Cinq arguments contre la torture

Voici cinq raisons qui démontrent que l’usage de la torture n’est jamais justifié :

1. L’usage de la torture et des autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (CID) est illégal selon les normes internationales. Son usage est cruel, immoral, et toujours condamnable. La torture cause des dommages physiques et psychologiques souvent permanents chez les personnes qui l’ont subie.

2. À court terme, les bourreaux peuvent obtenir des informations utiles en se servant des traitements CID, mais à long terme, c’est contre-productif. La torture engendre chez ses victimes et dans les communautés dont elles sont issues douleur, souffrance, humiliation, peur, colère et haine. Par exemple, des statistiques affirment que l’usage de la torture par des Américains est la meilleure raison d’al-Qaïda pour recruter des membres.

3. Les informations obtenues par des actes de torture ne sont pas fiables : la torture fabrique des fausses déclarations. Les victimes de torture avouent n’importe quoi dans le but de faire cesser la souffrance. C’est une perte de temps et de ressources. En plus, des gens innocents peuvent être impliqués, reconnus coupables, ou eux-mêmes torturés, à cause de faux témoignages.

4. Selon les conventions internationales, les informations obtenues par des méthodes de tortures ne peuvent pas être utilisées comme évidence dans les tribunaux. Il est donc difficile de traduire une personne en justice pour un crime quelconque si elle déclare avoir été torturée.

5. On ne peut pas tolérer l’usage de la torture même dans des cas « spéciaux ou exceptionnels », parce qu’éventuellement, ce qui était exceptionnel risque de devenir acceptable. Si la haute direction d’un pays accepte son usage, cette « culture de la torture » s’étendrait partout dans la voie hiérarchique.

Jusqu’où peut se perdre une agence de renseignement ? C’est l’une des questions qu’a suscitée la publication, mardi 9 décembre 2014, du rapport de la commission chargée du renseignement du Sénat des Etats-Unis, consacré aux interrogatoires poussés, assimilables à des actes de torture, pratiqués par la CIA dans le cadre de « la guerre contre le terrorisme », après les attentats du 11 septembre 2001. Certes, les éléments les plus choquants d’un programme définitivement stoppé après l’entrée en fonction de Barack Obama, en 2009, l’effacement des suspects happés par un réseau de prisons clandestines et le recours au simulacre de noyade, étaient déjà connus. Il est, de même, probable que les acteurs de ce naufrage n’aient jamais à en répondre. Le travail d’enquête des sénateurs américains n’en est pas moins exemplaire dans sa minutie à relever un manquement à l’exemplarité érigé, précisément, en système. Le rapport attaque frontalement l’argument de l’efficacité mis en avant par la CIA En présentant les conclusions de cinq années de travaux, la présidente de la commission sénatoriale, Dianne Feinstein (Californie), ne s’est pas contentée de l’argument moral pour instruire le procès de ce programme d’« interrogatoires renforcés ». Le rapport attaque frontalement l’argument de l’efficacité mis en avant par la CIA. L’analyse des six millions de documents qui ont pu être obtenus montre, selon la commission, qu’aucune information jugée primordiale pour éviter des attentats ou traquer les membres les plus importants d’Al-Qaida, à commencer par Oussama Ben Laden, n’a été obtenue au cours de ces séances de torture. Parmi les 39 suspects (sur 119, tous identifiés) soumis à la question, principalement de 2002 à 2003, sept n’ont donné aucune information pendant leur passage dans les prisons secrètes de la CIA. (Article du Monde, édition du 10.12.2014)

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