10 ans de prison pour une plaisanterie

En réaction à la condamnation à 10 ans d’emprisonnement prononcée mercredi 2 novembre contre Fomusoh Ivo Feh, 27 ans, et deux de ses amis, précédemment déclarés coupables de « non dénonciation d’actes terroristes » par le tribunal militaire de Yaoundé, Samira Daoud, directrice adjointe pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale à Amnesty International, a déclaré :

« Fomusoh Ivo et ses deux amis n’auraient pour commencer jamais dû être arrêtés, car ils n’ont fait qu’exercer pacifiquement leur droit à la liberté d’expression. Au lieu d’étudier comme leurs camarades, ces trois jeunes gens vont passer des années de leur vie en prison pour une simple blague.

« Cette décision de justice montre clairement que les juridictions militaires camerounaises ne devraient pas être compétentes pour juger des civils. Les autorités camerounaises doivent annuler leur condamnation et libérer immédiatement et sans condition ces trois personnes. »

Complément d’information

Amnesty International condamne fermement la peine prononcée par le tribunal militaire contre Fomusoh Ivo Feh et ses amis Afuh Nivelle Nfor et Azah Levis Gob - qui ont été déclarés coupables de « non dénonciation d’actes terroristes » au terme d’un procès entaché d’irrégularités à Yaoundé, et condamnés mercredi 2 novembre à 10 ans d’emprisonnement.

Fomusoh Ivo, qu’Amnesty International considère comme un prisonnier d’opinion, a été arrêté le 13 décembre 2014 après avoir envoyé à ses amis un SMS sarcastique faisant référence à Boko Haram. Il a été placé en détention dans un poste de police de Douala, avant d’être transféré à la prison principale de Yaoundé en janvier 2015.

Comme Amnesty International l’a indiqué, les procédures relatives à des « actes de terrorisme » dans les tribunaux camerounais ne sont pas conformes aux normes internationales d’équité en la matière. Beaucoup des personnes traduites en justice car elles étaient soupçonnées de soutenir Boko Haram ont fait l’objet de procès iniques, dans lesquels la charge de la preuve est souvent inversée, et des personnes sont condamnées sur la base d’éléments limités et impossible à confirmer. Les procès de civils devant des tribunaux militaires soulèvent par ailleurs un certain nombre d’inquiétudes concernant leur indépendance, leur impartialité et les garanties concernant l’équité des procès.

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