2010, Année européenne contre la pauvreté : il est temps de faire cesser l’exclusion des Roms

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU BUREAU EUROPÉEN D’AMNESTY INTERNATIONAL

Bruxelles, 21 janvier

Alors que se tient à Madrid, ce jeudi 21 janvier, la conférence de lancement de l’Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, Amnesty International exhorte l’Union européenne (UE) à prendre des mesures pour mettre un terme aux violations persistantes des droits fondamentaux des Roms d’Europe. Dans une lettre adressée à la présidence espagnole de l’UE, Amnesty International demande notamment que des dispositions soient adoptées pour mettre fin aux expulsions forcées et à toutes les formes de ségrégation scolaire dont des Roms sont victimes.

« Le cas des Roms illustre parfaitement la situation des minorités qui, au sein de l’UE, souffrent à la fois de pauvreté et de marginalisation. Il semble que l’on juge toujours acceptable de les traiter différemment des autres et cela est absolument intolérable », a déclaré Nicolas Beger, directeur du Bureau européen d’Amnesty International.

Amnesty International engage l’Union européenne à s’appuyer sur ses idéaux politiques pour prendre des mesures afin de faire cesser les expulsions forcées de Roms qui se déroulent dans toute l’UE. L’organisation demande également aux États membres d’adopter et de mettre en œuvre des politiques favorisant l’intégration des enfants roms dans le système éducatif classique.

Un certain nombre d’éléments tendent à montrer que les expulsions de Roms pauvres se multiplient depuis quelque temps au sein de l’UE. Ainsi, 150 Roms vivant sous le pont autoroutier de Bacula (Nord de Milan) ont été chassés par la force en mars 2009. Ces personnes ont été expulsées sans le moindre avertissement et 70 d’entre elles ne se sont vu proposer aucune solution de relogement.

Des faits similaires se sont produits en Slovaquie et en Grèce, où Amnesty International a recensé des expulsions forcées réalisées en violation des dispositions du droit international. Ces dispositions prévoient notamment une notification préalable suffisante et raisonnable, la possibilité d’une véritable concertation, la mise à disposition de voies de recours judiciaires, y compris d’une assistance judiciaire si nécessaire, une solution de relogement adaptée et une indemnisation pour tous les préjudices subis.

Amnesty International est également préoccupée par la ségrégation persistante des enfants roms au sein du système éducatif. Dans un rapport publié récemment, Injustice renamed Discrimination in education of Roma persists in the Czech Republic, l’organisation a montré que de nombreux jeunes Roms étaient scolarisés dans des établissements destinés à des enfants présentant des « handicaps mentaux légers ». D’autres sont placés au sein du système scolaire classique, mais dans des écoles ou classes accueillant uniquement des Roms, où ils reçoivent un enseignement de moindre qualité. Ces violations des droits humains perdurent alors qu’en 2007, la Cour européenne des droits de l’homme a estimé que la République tchèque s’était rendue coupable de discrimination à l’égard des enfants roms en les plaçant dans des « établissements spécialisés ».

« Cette forme d’apartheid ne fera qu’augmenter la probabilité que les Roms soient exclus de la vie publique, et elle limite les opportunités pour les jeunes Roms européens », a déclaré Esteban Beltran, directeur de la section espagnole d’Amnesty International.

« Si l’UE entend réellement lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale, elle doit être prête à prendre des mesures d’urgence pour mettre un terme aux discriminations à l’égard des Roms. Une action concrète consisterait par exemple à intervenir immédiatement en faveur d’une femme rom, Erzsébet Fodor, et des membres de sa famille, qui vivent à proximité d’une station d’épuration en Roumanie depuis qu’ils ont subi une expulsion forcée, il y a cinq ans », a conclu Nicolas Beger.

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