L’histoire de Jerryme Corre - Philippines

Jerryme Corre : « Vous avez fait le serment de protéger les gens, les gens comme moi. »

L’histoire de Jerryme Corre est une nouvelle illustration des agissements de la police philippine, qui torture en toute impunité. En braquant les projecteurs sur cette pratique, nous pouvons y mettre un terme.

«  Ils sont arrivés à moto. Ils ont commencé à se ruer sur moi et m’ont obligé à m’allonger face contre terre, raconte Jerryme. Puis ils m’ont roué de coups de pied et de coups de poing. Je leur ai demandé qui ils étaient, s’ils étaient de la police. Si oui, je voulais qu’ils me disent de quel crime j’étais accusé. Je leur ai demandé s’ils avaient un mandat d’arrêt. Mais ils se sont contentés de répondre que je n’avais pas le droit de poser de questions.  »

Trois ans plus tard, après avoir été condamné pour détention de stupéfiants – une infraction qu’il dit ne pas avoir commise –, Jerryme croupit dans une cellule de prison humide et continue de revivre en pensées ces minutes terrifiantes. Les dernières minutes de liberté de ce chauffeur de 34 ans.

Ce qui est arrivé ensuite à Jerryme, alors que les policiers tentaient de lui extorquer des aveux, est courant dans un pays où la torture est utilisée à très grande échelle et en toute impunité par la police.

« Ils m’ont placé un chiffon sur la bouche et ont versé de l’eau dessus. J’avais l’impression de me noyer, je ne pouvais plus respirer. Puis ils m’ont aspergé d’eau jusqu’à ce que je sois complètement trempé et m’ont administré des décharges électriques, encore et encore. »

Jamais aucun policier n’a été tenu de rendre de comptes pour des actes de torture commis aux Philippines. Mais il existe une lueur d’espoir, à l’heure où plusieurs milliers d’entre vous font entendre leur voix. Pas plus tard qu’en juin dernier, après avoir reçu des lettres envoyées par des membres d’Amnesty International, les autorités ont enfin ouvert une enquête sur les actes de torture dont a été victime Alfreda Disbarro, une mère célibataire de 32 ans.

«  Je n’oublierai jamais leurs voix », confie Jerryme. Les souvenirs mettront du temps à s’effacer. Mais la justice a des vertus curatives et pourrait enfin obliger la police à rendre des comptes pour ses agissements. Comme l’a dit Jerryme au policier qui le frappait : « Vous avez fait le serment de protéger les gens, les gens comme moi. »

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