Nouvelle position d’Amnesty sur l’avortement

En juillet 2018, des délégués(e)s d’Amnesty International du monde entier ont adopté par vote une révision de la position d’Amnesty International sur l’interruption volontaire de grossesse, demandant aux États non seulement de dépénaliser celle-ci, mais également de garantir un large accès à l’avortement légal et sans danger, dans le respect total des droits de toutes les femmes, filles et personnes susceptibles de se retrouver enceintes.

Amnesty International encourage les États à :

• dépénaliser totalement l’avortement et garantir un large accès aux services d’avortement, sans se limiter aux « raisons minimales », et veiller à ce que toute mesure juridique, politique ou réglementaire relative à l’avortement respecte, protège et mette en œuvre les droits fondamentaux des personnes enceintes ;

• proposer des services d’avortement sûrs et des soins post-avortement dans le cadre de services de santé sexuelle et reproductive offrant les soins, les informations et les produits nécessaires, notamment des méthodes modernes de contraception et une éducation complète à la sexualité, et supprimer tous les obstacles qui empêchent dans la pratique l’accès à ces services ;

• combattre la réprobation sociale associée à l’avortement et les préjugés liés au genre, qui sont à l’origine de la criminalisation de l’avortement et des autres lois restrictives dans ce domaine ;

• encourager la mise en œuvre de politiques économiques, sociales et de santé qui permettent aux gens de prendre leurs propres décisions concernant leur vie en matière de procréation.

Cette position remplace celle qu’Amnesty International avait adoptée en 2007, et aux termes de laquelle notre organisation appelait à la dépénalisation de l’avortement et à l’accès à l’IVG dans un nombre limité de cas. Depuis 2007, l’organisation a acquis une connaissance du sujet et a recueilli les témoignages directs de femmes et de filles dont les vies ont été brisées en raison de lois restrictives. Le fait de n’autoriser l’interruption volontaire de grossesse que pour un nombre de motifs définis et limités a pour conséquence de forcer les personnes enceintes souhaitant interrompre leur grossesse à recourir à des méthodes dangereuses, présentant un risque pour leur santé et leur vie. Cette injustice doit cesser. Les gouvernements doivent adopter une approche plus humaine et veiller à ce que les femmes et les filles, et toutes les personnes pouvant être enceintes, puissent jouir pleinement de leurs droits sexuels et reproductifs.

Notre politique mise à jour permet d’aligner notre travail sur le droit international relatif aux droits humains, en constante évolution, et renforce notre position pour défendre les droits fondamentaux des personnes enceintes.

L’avortement pratiqué dans des conditions insalubres reste l’une des causes principales de mortalité maternelle dans le monde. On estime à 25 millions le nombre d’avortements réalisés dans de mauvaises conditions chaque année.

LE DROIT À L’AVORTEMENT EST-IL INCOMPATIBLE AVEC LA LUTTE CONTRE LA PEINE DE MORT ?

La peine de mort et l’accès à l’avortement sont deux problèmes très différents en matière de droits humains. Amnesty International est opposée à la peine capitale en toutes circonstances en ce qu’elle constitue la violation ultime des droits fondamentaux, en particulier du droit à la vie.

Toutefois, les normes internationales indiquent clairement que le droit à la vie démarre à la naissance. Aucun organe régional ou international de défense des droits humains n’a jamais déclaré que l’avortement violait le droit à la vie.

En outre, interdire l’avortement pousse les femmes et les filles à avorter de façon clandestine et illégale, mettant en danger leur santé et leur vie, portant atteinte à leur droit à la vie privée et à leur droit de ne pas subir d’actes de torture ou d’autres mauvais traitements, ni de discrimination. Ne pas autoriser l’avortement signifie priver les personnes qui en ont besoin de ces droits.

Tous les gouvernements doivent dépénaliser l’avortement en toutes circonstances et permettre aux personnes enceintes qui en ont besoin de bénéficier de services sûrs d’interruption volontaire de grossesse, pour qu’elles ne soient pas contraintes d’avorter dans des circonstances dangereuses qui présentent un risque pour leur vie.

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