Rinchen tsultrim : sauvegarde de la culture tibétaine et expression d’opinions politiques

RINCHEN TSULTRIM

Rinchen Tsultrim était moine au monastère de Nangshig, dans la préfecture autonome tibétaine d’Aba (province du Sichuan). Après une vague de troubles au Tibet en 2008, il a commencé à exprimer ses opinions sur WeChat et son site web « Scepticisme à l’égard du Tibet ». En 2018, le bureau local de la Sécurité publique l’a mis en garde à deux reprises, lui ordonnant de ne plus exprimer d’opinions critiques en ligne sur la politique chinoise.

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Le moine a été placé sous étroite surveillance et son site a été fermé. Il a été arrêté en août 2019 et est détenu au secret depuis. En novembre 2020, il a été condamné à quatre ans et six mois de prison sans avoir bénéficié d’un procès équitable. Sa famille ne l’a appris qu’un an plus tard.

En août 2021, le gouvernement chinois a répondu aux inquiétudes formulées par plusieurs spécialistes des Nations unies concernant Rinchen Tsultrim, en indiquant que cet homme avait été condamné pour « incitation à la sécession » pour avoir publié des informations sur WeChat, et qu’il purgeait sa peine à la prison d’Aba, dans la province du Sichuan. La famille de Rinchen Tsultrim pense qu’il est incarcéré pour avoir exprimé ses opinions politiques. Celui-ci ne peut pas communiquer avec ses proches ni consulter un avocat, ce qui suscite de sérieuses craintes quant à sa santé et son bien-être.

Les tibétains particulièrement visés par le pouvoir chinois

En Chine, les Tibétains sont en butte à des discriminations et des restrictions de leurs droits aux libertés de religion, d’expression, d’association et de réunion pacifique. Dans les zones à population tibétaine, les minorités ethniques font l’objet de sévères restrictions dans divers domaines et de mesures de répression sous couvert de « lutte contre le séparatisme », de « lutte contre l’extrémisme » ou de « lutte contre le terrorisme ».

Des moines, écrivains, manifestants et militants tibétains sont régulièrement arrêtés en raison de leurs activités pacifiques. L’accès aux zones peuplées par les Tibétains est toujours très restreint, en particulier pour les journalistes, les universitaires et les organisations de défense des droits humains, ce qui rend extrêmement difficile toute recherche et collecte d’informations sur la situation des droits humains sur place. Depuis février 2009, au moins 150 Tibétains se sont immolés par le feu dans ces régions en signe de protestation contre la politique répressive des autorités.

Les activités religieuses sont toujours durement réprimées par le pouvoir central. Les autorités s’emploient à aligner les pratiques et enseignements religieux sur l’idéologie d’État et à renforcer globalement leur contrôle sur tous les groupes religieux, aussi bien ceux approuvés par l’État que ceux qui ne sont pas enregistrés.

Selon de récentes dispositions réglementaires, entrées en vigueur le 1er février 2020, ces groupes doivent « suivre la direction du Parti communiste chinois […], persister dans la voie de la sinisation de la religion et pratiquer les valeurs socialistes essentielles ».

Rinchen Tsultrim doit être libéré immédiatement, à moins qu’il n’existe des éléments crédibles, suffisants et recevables tendant à prouver qu’il a commis une infraction reconnue par le droit international et qu’il ne soit jugé dans le cadre d’un procès conforme aux normes internationales d’équité.

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