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Des crimes contre l’humanité dans le Xinjiang visant les Ouïghours

Que se passe-t-il dans le Xinjiang ? De nombreux obstacles sont mis en place par les autorités chinoises pour dissimuler la situation des droits humains dans cette région. Malgré cela, les nombreux témoignages directs que nous avons pu récolter et vérifier nous permettent de conclure que l’État chinois commet des crimes contre l’humanité : emprisonnement, torture et persécution.

Torture systématique contre les groupes ethniques musulmans dont les Ouïghours

Tous les anciens détenu·e·s des camps d’internement avec lesquels les chercheurs d’Amnesty International ont parlé ont été soumis·e·s à la torture physique ou psychologique :

  • Passages à tabac
  • Décharges électriques
  • Positions douloureuses de soumission
  • Exposition à des températures extrêmement basses
  • Utilisation illégale de moyens de contrainte
  • privation de sommeil
  • suspension à un mur
  • isolement cellulaire.

Les détenu·e·s n’ont aucune vie privée. Ils sont surveillés en permanence, y compris lorsqu’ils mangent, dorment et vont aux toilettes. Il leur est interdit de parler librement aux autres. Lorsqu’ils ont la permission de parler, ils doivent le faire en mandarin. Ils sont soumis à des châtiments s’ils s’expriment dans une autre langue.

Un programme d’endoctrinement dans les camps d’ « éducation » du Xinjiang

Dès leur entrée dans le camp d’internement, les détenu·e·s sont extraordinairement réglementé·e·s dans des conditions « proches de la prison ».

Ils sont surveillés à tout moment et il leur est interdit de parler librement avec les autres détenu·e·s. Ils sont contraints de parler en chinois mandarin et sont physiquement punis en cas de non-respect.

Presque toutes et tous sont soumis à des cours “d’éducation politique” c’est-à-dire endoctrinés. Ces cours consistent à :

  • Expliquer les « méfaits » de l’islam
  • La puissance et la « bienveillance » de la Chine, du Parti communiste chinois (PCC) et du président Xi Jinping.
  • Mémoriser et réciter des chants révolutionnaires louant le PCC.
  • Écrire des lettres d’« aveux » ou d’« autocritique » pour avouer ses « crimes » et exprimer sa gratitude à l’État pour l’éducation reçue.

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©Molly Crabapple

« On l’a obligé à s’asseoir sur une "chaise du tigre". Ils ont amené la chaise dans notre chambre [...] Ils nous ont dit que, si on l’aidait, on prendrait sa place [...] Il était menotté et avait les bras et les jambes enchaînés. Son corps était attaché au dos de la chaise [...] Deux paires [de menottes] étaient attachées autour de ses poignets et de ses jambes [...] À un moment, on voyait ses testicules. Il [urinait et déféquait] sur la chaise. Il y est resté trois nuits [...] Il est mort [après avoir été sorti de la cellule]. » Madi, ancien détenu ouïghour et compagnon de cellule

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©Molly Crabapple

Témoignage de Abduwali sur le sort réservé à sa nièce et sa soeur, toutes les deux Ouïghoures

Abduwali est un Ouïghour réfugié en Norvège. Il a appris la mort de sa nièce dans un camp d’internement du Xinjiang. Maintenant, il a des craintes pour sa soeur, Sajidugul. Il a dit à Amnesty qu’une source fiable lui avait dit que sa soeur avait été condamnée à 12 ans de prison pour « incitation au terrorisme ». Pour Abuwali, il s’agit d’une punition parce que lui, son frère, dénonce activement le sort des Ouïghour·e·s dans les camps d’internement chinois du XInjiang : “Le but est de me faire arrêter de parler aux médias et aux organisations de droits humains. La sécurité nationale chinoise (la police) m’a contacté. Ils m’ont dit, “si tu n’arrêtes pas, nous allons mettre ta famille en danger”.

Découvrez le témoignage complet d’Abdulawi et ceux de 14 autres proches de disparu·e·s ouïghour·e·s traduits en français.

L’ensemble des témoignages sont en anglais sur un mini-site consacré au dernier rapport d’Amnesty : « Comme si nous étions ennemis de guerre »

Témoignage de Shanura sur l’enfermement de sa grand-mère dans un camp d’internement du Xinjiang

Shanura est une Ouïghoure réfugiée en Allemagne : elle a fui les persécutions dont elle et toute sa communauté sont victimes dans le Xinjiang. Agée d’environ 60 ans, sa grand-mère est une femme travailleuse qui a souvent voyagé pour le travail. Elle possède une boutique de vetements, chapeaux et accessoires à Shahyar. Sa petite fille se souvient d’elle comme étant toujours occupée avec la famille et le travail, ajoutant “Elle n’avait pas une vie facile”. Alors qu’elle travaillait en Turquie, les autorités l’ont appelée pour lui dire : « Si tu ne reviens pas de Turquie, nous prendrons ton fils ». Elle n’a pas hésité, elle retournée en Chine.

Découvrez le témoignage complet de Shanura sur sa grand-mère et ceux de 14 autres proches de disparu·e·s ouïghour·e·s traduits en français.

L’ensemble des témoignages sont en anglais sur un mini-site consacré au dernier rapport d’Amnesty : « Comme si nous étions ennemis de guerre »

Les musulmans du Xinjiang : sans doute le groupe de population le plus surveillé au monde

Même en dehors de la prison, les Ouighours et les autres minorités ethniques du Xinjiang à majorité musulmane sont victimes de politiques très brutales pour restreindre leurs comportements et leur vie en général.

L’État chinois consacre d’énormes ressources au recueil d’informations incroyablement détaillées sur la vie de ce groupe. La surveillance de masse systématisée repose sur un ensemble de politiques et de pratiques qui portent atteinte au droit au respect de la vie privée, au droit de circuler librement et au droit à la liberté d’expression.
Selon d’ancien·ne·s habitant·e·s du Xinjiang, le système de surveillance consiste en un suivi physique et électronique approfondi et intrusif, qui prend les formes suivantes :

  • collecte de données biométriques, y compris analyse de l’iris et imagerie faciale ;
  • entretiens intrusifs menés par des représentant·e·s de l’État ;
  • fouilles et interrogatoires effectués régulièrement par des agents des forces de sécurité, omniprésents ;
  • « séjours à domicile » d’employé·e·s et de cadres de l’administration désignés pour vivre avec des familles appartenant à une minorité ethnique ;
  • réseau tentaculaire de caméras de surveillance, y compris à reconnaissance faciale ;
  • vaste réseau de postes de contrôle appelés « postes de police de proximité » ;
  • accès sans entrave aux appareils de communication personnels et à l’historique financier.
  • confiscation du passeport

Dissimulation massive des preuves de violations des droits humains des Ouighours

Le gouvernement chinois a déployé des efforts considérables pour dissimuler ses violations du droit international relatif aux droits humains dans le Xinjiang. Les autorités menacent, détiennent et maltraitent toute personne qui s’exprime. Le sort de centaines de milliers de détenu·e·s demeure méconnu.

Des parents ouighours qui travaillent ou étudient à l’étranger sont séparés de leurs enfants ou d’autres membres de leur famille. Ceux-ci vivent sous la menace d’internement en camp si l’un ou l’autre membre de la famille basé à l’étranger parle ou témoigne des sévices subis.

La surveillance généralisée participe aussi à cette dissimulation massive. Les cadres de l’administration, omniprésents, les forces de sécurité, violentes, et le système juridique, privé de toute indépendance, concourent à cette surveillance et à l’application de politiques qui bafouent certains droits.

La Chine doit immédiatement démanteler les camps d’internement, libérer toutes les personnes détenues arbitrairement et mettre fin aux graves violations commises contre les musulman·ne·s du Xinjiang.
Les Nations Unies doivent mettre en place et envoyer de toute urgence un dispositif d’enquête indépendant afin que les responsables de crimes relevant du droit international répondent de leurs actes.

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©Molly Crabapple

« Il y a des caméras de surveillance absolument partout [...]. Dans le train, ils n’ont rien vérifié pour moi alors que, pour les Ouïghours assis juste en face de moi, ils ont vérifié les billets et les téléphones [...] À la gare, il y avait deux files [pour les contrôles de sécurité], une pour les Ouïghours et une pour les Hans, qui devaient simplement passer à travers un détecteur de métaux, sans reconnaissance faciale. J’ai parlé à un [représentant de l’État], qui m’a dit : « Les Ouïghours doivent être traités différemment parce qu’il n’y a pas de terroristes hans. » Yin, une personne appartenant à la majorité han

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