Afghanistan. La rencontre de Djedda doit protéger les droits, non les sacrifier


Déclaration publique

Index AI : ASA 11/032/2011 - ÉFAI

2 mars 2011

La rencontre internationale de soutien à l’Afghanistan, prévue à Djedda le 3 mars, doit veiller à ce que les droits humains, y compris les droits des femmes, soient partie intégrante du processus de réconciliation en Afghanistan afin de garantir une paix juste et durable, a déclaré Amnesty International le 2 mars.

L’Organisation de la conférence islamique (OCI) a invité à Djedda des membres du Groupe de contact international qui permet au gouvernement afghan de se rapprocher des États clés et des organisations internationales qui fournissent au gouvernement afghan un soutien financier, militaire et politique.

La rencontre est considérée comme importante et s’inscrit dans le cadre des efforts récents en faveur de pourparlers de paix avec les talibans et autres groupes antigouvernementaux.

Le gouvernement afghan et ses partenaires internationaux débattront avec les talibans du cadre politique à adopter pour le processus de réinsertion et de réconciliation ; mais le gouvernement devra également s’assurer, a déclaré Amnesty International, que les négociations seront transparentes et incluront tous les membres de la société civile et notamment les femmes.

Le gouvernement afghan et ses alliés décrivent fréquemment la réconciliation et le réinsertion comme un processus « mené par les Afghans » mais cela ne dégage pas pour autant les partenaires internationaux de l’Afghanistan de leurs responsabilités ; ils doivent veiller à ce que les droits fondamentaux de tous les Afghans soient respectés, protégés et satisfaits, a déclaré Amnesty International.

Au cours de la période de répression, les femmes ont été les principales victimes des violences des talibans. Aujourd’hui, dans les zones sous leur contrôle, les talibans ont fortement réduit les droits des femmes et des jeunes filles. Le gouvernement afghan et ses partenaires internationaux doivent donc veiller à ce que, conformément à la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, les femmes afghanes soient représentées de façon significative à toutes les étapes de la préparation et au cours des pourparlers de réconciliation.

Amnesty International demande instamment au gouvernement afghan et à ses partenaires internationaux de veiller à ce que tout groupe qui se joindrait aux pourparlers de réconciliation avec le gouvernement accepte les obligations de l’Afghanistan au regard du droit international relatif aux droits humains.

Amnesty International appelle également le gouvernement afghan et ses alliés internationaux à veiller à ce que toutes les personnes soupçonnées de crimes de guerre et autres exactions aient à rendre compte de leurs actes – qu’il s’agisse d’insurgés ou de membres des forces gouvernementales et de leurs alliés internationaux.

 ?Amnesty International a appelé la Cour pénale internationale, dont l’Afghanistan est signataire, à enquêter sur les crimes de guerre et crimes contre l’humanité, au vu de la spirale de violence dans laquelle s’enlise le conflit et en l’absence d’un appareil judiciaire national adéquat.

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