Le Conseil de sécurité et l’Union africaine ont failli à leurs devoirs envers le peuple libyen

Communiqué de presse

23 février 2011

Index AI : PRE 01/077/2011

Jeudi 23 février, Amnesty International a accusé la communauté internationale de manquer à ses obligations envers le peuple libyen à l’heure où celui-ci a le plus besoin d’aide, le colonel Kadhafi ayant menacé de « nettoyer la Libye maison par maison ».

L’organisation a déclaré que la réaction du Conseil de sécurité des Nations unies, dont la faiblesse est consternante, n’était pas à la hauteur de ce qui était requis afin de mettre un terme à la violence qui s’est emparée de la Libye ; elle a par ailleurs demandé des actions concrètes, notamment un embargo immédiat sur les armes et un gel des avoirs.

Mardi 22 février, le Conseil de sécurité des Nations unies a fait une déclaration demandant la fin de la violence et exhortant la Libye à agir avec retenue et à respecter les droits humains, mais n’a pris aucune mesure de fond.

Amnesty International a également critiqué l’Union africaine, qui s’est abstenue de convoquer son Conseil de Paix et de Sécurité afin d’aborder la question de la crise des droits fondamentaux en Libye.

« Le colonel Kadhafi s’est clairement et publiquement déclaré prêt à tuer ceux qui s’opposent à lui afin de rester au pouvoir », a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International.

« Cela est inacceptable. Le colonel Kadhafi et tous ceux qui sont placés sous son autorité directe doivent savoir qu’ils seront personnellement tenus responsables, en vertu du droit international, des crimes qu’ils commettent.

« Ses menaces rendent la réaction tiède de la communauté internationale encore plus choquante. Les Libyens ont besoin en urgence non pas de simples paroles de sollicitude mais d’actes immédiats et concrets. »

Amnesty International estime qu’à tout le moins le Conseil de sécurité de l’ONU doit imposer un embargo immédiat sur les armes à l’encontre de la Libye et un gel des avoirs de Mouammar Kadhafi et de ses principaux conseillers militaires et en matière de sécurité.

Cet appel a été lancé alors que le Mouammar Kadhafi venait de prononcer un discours dans lequel il a qualifié les manifestants de « cafards » et de « rats », et comparé la situation à ce qui s’est passé en Chine, affirmant que l’unité nationale avait été « plus importante que les gens de la place Tiananmen ».

Amnesty International a également dénoncé la réaction de l’Union africaine à la crise se déroulant actuellement, qui a été marquée par des centaines de morts et s’accompagne de la circulation persistante d’informations selon lesquelles le dirigeant libyen a fait venir des mercenaires de pays africains afin de réprimer violemment les actions de protestation menées contre lui.

« Il est scandaleux que le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union africaine ne se soit même pas réuni pour évoquer cette situation de crise, qui a pourtant lieu dans un de ses États membres », a ajouté Salil Shetty.

Amnesty International a demandé à l’Union africaine de veiller à ce que ses États membres, en particulier ceux qui sont limitrophes de la Libye, ne se rendent pas complices des atteintes aux droits humains perpétrées en Libye.

L’organisation a également exhorté la Ligue arabe, qui, mardi 22 février, a interdit à la Libye de participer à ses réunions, d’honorer sans délai ses engagements publics, et en particulier d’établir une commission indépendante arabe qui sera chargée d’enquêter sur la crise en Libye.

En résumé, Amnesty International a demandé :

• Au Conseil de sécurité des Nations unies : d’imposer immédiatement un embargo sur les armes en Libye empêchant le transfert d’équipements et de personnel, d’ordonner un gel des avoirs contre le colonel Kadhafi et ses principaux conseillers en matière militaire et de sécurité, et de déclarer sans équivoque que les crimes de droit international commis en Libye donneront lieu à des enquêtes et des sanctions.

• À l’Union africaine et à ses États membres : d’enquêter immédiatement sur les informations selon lesquelles des éléments armés sont transportés depuis certains pays africains jusqu’en Libye, d’agir afin de sécuriser les frontières terrestres avec la Libye et d’effectuer un suivi des vols suspects.

• À l’Assemblée générale des Nations unies : de suspendre immédiatement la Libye du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, qui compte 47 membres.

• Au Conseil des droits de l’homme des Nations unies : de déployer en Libye une mission d’établissement des faits dont l’objectif sera d’émettre rapidement des recommandations sur les violations des droits humains et de déterminer si une saisine de la Cour pénale internationale est requise.

• À la Libye et aux pays limitrophes : de permettre à ceux qui souhaitent quitter la Libye de le faire en toute sécurité.

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