Que faire en cas de viol ?

Mise à jour Covid-19 : en temps de confinement, les services d’urgence restent accessibles pour les victimes de violences sexuelles et leurs proches.

 SOS Viol
Permanence téléphonique au numéro vert 0800 98 100 :
Le lundi de 9h à 17h
Du mardi au jeudi de 8h à 18h
Le vendredi de 8h à 10 et de 13h à 18h
Par e-mail : info@sosviol.be

 Les CPVS (Centres de prise en charge des violences sexuelles) sont ouverts 7j/7 et 24h/24 au CHU de Saint-Pierre de Bruxelles, à l’Hôpital Universitaire de Gand ainsi qu’au CHU de Liège.

Un acte de pénétration non consenti est un viol. Quel qu’il soit (pénétration orale, vaginale ou anale) et par quelque moyen que ce soit (pénis, doigts, objets etc), le viol est un crime grave puni par la loi.

JE SUIS UNE VICTIME, QUE FAIRE ?

Prendre contact

Différentes options sont disponibles pour vous accompagner quels que soient vos questions et vos besoins.

  • SOS Viol soutient les victimes d’agression sexuelle quels que soient leur genre et leur orientation sexuelle (soutien psychologique, accompagnement social, consultations juridiques). En tant de confinement, un site internet, ainsi qu’une ligne téléphonique anonyme et gratuite sont mis à votre disposition au 0800 98 100 aux horaires suivants : lundi de 9h à 17h / mardi au jeudi de 8h à 18h / vendredi de 8h à 10 et de 13h à 18h.
  • CPVS (Centres de prise en charge des violences sexuelles). Il en existe actuellement trois en Belgique (au CHU de Saint-Pierre de Bruxelles, à l’Hôpital Universitaire de Gand ainsi qu’au CHU de Liège). Les CPVS sont accessibles 7j/7, 24h/24 et restent actuellement ouverts y compris durant le confinement lié au coronavirus. Ces structures spécialisées dans l’accueil des victimes d’agression sexuelles récentes (moins d’un mois) vous proposent gratuitement et en un seul lieu, une prise en charge multiple (psycho-sociale, médicale, médico-légale et judiciaire) par du personnel spécifiquement formé. Il est également possible de déposer plainte au CPVS sans se rendre à la police puisqu’y travaillent des policiers et policières spécialement formé·e·s à la problématique.
  • Vous pouvez également vous rendre chez votre médecin généraliste afin d’obtenir un certificat médical établissant les violences subies. Cela vous permettra également de demander un examen médical complet, d’obtenir des informations sur les infections sexuellement transmissibles (IST) et éventuellement un traitement préventif (prévention des risques d’IST et de grossesse).
  • Enfin, des services d’aide aux victimes existent dans chaque arrondissement judiciaire, dans les Maisons de justice. Ils peuvent vous apporter une aide psychologique mais également des conseils pratiques, pour vous y retrouver dans le monde de la police et de la justice, des assurances, du règlement des dommages.

Porter plainte

Si vous souhaitez porter plainte, vous pouvez le faire au sein des CPVS, auprès du bureau de police de votre commune ou de la commune dans laquelle l’agression s’est produite. Un courrier au Parquet du procureur du Roi peut également être adressé. Pour être informé·e des suites données à la plainte, il faut nécessairement remplir une déclaration de personne lésée à l’issue du dépôt de plainte.

Il est néanmoins tout à fait possible de ne pas déposer plainte directement après les faits. Vous pouvez tout de même vous rendre dans un CPVS, qui pourra au besoin récolter les prélèvements strictement nécessaires selon votre récit, ou encore chez le médecin pour obtenir un certificat médical reconnaissant les violences subies. Ces différents éléments seront fondamentaux pour prouver les faits si vous souhaitez porter plainte dans le futur.

Le Set d’Agression Sexuelle (SAS) permet à un médecin à l’hôpital de récolter les traces matérielles sur une victime de viol. Le SAS n’est pas pratiqué tel quel dans les CPVS, qui favorisent une approche plus adaptée au récit de la victime. Seuls les prélèvements strictement nécessaires y sont effectués. Ces prélèvement doivent être pratiqués au plus vite, dans les 24h après l’agression si possible. Dans la mesure du possible, après une agression sexuelle, il faut donc éviter de se laver et conserver le linge souillé sur soi ou dans un emballage papier pour faciliter la recherche des preuves. Après 24h, il est de plus en plus difficile de retrouver des traces du viol.

Prise en charge psychologique

Une prise en charge rapide peut également éviter l’installation d’une mémoire traumatique de l’événement. Un·e thérapeute formé·e à la thématique pour aidera à identifier le traumatisme et à le désamorcer patiemment. La mémoire traumatique émotionnelle deviendra ainsi une mémoire autobiographique consciente et contrôlable. Vous pouvez vous adresser à SOS Viol ou aux CPVS pour trouver un·e thérapeute formé·e.

Même si l’agression sexuelle a eu lieu il y a plusieurs années, il n’est jamais trop tard pour demander de l’aide. Il est toujours possible d’obtenir un soutien juridique, social et psychologique.

JE CONNAIS UNE VICTIME, QUE FAIRE ?

Les violences sexuelles demeurent largement répandues dans la société belge, et il est probable que vous connaissiez une ou plusieurs personnes ayant subi une agression. Si une personne se confie à vous, il est normal de se sentir démuni au premier abord. Parfois, nous avons même tendance à banaliser voire à nier la réalité pour ne pas y faire face.

Néanmoins, le soutien d’un proche peut se révéler décisif dans le parcours de reconstruction d’une victime. Il est ainsi essentiel de savoir comment réagir afin d’apporter compréhension, soutien et aide.

1. Croire la victime

2. Déculpabiliser la victime. Il arrive que cette dernière ressente des sentiments de honte et de culpabilité, notamment influencés par la culture du viol qui existe dans notre société (“elle a bu donc c’est de sa faute”, “elle a mit une jupe, c’est qu’elle l’a cherché” etc.). Ces idées reçues sont fausses, et il faut prendre garde à ne pas remettre en cause la victime en critiquant son comportement. Rien ne justifie un viol, et une victime n’est jamais responsable.

3. S’informer des démarches à suivre, notamment médicales et juridiques. Celles-ci sont détaillées plus haut.

4. S’informer des conséquences psychologiques et psychotraumatiques des violences sexuelles, et notamment des phénomènes de sidération, de mémoire traumatique et de dissociation. Cela permettra non seulement d’accompagner au mieux la victime, mais aussi de mieux comprendre des comportements parfois mis en place par celle-ci pour se protéger (phobies, consommation de produits dissociants, conduites à risque etc.).

1. Minimiser les violences que la victime a subi. Le viol est un crime grave, avec d’importantes conséquences pour la victime. Il peut être parfois difficile de concevoir que cela est vraiment arrivé à l’un·e de ses proches, mais il est important de ne pas nier la gravité de leur agression. Pour se reconstruire, la victime a besoin que sa souffrance soit reconnue comme légitime.

2. L’assaillir de questions. Il peut être extrêmement difficile pour la victime de verbaliser ce qui lui est arrivé. Votre rôle n’est pas de mener une enquête, ou de connaître les faits dans les moindres détails. Vous devez avant tout soutenir la victime, respecter son rythme et l’aider au mieux.

3. Juger le comportement de la victime après les faits. Les agressions sexuelles peuvent entraîner de graves conséquences psychotraumatiques, qui engendrent elles-mêmes des modifications dans le comportement de la victime. Il est important de se renseigner sur ces derniers afin d’accompagner au mieux la reconstruction de la victime.

En tant que proche, vous pouvez donc apporter un soutien fondamental à la victime, pour qui les démarches à venir (judiciaires, sociales et de soins) peuvent être très difficiles. Néanmoins, il peut aussi être compliqué pour vous d’y faire face. N’hésitez pas à demander de l’aide auprès des associations, qui accueillent et conseillent régulièrement les proches des victimes.

Au CPVS de Bruxelles (Forum CHU Saint-Pierre (Salle Semmelweis) 322 rue Haute- 1000 Bruxelles), un groupe de soutien pour les proches des victimes est organisé chaque 2ème lundi du mois de 18h30 à 20h. Informations au 02/535.45.42 ou via cpvs@stpierre-bru.be.
Au CPVS de Liège, des séances de psychothérapie sont proposées aux personnes de soutien. Informations au 04/367.93.11 ou via cpvs@chu.ulg.ac.be.

Vous vous sentez concerné-e ? Quelqu’un dans votre entourage pourrait avoir besoin d’aide ?
Contactez SOS Viol : soutien psychologique, accompagnement social, information juridique. Numéro vert gratuit et permanence téléphonique : 0800 98 100

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