50 000 personnes demandent une solution à la crise des « citoyens fantômes »

Une délégation d’Amnesty International et des représentants de la société civile dominicaine rencontrent mercredi 21 septembre le ministre de la Présidence, Gustavo Montalvo, au Palais présidentiel de la République dominicaine. Ils lui remettront une pétition ayant recueilli plus de 50 000 signatures dans 134 pays pour demander au gouvernement de prendre sans tarder des mesures pour résoudre la crise des personnes apatrides dans le pays.

La rencontre a lieu pendant la semaine marquant le troisième anniversaire de l’arrêt de la Cour constitutionnelle qui a déchu des dizaines de milliers de personnes, principalement d’origine haïtienne, de leur nationalité dominicaine. Cet arrêt a fait de ces personnes des « citoyens fantômes », limitant ainsi considérablement leur accès à l’école et à l’emploi, ou même leur capacité à se déplacer librement dans le pays.

« Le nouveau mandat du président Medina représente une occasion unique pour le gouvernement dominicain de remédier à certains des nombreux torts causés par l’arrêt de la Cour constitutionnelle il y a trois ans. L’élaboration de nouvelles solutions pour les dizaines de milliers de Dominicains touchés par cet arrêt doit être une priorité absolue pour les nouvelles autorités », a déclaré Robin Guittard, chargé de campagne sur les Caraïbes au sein d’Amnesty International.

Des dizaines de milliers de Dominicains d’origine étrangère souffrent des conséquences de cet arrêt discriminatoire.

Il y a un mois, le champion de taekwondo Luisito Pie, un Dominicain d’origine haïtienne, a offert une médaille d’or à la République dominicaine lors des Jeux olympiques de Rio 2016.

Mais de nombreux autres athlètes, notamment le champion de boxe Adonis Peguero, n’ont pas pu rejoindre l’équipe nationale, car ils n’ont pas été réintégrés dans la nationalité dominicaine, en dépit des mesures mises en place en 2014 dans le but d’apporter une réponse à la crise des droits humains engendrée par l’arrêt de 2013.

« Adonis Peguero aurait pu apporter tellement à son pays, tout comme Luisito Pie, mais le labyrinthe juridique créé par les autorités dominicaines l’empêche de participer pleinement à la vie publique, et sa vie reste plongée dans l’incertitude. Cette injustice doit cesser. »

Vendredi 23 septembre à 10 h 30, Amnesty International se joindra à des militants dominicains et à des personnes affectées par l’arrêt pour manifester devant la Cour constitutionnelle à Saint Domingue.

Pour en savoir plus :

 « Sans papiers, je ne suis personne. » Les personnes apatrides en République dominicaine (Rapport, 2015)

 Haïti/République dominicaine. Des milliers de personnes dans une situation incertaine à la suite d’expulsions inconsidérées (Nouvelle, 15 juin 2016)

 Les dirigeants des Amériques doivent ouvrir les yeux sur le drame des « citoyens fantômes » (Nouvelle, 14 juin 2016)

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