ACTIONS URGENTES : Des monceaux de lettres qu’aucun gouvernement ne peut se permettre d’ignorer

Index AI : ACT 10/001/2003

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

" Le but du tortionnaire est de vous isoler, de couper tous vos liens avec
le monde extérieur. Mais Amnesty International a pu rompre cet isolement.
[…] Lorsque j’ai vu ma femme, j’ai su que mon cas avait été rendu public.
J’ai su qu’ils ne pouvaient plus me tuer. "
le professeur Luiz Rossi, Brésil

Le mercredi 19 mars, Amnesty International célébrera le trentième
anniversaire des actions urgentes. Cette forme d’intervention,
particulièrement efficace, mobilise des dizaines de milliers de
sympathisants d’Amnesty International dans le monde, qui envoient très
rapidement des lettres, des fax et des courriers électroniques en faveur de
personnes qui risquent à tout moment d’être torturées, exécutées, de "
disparaître " ou d’être victimes d’autres violations de leurs droits
fondamentaux.

La première action urgente a été lancée en 1973, à l’initiative de Tracy
Ulltveit-Moe, une chercheuse d’Amnesty International qui travaille toujours
pour l’organisation de défense des droits humains, à Londres. Le professeur
Luiz Rossi, un prisonnier brésilien, risquait d’être torturé par le régime
militaire. Ce n’est que lorsque les lettres en sa faveur ont commencé à
affluer qu’il a été autorisé à recevoir la visite de ses proches. Alors que
de nombreuses personnes placées en garde à vue disparaissaient sans laisser
de traces, Luiz Rossi, lui, a été libéré en octobre 1973.

" Mon cas prouve que cette forme d’action a un sens, un impact. "
Václav Havel, Tchécoslovaquie, 1989

Václav Havel est l’une des personnes les plus célèbres en faveur de qui une
action urgente ait été lancée. Arrêté en janvier 1989, il a été libéré
quatre mois plus tard, grâce à un déluge de lettres et de fax envoyés par
des sympathisants d’Amnesty International. Toutefois, la plupart des appels
sont lancés en faveur d’hommes et de femmes, parfois même d’enfants, dont le
cas n’aurait pu être porté autrement à la connaissance de personnes
extérieures à leur famille ou à leur groupe social. Le sort de ces opprimés,
qui n’ont personne d’autre vers qui se tourner, dépend entièrement des
membres d’Amnesty International dans le monde entier.

" Je vous remercie du fond du cœur. J’ai reçu vos lettres, geste de
réconfort et d’humanité, union de forces dans le but de sauver nos vies. Le
combat est difficile, car j’ai dénoncé les meurtriers de mon fils. Nous
connaissons nombre de moments difficiles et d’agressions ; nous sommes la
cible de beaucoup de violences et de menaces. Mais avec le soutien de chacun
d’entre vous, je poursuivrai mon combat, pour que justice soit faite, et
pour empêcher que d’autres enfants soient tués et que de tels crimes
demeurent impunis. "
Elma Novais, Brésil, janvier 2003

Cette femme et ses deux enfants sont la cible de menaces et de manœuvres
d’intimidation depuis qu’elle fait campagne pour obtenir la comparution en
justice des responsables de la mort de son fils.

" Depuis le lancement de la première Action urgente, en 1973, d’innombrables
personnes, de la Chine au Chili, de la Syrie au Maroc, nous ont dit qu’une
action urgente avait contribué à les sauver. Dans plus d’un tiers des cas,
nous avons appris que la situation des personnes concernées s’était
améliorée ", a déclaré Amnesty International.

" Les gardiens du camp de travail ne savaient plus où donner de la tête,
avec toutes les cartes de sympathisants que je recevais. Les quelques cartes
qui me sont parvenues directement dans le camp ont été un rayon de soleil
dans la grisaille de mon existence. "
Grigori Pasko, Russie, 2003

En janvier dernier, Grigori Pasko, un prisonnier d’opinion russe, a été
libéré après avoir purgé les deux tiers de la peine de quatre années
d’emprisonnement à laquelle il avait été condamné pour avoir filmé un navire
déversant des déchets radioactifs dans la mer du Japon. Des milliers de
sympathisants d’Amnesty International dans le monde ont envoyé sans relâche
des courriers en sa faveur.

En 1973, Amnesty International a publié 11 actions urgentes.
Malheureusement, il est toujours nécessaire aujourd’hui de recourir à ce
type d’intervention, et en 2002, l’organisation a lancé pas moins de 468
actions urgentes, qui couvraient des cas dans 83 pays différents. Pour
chacun de ces cas, des milliers de missives ont été envoyées aux autorités
par voie postale, par courrier électronique et par télécopie, des monceaux
de lettres qu’aucun gouvernement ne saurait ignorer.

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