droits humains sous l’égide de l’ONU.
Parfois une simple marque de solidarité est utile. Elle maintient l’espoir de vivre – une force essentielle pour les personnes qui luttent pour leur survie, pour les familles qui réclament justice et pour les militant·e·s des droits humains qui poursuivent courageusement leur tâche, malgré le danger et l’isolement.
Amnesty International est régulièrement avertie que la situation de telle ou telle personne s’est améliorée grâce à la pression exercée sur les gouvernements ou les autorités. Cela montre que les actions menées par les membres et sympathisant·e·s d’Amnesty peuvent faire changer les choses.

Amnesty est-elle une organisation politique ?

Amnesty est impartiale. Elle ne soutient ni ne s’oppose à aucun gouvernement ou système politique. Elle estime que les droits humains doivent être universellement respectés. Elle prend en charge des cas lorsqu’elle estime qu’il y a des raisons crédibles pour ce faire, quelles que soient l’idéologie prônée par le gouvernement et les opinions des victimes.

Amnesty ne s’ingère-t-elle pas dans les affaires internes des États ?

Les droits humains transcendent les frontières. Ce principe a été reconnu par les principales organisations intergouvernementales du monde entier. Le fait même que les Nations unies se soient dotées d’une Commission des droits de l’homme, qui traite des violations commises dans le monde entier, indique à suffisance que les pratiques des gouvernements en la matière sont une préoccupation légitime qui justifie son examen par la communauté internationale.
Amnesty travaille sur ce principe, et vise à obtenir le respect des règlements internationaux par les gouvernements qui les ont eux-mêmes adoptés.

Pourquoi Amnesty prend-t-elle en charge des cas de personnes qui ont violé les lois de leur propre pays ?

Les lois nationales elles-mêmes violent souvent les règlements internationaux qui protègent les droits de la personne. Dans de nombreux pays, les législations d’urgence restreignent radicalement les droits de tous les citoyens et permettent des détentions prolongées sans inculpation ni jugement. En examinant chaque situation, Amnesty fait appel aux règlements internationaux relatifs aux droits humains. Le point de vue d’Amnesty, c’est celui des victimes.

Quels sont les pays où il y a le plus de violations des droits humains ?

Amnesty ne fait pas de "hit-parade" des pays violant les droits humains. Plutôt que d’établir des comparaisons, Amnesty se concentre sur la lutte pour mettre fin aux violations spécifiques des droits humains dans chaque cas.
Nous publions chaque année un rapport qui fait le point sur l’état des droits humains dans plus de 150 pays. Le consultez ICI

Les droits humains ne sont-ils pas un luxe, plus particulièrement dans les pays les moins développés ?

Il ne peut y avoir de critères différents pour apprécier le respect des droits humains. Ils s’appliquent à chacun(e), dans chaque pays. Par ailleurs, les droits économiques, sociaux et culturels ne s’opposent pas aux droits civils et politiques ; ils sont tous essentiels à chaque société, quel que soit son niveau de développement.
Sans les droits humains, tout progrès, quel qu’il soit, est difficile à atteindre.

Quelle est la différence entre un prisonnier politique et un prisonnier d’opinion ?

En 1961, Peter Benenson définit l’expression de « prisoner of conscience » comme toute personne physiquement empêchée, de quelque manière que ce
soit, d’exprimer son opinion. C’est sur cette définition que s’est basé son « appel pour l’amnistie », qui a marqué le début d’Amnesty International.

Depuis, le label s’est élargi. Un prisonnier d’opinion est une personne emprisonnée pour son origine ethnique, son sexe ou son orientation sexuelle, sa couleur de peau, sa langue ou encore sa nationalité, autant que pour ses convictions politiques ou religieuses.

Tous les prisonniers et prisonnières d’opinion partagent un point commun : leur non-violence. Amnesty condamne la violence, qu’elle soit étatique ou individuelle. De ce fait, l’orgranisation ne défend pas les revendications de tous les prisonniers et prisonnières d’opinion, mais leur liberté de les exprimer de manière pacifique. Deux personnes pourraient être enfermées pour les mêmes revendications ; si l’une n’est pas violente et l’autre si, elles n’auront pas le même statut aux yeux d’Amnesty International : la première sera considérée comme prisonnière d’opinion, la seconde comme prisonnière politique. Cette différenciation, toute « amnestienne », n’est par ailleurs pas faite au niveau du droit international.

Que fait Amnesty pour les prisonniers politiques qui ont prôné ou utilisé la violence ?

Elle s’oppose à la torture et à l’exécution de tous les prisonniers, et réclame pour les prisonniers politiques des procès justes, équitables, et rapides, sans considération pour le fait qu’ils seraient accusés d’avoir prôné ou utilisé la violence. Cependant, Amnesty veut la libération immédiate et inconditionnelle des individus emprisonnés uniquement pour l’exercice non violent de leurs droits fondamentaux.

Comment les membres d’Amnesty participent-ils à la prise de décision ?

Amnesty est un mouvement démocratique, participatif. À travers les groupes et les sections, les membres décident de la politique du mouvement qu’ils financent.
Toutes les sections ont leur propre structure interne garantissant la participation de leurs membres, et envoient des représentants au Conseil international, où les délégués des quatre coins du monde déterminent la politique du mouvement.

Est-il exact qu’Amnesty a des liens avec des agences de renseignement ?

Non. Amnesty est indépendante de tous les gouvernements et de leurs agences. Elle agit ouvertement et ne mène pas d’activités d’espionnage.

En s’opposant à la peine de mort, Amnesty ne condamne-t-elle pas certaines traditions religieuses ?

L’idée des "droits humains" s’est développée à partir d’un mélange d’opinions religieuses et laïques, présentes dans beaucoup de sociétés depuis des siècles. Parmi celles-ci, on trouve les principes universels qui affirment que les individus ont une valeur intrinsèque, et qu’ils devraient traiter les autres de la même manière qu’ils voudraient être traités. Amnesty compte parmi ses membres des adeptes de toutes les principales religions et philosophies ; chacune de celles-ci propose des enseignements qui peuvent servir de base à l’opposition des membres d’Amnesty aux violations des droits de la personne. Malgré ce fait, quelques gouvernements justifient les violations des droits humains qu’ils pratiquent en se référant à des enseignements religieux. Amnesty ne mentionne pas ces enseignements dans ses appels, mais encourage ceux de ses membres qui sont croyants à citer les enseignements correspondants de leur propre foi pour essayer de convaincre leurs coreligionnaires de la valeur du mandat d’Amnesty.

Le terme "prisonnier d’opinion" est-il synonyme d’individu "innocent" ou "injustement" détenu ?

Non. Par exemple, une personne détenue erronément pour un crime n’entrerait pas forcément dans la catégorie des prisonniers d’opinion, telle que la définit le mandat d’Amnesty - à moins que sa détention ne soit que le résultat d’une persécution de cette personne en raison de ses opinions ou de son identité. Dans les dossiers politiques, Amnesty peut entreprendre une action par son travail pour un procès équitable en faveur de personnes injustement arrêtées, ou en cas de mauvais fonctionnement de la justice, ou encore de manquements dans le système pénal.

Quelle est la position d’Amnesty par rapport aux objecteurs de conscience ?

Amnesty estime que toute personne a le droit de refuser d’accomplir un service militaire pour des raisons de conscience ou de conviction personnelle, sans avoir à souffrir de sanction pénale ou physique. Généralement, Amnesty adopte comme prisonnier d’opinion quiconque est emprisonné pour avoir exercé ce droit, y compris ceux qui, pendant l’accomplissement de leur service militaire, deviennent objecteurs de conscience, ou refusent de prendre part à un conflit particulier, à condition que cette personne n’ai pas rejeté un service alternatif, en dehors de l’armée, et qui ne présente pas un caractère punitif de par sa longueur. Même si Amnesty demande la libération des objecteurs de conscience, elle n’est pas une organisation pacifiste, et ne prend aucune position sur les conflits armés, le service militaire en tant que tel, ou la conscription.

Quelle est la position d’Amnesty sur la désobéissance civile ?

On dit de certaines personnes qu’elles participent à des actions de "désobéissance civile" lorsqu’elles commettent des actions non violentes, mais illégales (comme bloquer des routes, ou emprunter des voies interdites), en vue d’exprimer une opposition politique. Quand des personnes sont emprisonnées suite à de tels actes, Amnesty traite ces cas comme elle traite tous les autres. Elle adoptera des individus comme prisonniers d’opinion si elle trouve qu’ils sont emprisonnés en raison de leurs opinions et de leurs croyances, et qu’ils n’ont pas prôné ou utilisé la violence. Si la peine encourue pour ces actes illégaux excède ce qui est prévu normalement pour ce type de délit, alors Amnesty les adoptera comme prisonniers d’opinion, en estimant que la sentence ne sert pas à punir un délit, mais les opinions ou l’identité des personnes concernées.

Quelle est la position d’Amnesty à propos des homosexuels ?

Amnesty a traditionnellement travaillé pour les prisonniers d’opinion détenus pour l’exercice de leur droit à la liberté d’expression et d’opinion, y compris les individus emprisonnés pour avoir réclamé l’égalité pour les homosexuels. Depuis 1991, Amnesty a étendu son travail au profit des personnes emprisonnées uniquement pour être, ou soupçonnés d’être, des homosexuels. Ces cas comprennent des personnes emprisonnées pour leur comportement personnel et privé, lorsqu’il a lieu entre adultes librement consentants.

Pourquoi Amnesty mène-t-elle campagne en faveur de procès rapides et équitables pour les prisonniers politiques, et pas pour tous les prisonniers ?

Bien que la Déclaration universelle des droits de l’homme demande un procès équitable pour tous les prisonniers, les préoccupations d’Amnesty sont plus limitées. Si une personne est emprisonnée uniquement pour un délit de droit commun, et s’il n’y a pas lieu de penser que soit le crime, soit la peine, sont motivés par des raisons politiques, Amnesty n’entreprendra pas d’action. Le mouvement ne peut travailler efficacement pour tous les prisonniers qui seraient victimes d’un mauvais fonctionnement de la justice. Amnesty n’a pas les ressources nécessaires pour cela.

Quelle est la position d’Amnesty sur les grèves de la faim ?

Il arrive fréquemment que des prisonniers entament des grèves de la faim, comme moyen de pression non violent sur les autorités, ou pour attirer l’attention du public. Amnesty prend les mesures urgentes pour assister les prisonniers en grève de la faim lorsque leur action est clairement motivée par des raisons qui tombent sous le mandat d’Amnesty. Si un prisonnier refuse de s’alimenter parce que, par exemple, il ou elle souffre de mauvais traitements ou est sous la menace de la torture, Amnesty va agir. Amnesty ne joue par le rôle de médiateur ou de négociateur dans les grèves de la faim, et elle ne prend pas position sur l’alimentation forcée des grévistes, à moins que ceci ne soit une cause de souffrance délibérée.

N’y a-t-il pas de circonstances dans lesquelles la torture ou des exécutions sont justifiées ?

Il n’y a aucune excuse pour la torture, ni aucune excuse pour la peine de mort. Ces deux types de mesure sont des peines cruelles, inhumaines et dégradantes. Certains justifient parfois la torture en affirmant qu’un petit mal peut aider à combattre un plus grand. La torture, disent-ils, permet d’obtenir des informations fiables qui permettent de combattre un "grand mal". Mais des prisonniers torturés vont avouer n’importe quoi, même des actes qu’ils n’ont pas commis. De la même manière, ceux qui défendent la peine de mort affirment que les exécutions rendraient la société plus sûre. Pourtant, on n’a jamais pu prouver que les exécutions avaient un effet dissuasif sur aucun des crimes pour lesquels elle peut être d’application, y compris le terrorisme, le meurtre ou le trafic de drogue. Les exécutions sont discriminatoires, irréversibles, et tellement brutales pour la société en général, qu’il y a des preuves qu’elles participent au renforcement de l’atmosphère de violence. Les Nations unies ont déclaré une interdiction absolue de la torture, et ont reconnu l’intérêt qu’il y aurait à abolir la peine de mort. En s’opposant aux traitements cruels infligés aux prisonniers, Amnesty ne soutient aucun des crimes qu’ils auraient commis, et elle n’affirme évidemment pas que les criminels ne doivent pas être punis. Elle insiste seulement sur le fait que la punition doit respecter les principes fondamentaux des droits humains.

Amnesty s’occupe-t-elle des droits économiques et sociaux ?

Pour Amnesty, les droits humains sont indivisibles, c’est-à-dire qu’on ne peut pas respecter les droits civils et politiques d’une personne sans respecter ses droits économiques, culturels et sociaux. Et vice versa.

Depuis août 2001, le mouvement a décidé de mener des campagnes contre les atteintes graves aux droits économiques, culturels et sociaux, si celles-ci découlent d’une politique de discrimination, ou constituent des violations de la liberté d’opinion et d’expression, ou une atteinte à l’intégrité physique et psychique de la personne.

Par ailleurs, Amnesty travaille à la promotion des textes internationaux relatifs aux droits économiques, culturels et sociaux, ainsi qu’à leur amélioration et à leur application. Elle s’adresse également aux instances telles que le Fonds monétaire international ou la Banque mondiale, pour que leurs politiques soient marquées clairement par le respect des droits de la personne.

Que font les membres d’Amnesty en faveur des droits humains dans leur propre pays ?

En tant que citoyen ordinaire, ou que membre d’un groupe pour les libertés civiles, chacun est libre de s’impliquer à propos de cas ou de causes nationales. Les membres d’Amnesty sont invités à faire pression sur les autorités de leur propre pays pour, par exemple, l’abolition de la peine de mort, la ratification des traités internationaux ou encore le droit d’asile.
Certaines recherches et actions sont menées par des sections sur leur propre pays. Mais Amnesty a mis en place toutes les garanties nécessaires pour garantir l’indépendance et l’impartialité de son action. Ce sont en effet sur ces deux piliers que repose la crédibilité du mouvement international. C’est pourquoi, les actions menées vers le gouvernement belge par les membres de notre section se font en accord avec l’équipe de recherche de secrétariat international.

Marathon 2017 : SIGNEZ POUR LES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS

Cette année, les 10 individus en danger du Marathon des lettres sont des défenseurs des droits humains. Ils ont tous besoin de votre aide. Nous vous proposons de signer pour eux, en un seul clic.