NIGERIA. Des militants brutalisés et arrêtés illégalement par des policiers nigérians

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
ÉFAI- 9 avril 2010

Ce vendredi 9 avril, Amnesty International a appelé les autorités nigérianes à diligenter sans délai une enquête sur le cas de trois défenseurs des droits humains, brutalisés et arrêtés par la police dans la ville de Port Harcourt.

Isaac Asume Osuoka, AkpoBari Celestine et Ken Henshaw appartiennent à Social Action, une organisation non gouvernementale qui milite en faveur de la justice environnementale et des droits humains au Nigeria. Ces hommes ont été interpellés par des policiers le 5 avril, après avoir quitté leur bureau.

AkpoBari Celestine a déclaré avoir été frappé à plusieurs reprises, aux bras et aux jambes, avec la crosse et le canon d’une arme à feu. Six hommes ou plus – dont au moins trois portaient des uniformes de policier – ont forcé Isaac Asume Osuoka, AkpoBari Celestine et Ken Henshaw à descendre de leur voiture et à monter dans une camionnette blanche, sans même leur demander leur identité.

Ils n’ont pas informé ces trois militants du motif de leur arrestation et les ont emmenés au poste de police d’Olu Obasanjo, à Port Harcourt.
« Ils savaient qui nous étions, a indiqué Isaac Asume Osuoka.
Lorsqu’ils nous ont interpellés, ils ne nous ont pas demandé nos noms, ils n’ont pas demandé à voir le permis du conducteur, ils n’ont pas demandé les papiers de la voiture. »

Au poste de police, Isaac Asume Osuoka, AkpoBari Celestine et Ken Henshaw n’ont pas été autorisés à consulter un avocat.
AkpoBari Celestine a affirmé qu’il avait été privé de soins médicaux alors qu’il avait été blessé lors de l’arrestation.
Ces trois personnes ont été libérées sans inculpation aux alentours de minuit, après avoir prévenu des amis et des collègues, qui sont intervenus en leur faveur.

« Le recours à une force excessive et la détention arbitraire dont ces hommes ont été victimes doivent faire l’objet d’une enquête exhaustive et les auteurs présumés de ces faits doivent être traduits en justice », a indiqué Erwin van der Borght, directeur du programme Afrique d’Amnesty International.

Le centre de santé dans lequel AkpoBari Celestine s’est rendu après sa remise en liberté a refusé de lui fournir le rapport médical détaillant la nature de ses blessures. Selon les trois militants, le personnel de ce centre a peut-être subi des manœuvres d’intimidation de la part de la police.
Une expertise médicale réalisée en Autriche, où AkpoBari Celestine participe à des débats au sujet des droits humains dans le delta du Niger, a déterminé qu’il présentait, sur les bras et les jambes, plusieurs ecchymoses dues aux coups portés par les policiers.

«  Les gouvernements ont pour obligation de veiller à ce que les défenseurs des droits humains puissent mener leur action librement, sans risque d’ingérence, de discrimination, de menaces ou de représailles, a ajouté Erwin van der Borght.
« Ces militants ont le droit de voir leurs plaintes examinées de manière indépendante, impartiale et compétente, ainsi que d’obtenir réparation lorsqu’il est établi que des atteintes à leurs droits fondamentaux ont eu lieu. »

Des membres de la police nigériane continuent à perpétrer en toute impunité des violations des droits humains, notamment des homicides illégaux, des actes de torture et d’autres mauvais traitements, et des disparitions forcées.
Certaines personnes sont visées parce qu’elles ont refusé de verser des pots-de-vin ; plusieurs ont même succombé aux actes de torture infligés en garde à vue.
Pour plus d’informations, veuillez consulter le document d’Amnesty International intitulé Ils tuent à leur gré. Exécutions extrajudiciaires et autres homicides illégaux commis par la police au Nigeria (http://www.amnesty.org/fr/library/info/AFR44/038/2009/fr).

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