Afghanistan : Il faut protéger les défenseurs des droits humains

Alors que le nombre de victimes civiles ne faiblit pas en Afghanistan, Amnesty International a appelé le gouvernement à faire davantage pour protéger les défenseurs des droits humains, à l’occasion de l’examen par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU du bilan du pays en termes de droits humains.

Dans le cadre de l’Examen périodique universel (EPU) consacré à l’Afghanistan la semaine dernière, les États membres du Conseil des droits de l’homme de l’ONU ont souligné la nécessité pour le gouvernement afghan de faire davantage en vue d’adopter un mécanisme de protection des défenseurs des droits humains, de faire appliquer les lois existantes, de favoriser la participation des femmes et de protéger les civils touchés par le conflit.

« Nous saluons les progrès constatés s’agissant des droits humains, mais le gouvernement afghan peut faire bien plus pour remplir ses engagements internationaux dans ce domaine, a déclaré Samira Hamidi, chargée de campagne sur l’Asie du Sud Amnesty International.

« La situation des défenseurs des droits humains est source de vives inquiétudes : elle ne fait que se dégrader au fur et à mesure que les menaces à leur égard se multiplient. Par ailleurs, il est urgent de renforcer les enquêtes et les poursuites afin de garantir l’obligation de rendre des comptes pour les violations des droits humains et les exactions. Enfin, le processus de paix actuellement mis en œuvre doit garantir le respect des droits humains et des droits des victimes de violations graves des droits humains et du droit international. »

Selon la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA), au cours des neuf premiers mois de l’année 2018, 2 798 civils ont été tués et 5 252 blessés. Les victimes civiles sont majoritairement dues aux attaques des groupes armés, mais aussi aux frappes aériennes du gouvernement et des forces internationales.

À un moment où le nombre de victimes civiles atteint des quasi-records, les États européens continuent d’expulser de force des Afghans, en violation du principe de non-refoulement, ce qui les expose à de graves violations des droits humains.

D’après une étude de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en mai dernier, l’Afghanistan compte plus de 3,5 millions de personnes déplacées. Un Afghan sur six dans le pays est soit une personne déplacée, soit une personne qui est revenue chez elle.

« Il est crucial que le gouvernement afghan fasse de la protection des civils et du soutien aux personnes déplacées une priorité. Il doit aussi cesser de coopérer avec les procédures de renvoi forcé, faire clairement savoir que les personnes qui rentrent sont en danger et engager la communauté internationale à mettre un terme à ces renvois immédiatement », a déclaré Samira Hamidi.

Complément d’information

L’examen périodique universel (EPU) est une évaluation régulière de la situation des droits humains dans chacun des 193 États membres de l’ONU. C’est une innovation importante du Conseil des droits de l’homme, qui se fonde sur le traitement égal de tous les pays. Il donne l’occasion aux gouvernements de déclarer quelles mesures ils ont adoptées afin d’améliorer la situation des droits humains dans leur pays et de surmonter les obstacles à l’exercice des droits fondamentaux.

Vous pouvez accéder à des informations sur l’Examen périodique universel de l’Afghanistan en cliquant ici.

Amnesty International a soumis une liste de recommandations au sujet de la situation des droits humains en Afghanistan avant l’EPU. Pour consulter ces recommandations veuillez cliquer ici.

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