Pakistan : disparitions forcées. Masood Ahmed Janjua et Faisal Faraz Atiq-ur Rehman

Depuis que le Pakistan est devenu un allié clé dans “guerre au terrorisme” menée par les Etats-Unis à la fin 2001, des centaines, sinon des milliers de ressortissants, tant pakistanais qu’ étrangers, ont été arbitrairement détenus au Pakistan, se sont vus refuser l’accès à un avocat, à leurs familles et devant les tribunaux, et détenus dans des lieux secrets. Placés en dehors de toute protection de la loi, ils sont victimes de disparition forcée

Plusieurs centaines de personnes ont été illégalement transférés à l’étranger, aux États-Unis en particulier. La plupart - si ce n’est la plupart - de ces individus ont été torturés, ou maltraités. La pratique de soumettre les détenus à une disparition forcée, qui initialement visait des individus dont la détention était justifiée par des raisons d’implication dans des actes de terrorisme, s’est ensuite propagée aux opposants intérieurs de l’État pakistanais, en particulier les nationalistes Baloutches et Sindhi.
Des dizaines de personnes ont été renvoyées de centres de détention américains ou ont "réapparu" au Pakistan, mais le sort de centaines d’autres, peut-être détenus en secret au Pakistan ou d’autres pays, reste inconnu. Leurs familles continuent de craindre pour la vie de leurs proches, conscients que la torture et autres mauvais traitements sont monnaie courante dans les prisons pakistanaises.
L’installation d’un nouveau gouvernement civil au Pakistan en Mars 2008 a fourni un peu d’espoir aux familles des disparus qui espéraient que le gouvernement allait prendre des mesures positives pour résoudre les affaires de disparition. Le nouveau Premier ministre Youssouf Raza Gilani a souligné l’engagement du gouvernement de coalition dans la défense des droits humains, la souveraineté du Parlement et l’indépendance de la magistrature.
La signature par le Pakistan du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la Convention contre la torture en avril 2008 a été un pas dans la bonne direction. Le gouvernement de coalition a rétabli dans leurs fonctions l’Iftikhar Chaudhry et les autres juges déposé au cours de l’état d’urgence proclamé en novembre 2007 ; beaucoup d’autres eux s’étaient engagés dans des recherches concernant les personnes disparues.
Jusqu’ici le gouvernement n’a pas révélé les conclusions de ses enquêtes ou toutes les mesures qu’il a prises pour résoudre tous les cas de disparition forcée.

Malgré ces évolutions positives, des centaines de personnes restent disparues et des cas demeurent non réglés et en instance devant la Cour suprême. La Journée internationale des disparus, est l’occasion d’une pression internationale et d’actions pour mettre fin à des disparitions forcées au Pakistan ..

Position d’Amnesty International sur l’innocence et la culpabilité

Il convient de noter qu’Amnesty International ne prend pas position sur la culpabilité ou l’innocence de ceux qui ont été soumis à une disparition forcée et suspectés d’avoir pris part à des attaques caractérisées comme des actes de terrorisme et autres crimes. La culpabilité est une question de la preuve - c’est une règle de droit fondamental que tout le monde est innocent jusqu’à ce que sa culpabilité soit établie hors de tout doute raisonnable. En gardant les personnes en détention secrète, le gouvernement du Pakistan n’a pas seulement violé leurs droits, mais aussi manqué à son obligation d’inculper et de juger les personnes soupçonnées d’implication dans des attaques sur les civils. Lorsqu’il y a des raisons de croire que les gens ont participé à la réalisation ou planifié des actes de terrorisme, ils doivent être l’objet d’une instruction judiciaire, inculpés et promptement et équitablement jugés et, s’ils sont reconnus coupables, punis.

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MASOOD AHMED JANJUA et FAISAL FARAZ

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Fasial

Ahmed Masood Janjua et Faisal Faraz ont été appréhendés au cours d’un trajet en bus à Peshawar, le 30 Juillet 2005. Plusieurs autres personnes qui avaient été victimes de disparitions forcées ont témoigné les avoir vus en détention mais les responsables de l’État ont nié leur détention et avoir des informations sur leurs allées et venues. Un témoignage crucial d’un ex-détenu dans le même lieu de détention secret a été porté devant la Cour suprême, mais l’audience a été retardée à plusieurs reprises. Avant d’avoir pu être entendu en Novembre 2007, les juges de la Cour suprême ont été licenciés au début de la période de l’état d’urgence le 3 Novembre 2007, étouffant les espoirs des parents des deux hommes. Leur sort demeure inconnu.

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ATIQ-UR REHMAN

Atiq-ur Rehman,âgé de 29 ans, un savant et dirigeant de la Commission de l’énergie atomique, a été appréhendé à Abbotabad, Province à la frontière du nord-ouest, le 25 Juin 2004, le jour de son mariage. La police a refusé d’enregistrer la plainte de la famille, arguant qu’il était sous la garde d’une agence de renseignement. L’ ONG de défense des droits de l’homme a présenté son cas devant la Cour suprême avec d’ autres. Au cours des audiences de la Cour suprême, le représentant de l’État a nié le détenir et prétendu qu’il n’avait aucune connaissance de son sort. Il a été licencié de son lieu de travail pour "absence délibérée". Son sort reste inconnu.

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