Communiqué de presse

À la rencontre du vrai visage de l’Afghanistan Par Maya Pastakia, chargée de campagne sur l’Afghanistan à Amnesty International

C’est l’un des endroits les plus dangereux au monde, théâtre depuis plus de 30 ans de divers conflits.

Les groupes terroristes demeurent une force qu’on est contraints de prendre en compte, et le bilan de l’Afghanistan en termes de droits humains, comme les violations dont sont victimes les femmes et les jeunes filles, sont tristement notoires.

Cependant, tous les récits que vous avez pu entendre sur ce pays ne vous préparent pas à ce qu’est réellement l’Afghanistan.

Après des années de tragédie, de guerre et de terrorisme, les gros titres de l’information en Australie ne sauraient saisir la couleur, la culture, le rire et la résilience qui jaillissent dans les foyers, dans les rues et dans les centres villes à travers l’Afghanistan.

Alors que les troupes internationales font leurs bagages et se préparent à partir début 2014, l’espoir en l’avenir est immense.

Laissez-moi vous présenter cinq facettes importantes que vous ignorez sans doute concernant les habitants d’un pays dont vous pensiez connaître l’essentiel.

1. Une nourriture extraordinaire

La vie de famille est très importante pour la population en Afghanistan et les Afghans aiment à se retrouver, en groupe, autour de la nourriture.

La cuisine afghane est fabuleuse. Elle va bien au-delà des kebabs d’agneau et du riz, et s’enrichit de nombreuses influences des pays voisins. Les saveurs et les goûts de la cuisine afghane mêlent le Moyen-Orient, l’Inde, l’Asie et la Chine.

L’un de mes plats préférés s’appelle l’Oshack. C’est un peu comme les raviolis ou les tortellinis, mais fourrés avec un légume qui ressemble au poireau. J’ai rendu visite à un groupe de femmes dans un centre d’accueil à Kaboul et elles ont préparé l’Oshack pour le repas que j’ai dégusté avec mes collègues.

2. Un sens de l’hospitalité très fort

L’une des choses qui m’a réellement marquée est l’hospitalité poussée à un degré incroyable que déploient les habitants lorsqu’ils vous reçoivent. Ma collègue Horia Mosadiq est originaire d’Afghanistan. Lorsque nous nous sommes rendues dans le pays l’an dernier, elle m’a emmenée dîner dans sa belle-famille.

Elle les avait avertis que j’étais végétarienne, et ils ont veillé à ce que l’ensemble du banquet soit végétarien. La famille, qui comptait 12 personnes, a partagé avec moi ce repas sans viande. Je n’en revenais pas, car nous parlons ici d’une nation entière de carnivores qui se nourrissent de brochettes d’agneau.

Aussi, le fait qu’ils prennent en compte à ce point mes goûts culinaires ne pouvait que m’inciter à me sentir humble et reconnaissante.

3. Un sens de l’humour effronté

Caractéristique qui m’a particulièrement surprise, la force mentale des femmes en Afghanistan, malgré les difficultés auxquelles elles sont confrontées. Lorsque j’y suis allée, nous avons organisé des ateliers de formation à Kaboul, et les sessions étaient ponctuées d’éclats de rire et des plaisanteries qu’elles racontaient. Certaines blagues étaient grossières, mais hilarantes, et c’était vraiment surprenant de voir s’épanouir tant d’humour et de joie, sachant toute l’adversité à laquelle ces femmes doivent faire face.

4. Obnubilés par le sport

Beaucoup ignorent sans doute que l’Afghanistan est un pays qui progresse à pas de géant pour ce qui est du sport. Les gens associent généralement le sport en Afghanistan au jeu national du Buzkashi – une variante très particulière du polo, où les équipes se disputent non pas une balle mais une carcasse de chèvre. L’Afghanistan progresse aussi en flèche dans des sports plus conventionnels.

En septembre, le pays a célébré la première victoire historique de son équipe de football, lors d’un tournoi international dans le cadre du championnat de la Fédération de football d’Asie, et son équipe nationale de cricket s’est récemment qualifiée pour la Coupe du monde en 2015, belle réussite si l’on sait que ce sport était interdit sous le régime des talibans.

Le skateboard rencontre un succès fou. À Kaboul, un skateur australien a financé la construction d’un skate park et il est fréquenté par les garçons comme par les filles.

5. Les poètes sont traités comme des stars du rock

La poésie fait partie intégrante de la société et de la culture afghanes. Les hommes, les femmes et les enfants se rassemblent pour des récitals de poésie et pour écouter de la musique, pour réciter de vieux classiques ou livrer des poèmes qu’ils ont eux-mêmes composés.

Malgré l’instabilité qui règne dans le pays, la vie continue, les habitants font des affaires, ouvrent leurs commerces et l’industrie des médias est florissante.

Discuter avec des gens en Afghanistan et écouter leur histoire me permet de ne pas oublier toutes les améliorations dont nous sommes témoins dans le pays depuis 10 ans, particulièrement en ce qui concerne les droits des femmes. M’étant rendue sur place et connaissant leur force, je souhaite ardemment contribuer à ce que cette évolution se poursuive.

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