Les principales discriminations

En dépit des progrès réalisés ces dernières années en faveur de la reconnaissance des droits des personnes lesbiennes, gays, bi, trans*, intersexes (LGBTI), des discriminations persistent partout dans le monde tant dans la loi que dans la pratique : stigmatisation sociale, restrictions des libertés fondamentales comme la liberté d’expression, de réunion et d’association, discriminations à l’emploi, au logement, emprisonnements, torture, exécutions. En Europe, malgré l’interdiction formelle des discriminations basées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, plusieurs États n’ont toujours pas reconnu légalement les relations entre personnes de même sexe et ne leur ont pas reconnu les mêmes droits civiques.

L’acceptation sociale de l’homosexualité et de la transexualité varie beaucoup d’un pays à l’autre. Dans beaucoup de contextes sociaux et de professions, l’homosexualité et la transexualité sont encore taboues et s’exprimer librement sur son identité homosexuelle ou transexuelle entraîne souvent de l’intolérance et du rejet.
Amnesty International affirme que vivre sans subir de discrimination en fonction de son orientation sexuelle et son identité de genre est un droit fondamental de tout être humain.

Attitudes homophobes et transphobes :

Une étude du Conseil de l’Europe sur la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre en Europe publiée en 2011 a relevé des attitudes homophobes et transphobes dans les 47 États membres, avec des discours provocateurs ou agressifs. Ces discours de haine amènent de nombreuses personnes à cacher leur orientation sexuelle ou leur identité de genre dans la vie quotidienne par crainte de réactions négatives à l’école, au travail, dans le voisinage ou dans la famille. Souvent, des discours homophobes ou transphobes sont prononcés par les autorités politiques et/ou religieuses. En Haïti, les comportements envers les personnes LGBTI sont devenus de plus en plus hostiles depuis le tremblement de terre du 12 janvier 2010, lorsque des groupes religieux qui fournissaient de l’aide ont affirmé que l’homosexualité était la cause de cette catastrophe naturelle.

Violences

Les personnes LGBTI sont tout particulièrement exposées à des crimes ou incidents motivés par la haine, dans l’espace public et le milieu familial. Souvent, elles ne signalent pas ces actes de violence, par manque de confiance envers les forces de l’ordre.
Au Cameroun, les violences, les arrestations et les détentions arbitraires motivées par l’orientation sexuelle réelle ou présumée sont monnaie courante. Le Code pénal du Cameroun érige en infraction les relations sexuelles entre adultes de même sexe, crime passible d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement.
En Ouganda, le 23 février 2014, le président a promulgué une loi contre l’homosexualité qui prévoit la détention à perpétuité pour les relations sexuelles entre adultes de même sexe et permet l’extradition d’Ougandais ayant des relations homosexuelles à l’étranger. Les attaques violentes, les arrestations arbitraires, la torture et les mauvais traitements dont sont victimes les personnes LGBTI se poursuivent à une fréquence alarmante.
Ces dernières années, des enquêtes sur les violences et des rapports faisant état d’agressions confirment qu’il s’agit d’une tendance à l’échelle européenne avec des témoignages pour les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l’Espagne, la Serbie et le Monténégro. Les femmes trans* et les travailleurs du sexe sont particulièrement vulnérables aux attaques violentes. Cette tendance est devenue très visible en Turquie où plusieurs cas de femmes trans* harcelées par la police ou assassinées sont rapportés. À l’inverse, la Grèce et l’Espagne s’équipent de législations plus strictes sur les crimes de haine.

Restrictions des libertés de réunion, d’expression et d’association

Les personnes LGBTI qui tentent collectivement de s’exprimer, de s’associer librement ou de manifester en public provoquent parfois des réactions de violence et de discrimination. Plusieurs pays interdisent de manifester sur la place publique, avec des tentatives de pénalisation de la « propagande homosexuelle ». Depuis les années 1970, les marches de la Fierté sont une occasion cruciale pour les personnes LGBTI de mobiliser contre l’homophobie et la transphobie. Pourtant, dans de nombreux pays, ces marches sont visées par des interdictions et des attaques violentes comme en Ukraine et en Serbie. En Serbie, depuis 2011, les autorités ont interdit des marches de la Fierté en raison de menaces émanant de groupes homophobes même si en 2014 la marche a pu avoir lieu à Belgrade, pour la première fois sans incident majeur. Ces dernières années, l’espace pour les défenseurs des droits humains, et plus particulièrement sur la promotion des droits des personnes LGBTI, s’est réduit, notamment en Arménie, Macédoine, Hongrie, Serbie, Espagne, Turquie et Russie. On observe aussi un climat répressif à l’encontre des ONG dont la participation à la formulation de politiques devient plus restreinte, comme c’est le cas en Hongrie ou encore avec par l’introduction de lois « anti-propagande ». En Russie, une loi de 2013 proscrit tout événement public organisé par des personnes LGBTI. Plusieurs rassemblements pacifiques ont été dispersés par les autorités au titre de cette loi homophobe.

Limitation de l’accès aux soins, à l’éducation et à l’emploi

Les personnes LGBTI sont davantage sujettes à la dépression, à l’anxiété et à l’angoisse, avec des taux de suicide sensiblement plus élevés chez ces personnes que dans la population hétérosexuelle, surtout chez les jeunes. Les personnes LGBTI rencontrent aussi des problèmes pour accéder aux soins alors que la transexualité est toujours considérée comme une maladie mentale dans certaines classifications internationales. Elles sont aussi victimes de discrimination dans le milieu professionnel. Si de nombreux États mentionnent l’orientation sexuelle dans la législation antidiscrimination en matière d’emploi, l’identité de genre n’est, en règle générale, que partiellement prise en compte.
Par ailleurs, l’intégration des questions relatives à la diversité et aux LGBTI dans les programmes scolaires a rencontré de vives oppositions ces dernières années de la part de groupes anti-égalité comme en Allemagne et en Slovaquie. En France, Italie, Pologne ces groupes critiquent aussi la notion de « théorie du genre » et d’ » idéologie de genre » se référant a tout argument en faveur de l’égalité et de la non-discrimination pour les LGBTI et les femmes.

Conditions strictes pour changer de genre

Dans de nombreux États, les conditions pour changer de genre à l’état civil sont strictes. Les personnes transgenres ne peuvent obtenir la reconnaissance juridique de leur genre qu’après avoir subi un diagnostic psychiatrique concluant à l’existence d’un trouble mental, s’être pliées à des actes médicaux tels que des traitements hormonaux et des opérations chirurgicales entraînant une stérilisation irréversible, et prouvé leur célibat. L’ensemble du processus peut prendre des années.

FEMMES ET HOMOSEXUELLES, UNE DOUBLE DISCRIMINATION

Les lesbiennes sont doublement discriminées. En plus des violations subies en tant qu’homosexuelles, elles sont victimes de violences spécifiques basées sur le genre. Le plus souvent, il s’agit d’agressions sexuelles allant jusqu’au viol. Cette pratique s’est banalisée dans certains pays (Afrique du Sud, États-Unis) où les agressions sexuelles sont souvent le fait des forces de police ou de l’armée, et peuvent avoir lieu en détention. Parfois, certaines familles planifient les viols de leur fille, dans le but de la « corriger » (Zimbabwe par exemple). Les agresseurs utilisent alors l’argument du viol « curatif » qui permettrait aux lesbiennes de « guérir » de leur homosexualité.

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