Une action « sacs de couchage » devant le Palais de Justice, à Bruxelles

Ce matin, des citoyen·ne·s, avocat·e·s et travailleur·euse·s de terrain ont déroulé leurs sacs de couchage devant le Palais de Justice, à Bruxelles. Par cette action silencieuse mais puissante, ils et elles ont montré ce qui se passe chaque jour en Belgique : des personnes en quête de protection sont forcées de dormir dans la rue, malgré leur droit à une place d’accueil.

L’action est une initiative conjointe de Vluchtelingenwerk Vlaanderen, Amnesty International, Médecins du Monde, BelRefugees, La Ligue des droits humains et House of Compassion. Ensemble, les organisations entendent rappeler au gouvernement fédéral sa responsabilité légale et morale.

« L’accueil est bien plus qu’un simple endroit pour dormir », déclare Eva Davidova, porte-parole d’Amnesty International. « C’est une première étape vers la sérénité, la sécurité et la stabilité. Refuser à ces personnes en quête de protection cette opportunité, c’est les privers de bien plus qu’un lit. »

Les participant·e·s, qui ont posé leur sac de couchage à même le sol, ont voulu montrer ce qui arrive lorsque les autorités se dérobent à leurs responsabilités : des personnes — y compris des familles avec enfants — se retrouvent contraintes de dormir sous des ponts, dans des gares ou dans la rue, au cœur de nos villes.

Moment symbolique

Le 15 novembre marque le début du plan hivernal, le dispositif d’hébergement d’urgence activé par les villes pendant les mois les plus froids. Jusqu’à l’an dernier, ce plan bénéficiait d’un cofinancement fédéral, mais ce soutien a été supprimé. En conséquence, encore plus de personnes — parmi lesquelles des enfants — risquent de se retrouver à la rue.

« Les organisations de terrain sont à bout, tandis que le gouvernement refuse d’investir dans des solutions durables », explique Hassan Ahmad, coordinateur de la Legal Helpdesk de Vluchtelingenwerk. « C’est un choix politique. Et les choix politiques peuvent changer. »

Trois demandes au gouvernement

Les organisations réclament trois mesures immédiates :

  • Aucune personne à la rue

Le gouvernement doit garantir suffisamment de places d’accueil (y compris d’urgence), afin que personne ne soit laissé dehors dans le froid.

  • Rétablir les budgets du plan hivernal

Les villes et les organisations de terrain doivent bénéficier à nouveau des moyens nécessaires pour accueillir les personnes en situation de vulnérabilité, en particulier à Bruxelles et à Gand, où la pression est extrême.

  • Respecter la loi

Toute personne ayant droit à l’accueil doit effectivement y avoir accès — sans exceptions ni retards.

Impact humain

L’impact du manque d’accueil est visible et palpable, affirment les travailleurs de terrain. « Dormir dehors expose les personnes à de graves risques pour la santé », souligne Pierre Van Heddegem, directeur de Médecins du Monde Belgique. « Ces personnes en quête de protection ont besoin d’un lieu sûr pour se rétablir et envisager de nouvelles perspectives. »

Zana Hanafi, pour qui l’accueil en Belgique a marqué le début d’un véritable rétablissement, témoigne : « Je ne peux pas imaginer que des personnes puissent arriver ici sans pouvoir disposer d’une place d’accueil.

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Pas un enfant à la rue. Point.

Amnesty International, le CIRÉ, la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés, la Ligue des Familles et d’autres organisations soucieuses des droits des personnes migrantes et/ou des droits de (…)

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