7% des femmes sont victimes de relations sexuelles imposées sur leur lieu de travail

Le vendredi 28 avril, à l’occasion de la Journée mondiale sur la sécurité et la santé au travail, Amnesty International avec l’association SOS Viol, soutenus par les interlocuteurs sociaux, rappellent le chiffre interpellant issu d’un sondage réalisé auprès de 2000 femmes en Belgique : 7% des femmes interrogées déclarent être ou avoir été victimes de relations sexuelles imposées par leur supérieur hiérarchique sur leur lieu de travail. L’organisation de défense des droits humains insiste sur la prévention, qui doit être une priorité au sein des entreprises et des institutions publiques, ce qui nécessite que les services et outils disponibles pour les victimes soient davantage valorisés par tous les interlocuteurs sociaux.

Des affiches informatives (dazibao) distribuées dans les principales gares de Wallonie et de Bruxelles rappelleront par un visuel fort que le viol, « cela se passe aussi au travail », et pas seulement dans le cadre familial ou dans la pénombre des parkings ou des impasses. Par ailleurs, quelques personnalités comme Laurence Bibot, Éric Boschman, Sébastien Ministru, Pietro Pizzuti et Marie Warnant ont accepté de soutenir la campagne.

« Il est aussi alarmant qu’inacceptable que des femmes subissent de pareilles souffrances sur leur lieu de travail, s’indigne Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International. Avec cette action, nous voulons sensibiliser l’ensemble des acteurs du monde du travail à cette réalité et rappeler aux travailleuses principalement qu’elles ont le droit d’être protégées de ces sévices et que des recours existent. En aucun cas, il ne faut tomber dans la banalisation. »

Le dazibao a également pour objectif de rappeler aux victimes de ces abus qu’elles ne sont pas seules et propose des informations pour les aider à se protéger, réagir et obtenir de l’aide. Il s’agit également d’un outil de sensibilisation, tant pour les travailleur-euse-s que les employeurs et le grand public.

« Ce dazibao doit être perçu comme une armure de protection et nous proposons à toute personne de l’afficher sur son lieu de travail comme un symbole fort », précise Philippe Hensmans.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la campagne « Quand c’est non, c’est non » sur les violences sexuelles et le viol en Belgique lancée en mars 2014 , qui a pour objectif la sensibilisation sur la réalité du viol dont l’ampleur reste peu connue alors qu’il apparaît que les victimes ne connaissent pas toujours leurs droits, ni les possibilités

Dans le cadre de cette campagne, Amnesty International avait commandité un sondage (réalisé en 2014 sur un échantillon de 2000 Belges) qui mettait notamment en exergue qu’une femme sur quatre s’était faite ou se faisait imposer des relations sexuelles forcées par leur partenaire. Dans le cadre de cette campagne, Amnesty avait produit une brochure en partenariat avec SOS Viol à l’attention des victimes pour leur expliquer leurs droits et les démarches à effectuer en cas de viol et lancé une pétition à l’attention du gouvernement pour lui demander de prendre des mesures très concrètes pour endiguer ce fléau.

Dans la foulée de la campagne « Quand c’est non, c’est non », un nouveau plan intrafrancophone de lutte contre les violences faites aux femmes a été adopté en juillet 2015, qui inclut la création d’une ligne téléphonique à l’attention des victimes. Par ailleurs, la Belgique s’est dotée d’un Plan d’Action National de lutte contre les violences sexuelles qui reprend une partie des mesures proposées par Amnesty International, en faveur desquelles l’organisation de défense des droits humains avait largement milité, notamment en remettant une pétition signée par 23.000 personnes au Premier ministre, le 25 novembre 2014.

En pratique :

Accueil de la presse entre 7h et 9h, à la gare de Bruxelles-Luxembourg, en présence de Philippe Hensmans et de Dominique Deshayes, respectivement directeur et coordinatrice droits des femmes de la section belge francophone d’Amnesty International, et de Stéphanie Jacquet-Parienté, porte-parole de SOS Viol.

Des distributions de dazibaos sont prévues de 7h à 9h, à près de 18 000 exemplaires, à Bruxelles, dans les gares de Bruxelles-Luxembourg, Midi, Central et Nord (de 16h30 à 18h00), et en Wallonie, dans les gares de Waterloo, de Louvain-la-Neuve, d’Ottignies, de Nivelles, de Liège-Guillemins, de Namur et de Mons (de 6h30 à 8h30).

13 5000 dazibaos seront affichés par les relais locaux d’Amnesty

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