Sondage sur le viol : chiffres 2020

Résultats de l'enquête d'Amnesty sur le viol en Belgique

Face au manque de statistiques émises par les institutions belges, Amnesty International Belgique Francophone et SOS Viol ont publié en mars 2020 un sondage portant sur les violences sexuelles, réalisé par l’Institut Dedicated en octobre 2019. 2 300 Belges âgé·e·s de 15 à 85 ans, francophones comme néerlandophones, ont ainsi été interrogé·e·s. Près de six ans après leur premier sondage et à la suite des mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc, les deux associations ont souhaité évaluer la persistance de ces violences. Les résultats obtenus sont plus qu’alarmants et témoignent de la nécessité pour les autorités de s’investir véritablement dans la lutte contre les violences sexuelles.

EXPOSITION PERSONNELLE DES BELGES À LA VIOLENCE SEXUELLE

Selon le sondage, près la moitié des Belges (47%) ont déjà été exposé·e·s à au moins une des formes de violence sexuelle testées (dont la moins « grave » était : « formuler des demandes répétées et insistantes à caractère sexuel »).

48 % des victimes ont été exposées pour la première fois à la violence sexuelle avant 19 ans.

Exposition personnelle à la violence sexuelle :
– Demandes insistantes à caractère sexuel : 31 % des jeunes (hommes et femmes confondus) ; 31 % des femmes ; 16 % des hommes
– Attouchements dans un lieu public : 32 % des jeunes (hommes et femmes confondus) ; 26 % des femmes ; 15 % des hommes
– Imposition d’une relation sexuelle forcée, en d’autres mots être violé·e : 24 % des jeunes ; 20 % des femmes ; 14 % des hommes
– Imposition d’une relation sexuelle forcée par le·la partenaire : 23 % des femmes ; 23 % des jeunes ; 14 % des hommes
– Profiter de l’ivresse ou dépendance à la drogue pour obtenir des relations sexuelles : 24 % des jeunes, 18 % des femmes, 15 % des hommes.

PRÉJUGÉS

– La sexualité des hommes est en général plus pulsionnelle, incontrôlable : 38 % des hommes et 43 % des femmes le pensent.
– Les femmes accusent souvent à tort : 39 % des hommes, 25 % des femmes.
– Les femmes ne savent pas ce qu’elles veulent dans le domaine sexuel : 25 % des hommes, 13 % des femmes.
– Les femmes aiment être forcées, la violence est sexuellement excitante pour elles : 20 % des hommes, 11 % des femmes.

SEXUALITÉ CHEZ LES JEUNES DE 15 À 25 ANS

– ⅓ des jeunes pensent qu’il est normal d’insister pour avoir des rapports sexuels.
– ⅓ des jeunes pensent que si une personne ne dit pas explicitement « non », cela ne peut pas être un viol.
– ¼ des jeunes pensent que si l’autre n’est pas sûr·e de savoir ce qu’il·elle veut, cela veut dire qu’il·elle est d’accord
– ⅕ des garçons pensent qu’ils ne peuvent pas être accusés de viol au sein d’un couple s’ils ont imposé une relation sexuelle, et ¼ pensent qu’il ne peuvent pas être accusés de viol au sein d’un couple s’ils ont imposé une fellation.
– 80 % des jeunes francophones interrogé·e·s sont favorables à ce que les violences sexuelles soient abordées à l’école.

RESPONSABILITÉ DE LA VICTIME

48 % des hommes et 37 % des femmes estiment qu’une victime peut être en partie responsable de son agression. Parmi les circonstances considérées comme atténuantes pour les auteurs :

 16 % des répondant·e·s pointent les vêtements sexy ;

 16 % le fait de ne pas avoir dit explicitement « non », et ce chiffre monte jusqu’à 20 % chez les jeunes ;

 15 % le fait que la victime se soit rendue volontairement chez le violeur ;

 14 % les comportements provocants.

PROFIL-TYPE DES VICTIMES

Plus de 80 % des sondé·e·s pensent que les femmes sexy/provocantes, les femmes belles et les victimes de violence conjugale sont plus souvent exposées à la violence sexuelle.

77 % pensent que les femmes précarisées sont souvent exposées à la violence sexuelle.

DÉMARCHES ENTREPRISES

90 % des Belges pensent que la crainte de ne pas être cru·e est un frein pour se confier.

85 % pensent qu’il arrive parfois ou souvent qu’on puisse culpabiliser les victimes, qu’on leur laisse entendre que c’est de leur faute.

41 % des personnes qui ont subi au moins une forme de violence sexuelle en ont parlé à la police : 31 % des hommes ont été satisfaits de cette démarche, contre 14 % des femmes.

69 % des répondant·e·s pensent que l’accueil des victimes à la police n’est pas optimal et que cela peut être un frein pour les victimes.

63 % des personnes interrogées pensent que la crainte de subir du racisme ou de l’islamophobie peut être un frein à faire des démarches.

JUSTICE

68 % des répondant·e·s pensent que le classement sans suite est dommageable, car cela contribue à l’impunité des violeurs.

85 % des Belges pensent que les victimes ne doivent pas être découragées et qu’elles devraient tout de même porter plainte.

Les personnes sondées pensent en moyenne que 4,3 % des plaintes aboutissent à une condamnation.

83 % des sondé·e·s pensent que pour les victimes, les démarches en justice peuvent paraître lourdes (coût, durée, etc.) et que cela doit être un frein pour elles.

77 % pensent que la Justice n’est pas efficace pour retrouver l’auteur et que cela peut également être un frein pour les victimes.

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