Communiqué de presse

À la mémoire d’Elena Bonner

Les membres et le personnel d’Amnesty International à travers le monde présentent leurs condoléances à la famille et aux amis d’Elena Gueorguievna Bonner, la veuve d’Andreï Dmitrievitch Sakharov, décédée le 18 juin 2011 à Boston, aux États-Unis.

Pendant plusieurs dizaines d’années, Elena Bonner a défendu avec ardeur et efficacité les personnes dont les droits avaient été bafoués en Union soviétique puis en Russie et ailleurs. Avec son mari, elle a appelé l’Union soviétique mais également la communauté internationale à protéger le droit à la liberté d’expression et à mettre fin à la torture et à la peine de mort. Après le décès d’Andreï Sakharov en 1989 et l’effondrement de l’Union soviétique, elle a continué à militer sans relâche contre l’injustice et l’oppression et à aider un nombre incalculable de victimes de violations des droits humains.

Elena Bonner était une amie et une sympathisante d’Amnesty International. Elle pouvait être une critique sévère mais elle était toujours juste, prête à écouter et à donner généreusement de son temps et de son aide.

En 1983, le physicien nucléaire et dissident soviétique Andreï Sakharov, qui a reçu le prix Nobel de la paix pour ses activités en faveur des droits humains, écrivait dans ses Mémoires :

« Influencé par Lusia [Elena Bonner], par mes collègues et mes amis, j’ai consacré de plus en plus d’attention aux individus victimes d’injustices. Je soutiens l’appel d’Amnesty International pour la libération des prisonniers d’opinion partout dans le monde, ainsi que ses efforts pour mettre fin au recours à la peine de mort et à la torture. Je suis convaincu que seule une “idéologie des droits humains” peut rassembler les gens indépendamment de leur nationalité, de leurs opinions politiques, de leur religion ou de leur position sociale. » [Traduction Amnesty International]

En réponse aux vœux que lui a envoyés Amnesty International pour son 85e anniversaire en 2008, Elena Bonner écrivait : « Merci pour vos souhaits. En même temps que ma gratitude, j’exprime le souhait qu’Amnesty International continue à défendre les prisonniers d’opinion et que la défense des droits humains menée par l’organisation, sans compromis et sans considérations politiques, de gauche, de droite ou autre, devienne un exemple pour toutes les organisations de défense des droits fondamentaux de notre petite planète. »

Elena Bonner était toujours prête à adopter des positions impopulaires sans se préoccuper de sa propre réputation ou de celle des autres. Face à l’injustice, le silence n’a jamais été une option pour elle. Elle a payé le prix fort pour ses convictions sur l’universalité des droits humains et pour l’obligation qu’elle ressentait de se battre pour ces droits. Elle a été envoyée en exil intérieur et s’est vue privée d’une vie normale entourée de sa famille et de ses amis pendant des années, mais elle a supporté avec une bonne grâce considérable les sacrifices que lui ont imposés son action et ses opinions. À chaque instant elle était l’exemple même de la capacité qu’ont les personnes franches et généreuses à amener le changement.

Dans nos souvenirs, Elena Bonner restera toujours une femme passionnée, une voix forte et une source d’inspiration.

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