À l’approche des élections, les autorités égyptiennes sont priées de respecter les droits humains

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

12 novembre 2010

Vendredi 12 novembre 2010, Amnesty International a exhorté les autorités égyptiennes à veiller à ce que l’ensemble des candidats et des électeurs échappent à toute mesure de harcèlement et d’intimidation de la part des forces de sécurité et des sympathisants du parti au pouvoir notamment, alors que les élections législatives prévues le 28 novembre approchent.

Cet appel intervient sur fond de restrictions imposées récemment par les autorités égyptiennes aux militants de l’opposition, qui voient leurs libertés d’expression, d’association et de réunion tronquées.

« Les autorités égyptiennes doivent respecter les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion et veiller à ce que les manifestants pacifiques ne soient ni arrêtés ni détenus de manière arbitraire. Les droits de tous les candidats et militants doivent être respectés sans discrimination
 », a indiqué Malcolm Smart, directeur d’Amnesty International pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

« Les électeurs dans les bureaux de vote doivent être protégés par les forces de sécurité égyptiennes – et non victimes de harcèlement ou d’intimidation, comme ce fut si souvent le cas lors des élections législatives de 2005. »

Les Égyptiens qui critiquent les autorités, ou sont considérés comme une menace pour l’ordre public ou la sécurité, sont arrêtés, placés en détention, inculpés d’infractions pénales et menacés de détention sans inculpation ni jugement en vertu de la législation d’exception. En effet, l’Égypte vit en permanence sous état d’urgence depuis près de 30 ans, depuis 1981.

À l’approche des élections, les autorités égyptiennes ont également pris des mesures visant à restreindre l’accès de la population à l’information et à fragiliser l’opposition politique.

Les journaux, qui publient des articles sur des sujets politiques qualifiés de sensibles par les autorités, sont saisis ou détruits. Selon certains médias, une dizaine de chaînes égyptiennes de télévision par satellite ont été suspendues. Les militants de partis politiques, ainsi que les membres de mouvements tels que l’Association nationale pour le changement, qui prône une réforme politique afin de permettre des élections libres et équitables, sont victimes de harcèlement, voire placés en détention.

Au moins 360 membres des Frères musulmans ont été arrêtés depuis que Mohammed Badie, à la tête du mouvement, a déclaré le 9 octobre que le groupe allait présenter des candidats aux élections législatives. Près de 200 sympathisants du mouvement seraient toujours derrière les barreaux.

L’organisation des Frères musulmans est officiellement interdite en Égypte depuis 1954, mais mène ouvertement ses activités et est généralement considérée comme la principale rivale du parti au pouvoir en Égypte, le Parti national démocrate (PND). En tant qu’organisation interdite, elle ne peut pas participer directement aux élections, mais a déjà fait montre de sa force en présentant avec succès des candidats indépendants.

Le nombre d’atteintes aux droits humains commises durant les élections de novembre va servir d’indicateur quant à ce qui pourrait se produire l’année prochaine, en 2011, lorsque se tiendra l’élection présidentielle. Le président actuel, Hosni Moubarak, est au pouvoir depuis 1981.

« Le monde a les yeux tournés vers la conduite des autorités égyptiennes durant ce scrutin. L’occasion leur est offerte de montrer que l’Égypte peut être un pays où les droits humains sont respectés », a déclaré Malcolm Smart.

Les appels en faveur de la levée de l’état d’urgence en vigueur depuis 29 ans, qui a été reconduit pour deux nouvelles années en mai 2010, et le mécontentement grandissant face aux politiques gouvernementales avivent les tensions à l’approche des élections de novembre.

« En Égypte, la législation d’exception et la Loi relative à l’état d’urgence favorisent de longue date les violations des droits fondamentaux dans tout le pays, a indiqué Malcolm Smart. Il est grand temps qu’elles soient abrogées. »

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