30 ans d’injustice peuvent enfin être réparés au Guatemala

Le procès de l’ancien dirigeant militaire guatémaltèque José Efraín Ríos Montt, qui doit s’ouvrir lundi 11 janvier, sera un véritable révélateur pour l’appareil judiciaire du pays, ainsi qu’une occasion importante pour le Guatemala de prouver son engagement en faveur des droits humains, a déclaré Amnesty International vendredi 8 janvier.

« Des dizaines de milliers de citoyens guatémaltèques victimes des crimes commis sous le régime Ríos Montt attendent depuis trois décennies qu’on leur rende justice - il ne faut pas les faire attendre une seconde de plus », a déclaré Erika Guevara, directrice régionale pour les Amériques à Amnesty International.

« La décision des autorités guatémaltèques de fermer les yeux face aux centaines de milliers de cas de torture, d’homicide et de disparition survenus durant la guerre civile dans ce pays est honteuse et illégale. La seule chose ayant un effet dissuasif contre ce type de crime est le fait de savoir que les responsables devront répondre de leurs actes devant la justice et éprouveront toute la force de la loi. »

Complément d’information

Efraín Ríos Montt a été accusé de crimes contre l’humanité et de génocide pour sa responsabilité dans les homicides et la torture de 1 771 indigènes mayas ixils et le déplacement forcé de dizaines de milliers d’autres alors qu’il était président et commandant en chef de l’armée du Guatemala (1982-1983).

Efraín Ríos Montt sera représenté par un tiers dans le cadre de cette procédure spéciale à huis-clos qui s’ouvrira lundi. Le tribunal n’est pas habilité à prononcer une peine de prison, compte tenu du mauvais état de santé de l’accusé, âgé de 89 ans.

Une condamnation prononcée en 2013 contre Efraín Rios Montt a été annulée par la Cour constitutionnelle dix jours plus tard en raison d’irrégularités de procédure.

Une commission vérité soutenue par l’ONU a estimé que quelque 200 000 personnes ont été tuées ou ont disparu pendant les 36 années de guerre civile au Guatemala (de 1960 à 1996). Plus de 80 % des victimes étaient des indigènes mayas.

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