AFGHANISTAN. La libération de Sayed Perwiz Kambakhsh suscite l’espoir pour d’autres détenus

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI-
7 septembre 2009

Amnesty International a salué la grâce accordée à Sayed Perwiz Kambakhsh, reconnu coupable d’avoir fait circuler un article remettant en cause le rôle des femmes dans l’islam, et a exhorté le gouvernement afghan à libérer dans la foulée deux écrivains accusés de blasphème.

Ahmad Ghous Zelmay et Qari Mushtaq ont été condamnés à vingt ans d’emprisonnement en 2008 pour avoir publié une traduction du Coran sans l’accompagner du texte en arabe.

« Nous nous félicitons de la remise en liberté de Sayed Perwiz Kambakhsh et espérons que cette libération attendue de longue date sera suivie de celle d’autres personnes détenues en Afghanistan simplement pour avoir exprimé leurs opinions », a déclaré Sam Zarifi, directeur d’Amnesty International pour la région Asie-Océanie.

L’organisation s’est félicitée de la confirmation, ce lundi 7 septembre, de l’information selon laquelle Sayed Perwiz Kambakhsh, dont la condamnation à mort avait été commuée en une peine de vingt ans d’emprisonnement en octobre 2008, a été libéré après avoir bénéficié d’une grâce présidentielle. L’asile politique lui a été accordé dans un pays tiers.

« Cette affaire n’aurait jamais dû aboutir devant les tribunaux, a indiqué Sam Zarifi. La culpabilité de Sayed Perwiz Kambakhsh et la peine à laquelle il a été condamné n’ont aucun fondement légal, il n’a commis aucune infraction pénale reconnue en tant que telle par la loi. »

« Nous espérons que la libération de Sayed Perwiz Kambakhsh est le signe que le gouvernement afghan souhaite la justice pour les citoyens afghans. Il faut espérer que le prochain gouvernement, qui que soit le président, redoublera d’efforts pour protéger les droits humains et en particulier la liberté d’expression, de plus en plus menacée. »

Complément d’information :

Le 22 janvier 2008, l’étudiant et journaliste Sayed Perwiz Kambakhsh a été condamné à mort pour « blasphème » par un tribunal de première instance de la ville de Mazar-e-Charif, à l’issue d’un procès considéré comme inique par Amnesty International. La condamnation à la peine capitale a été annulée le 21 octobre 2008 par une juridiction d’appel à Kaboul, et remplacée par une peine de vingt ans d’emprisonnement. Le 11 février 2009, la Cour suprême a secrètement confirmé la peine de vingt ans d’emprisonnement. Sayed Perwiz Kambakhsh fait partie des plus de 200 prisonniers récemment graciés par le président Karzaï.

Amnesty International considère que sa culpabilité et la peine à laquelle il avait été condamné ne reposaient sur aucun fondement légal. Sayed Perwiz Kambakhsh était accusé d’avoir téléchargé sur Internet un article remettant en question la condition des femmes dans l’islam, de l’avoir commenté et de l’avoir fait circuler dans l’université de Balkh, où il faisait ses études. Sayed Perwiz Kambakhsh a nié les faits qui lui étaient reprochés, en ajoutant qu’il avait été « contraint » à faire des aveux. Les poursuites dont Sayed Perwiz Kambakhsh fait l’objet semblent être motivées par des considérations politiques : elles viseraient à empêcher son frère, le journaliste Yaqub Ibrahimi, de publier des articles critiques vis-à-vis de chefs de guerre locaux. Cette affaire a déclenché les critiques de religieux en Afghanistan, où le gouvernement compte sur le soutien de dirigeants religieux extrêmement conservateurs.

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