26e manifestation pour Raif et tous les autres

Ce jeudi 4 mars à 17h, pour la vingt-sixième fois depuis janvier 2015, des militants d’Amnesty International Belgique manifesteront devant l’ambassade d’Arabie saoudite à Bruxelles afin de réclamer la libération deRaif Badawi et de son avocat, Waleed Abu al Khair et l’annulation de leurs peines, de dénoncer les exécutions massives et les condamnations à mort de mineurs au moment des faits et de rappeler que de nombreux opposants sont toujours emprisonnés et soumis à des peines cruelles et inhumaines. Après s’être rassemblés chaque semaine, ensuite chaque mois, les militants ont pris la décision de faire désormais entendre leur voix à des moments stratégiques dans un souci de réactivité et d’efficacité.

Depuis plus d’un an, la mobilisation ne faiblit pas, au contraire. L’Arabie saoudite doit comprendre que tant qu’elle réprimera la liberté d’expression, qu’elle exécutera de façon massive des prisonniers condamnés à l’issue de procès iniques, dont des jeunes mineurs au moment des faits qui leur sont reprochés, et qu’elle bombardera des hôpitaux et des écoles au Yémen, nous serons là pour lui rappeler ses obligations internationales et la mettre sous pression”, explique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International.

Le bilan de l’Arabie saoudite en matière de droits humains ne cesse de s’alourdir de façon dramatique. En ce qui concerne la peine de mort, depuis la levée de boucliers dénonçant les exécutions de 47 personnes, dont le dignitaire chiite Nimr al-Nimr, pour la seule journée du 2 janvier, plus de dix personnes ont été mises à mort, y compris pour des crimes de droit commun, ce qui est contraire aux normes internationales.

Des individus tels qu’Ali al-Nimr, Dawood al Marhoon et Abdullah al Zaher figurent parmi les condamnés attendant leur exécution. Ces trois jeunes militants chiites risquent à tout moment d’être décapités pour avoir participé à des manifestations dénonçant le régime saoudien alors qu’ils avaient entre 16 et 17 ans. Arrêtés entre février et mai 2012, ils déclarent avoir été torturés durant leur incarcération jusqu’à “avouer” les faits pour lesquels ils ont été condamnés respectivement en mai et octobre 2014.

Amnesty International a récolté plus de 30.000 signatures au niveau belge contre les exécutions des jeunes militants chiites qu’elle a tenté de remettre lors d’une action de menée le mois dernier.

Complément d’information

Parce qu’il aurait ”insulté l’islam”, Raif Badawi a été condamné par le Tribunal pénal de Djedda à 10 ans de prison, à une amende de 1.000.000 riyals (environ 226.000 euros) et à 1000 coups de fouet, dont les 50 premiers lui ont été infligés le 9 janvier 2015. Mises sous pression par la mobilisation internationale, les autorités saoudiennes ont depuis systématiquement reporté les séances de flagellation.

L’Arabie saoudite poursuit impunément sa politique répressive en interdisant tous les rassemblements publics et les associations de défense des droits humains, en emprisonnant leurs membres et en condamnant leurs fondateurs à de lourdes de peines de prison pour création d’”organisations non autorisées”.

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