L’épouse d’un footballer iranien va être pendue le 1er décembre

Communiqué de presse

ÉFAI

30 novembre 2010

Amnesty International appelle les autorités iraniennes à annuler immédiatement l’exécution de Shahla Jahed, la femme temporaire d’un célèbre joueur de football iranien.

Selon les médias iraniens, son avocat aurait maintenant été officiellement informé que Khadijeh Jahed, également appelée Shahla, serait exécutée aux premières heures du jour le 1er décembre.

« Shahla Jahed ne doit pas être exécutée. La peine de mort représente une négation absolue des droits humains et constitue le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit », a déclaré Malcolm Smart, directeur du Programme Moyen-Orient et Afrique du nord pour Amnesty International.

« En outre, dans son cas, de bonnes raisons laissent penser qu’elle pourrait avoir été condamnée à tort. Elle ne devrait pas avoir à payer de sa vie. »

Shahla Jahed avait contracté un mariage temporaire avec Nasser Mohammad Khani, ancien attaquant de l’équipe nationale de football d’Iran. Elle a été reconnue coupable d’avoir poignardé à mort l’épouse « permanente » de cet homme.

Aux termes du droit iranien, un homme et une femme peuvent se marier de façon permanente ou temporaire. Dans le cas d’un mariage temporaire, le couple concerné peut contracter une union moyennant le versement d’une certaine somme d’argent à la femme et pour un délai déterminé. Au-delà de ce délai le mariage est dissous, mais il peut être renouvelé. Un homme peut avoir jusqu’à quatre épouses permanentes, et autant d’épouses temporaires qu’il le souhaite, tandis qu’une femme ne peut être mariée qu’à un seul homme à la fois.

Shahla Jahed a été initialement condamnée à mort par le tribunal général de Téhéran en juin 2004. Elle est revenue sur ses « aveux » lors de son procès mais la Cour suprême a maintenu sa condamnation.

« Il existe de bonnes raisons de penser que Shahla Jahed n’a pas bénéficié d’un procès équitable et qu’elle pourrait avoir été contrainte à “avouer” au cours des mois qu’elle a passés en détention à l’isolement. Elle est revenue sur ces aveux mais le tribunal a choisi de les retenir à titre d’élément à charge », a déclaré Malcolm Smart.

L’avocat de Shahla Jahed a demandé que l’ordonnance d’exécution soit réexaminée, arguant que l’enquête n’avait pas été menée convenablement.
En novembre 2005, le responsable du pouvoir judiciaire a demandé un report de l’exécution pour que l’affaire fasse l’objet d’un nouvel examen. La peine capitale a cependant été confirmée en septembre 2006.

Début 2008, le responsable du pouvoir judiciaire a de nouveau annulé le jugement et ordonné une nouvelle enquête, en invoquant des « vices de procédure ». Cependant, Shahla Jahed a été condamnée à mort une nouvelle fois en février 2009 par le tribunal général.

Le 13 septembre 2010, elle a écrit à l’actuel responsable du pouvoir judiciaire, l’ayatollah Sadegh Larijani, pour lui demander de rendre une décision finale dans cette affaire.

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