Communiqué de presse

Afghanistan. Le gouvernement doit tenir ses engagements en matière de droits humains alors que le pays entame une phase critique

Le gouvernement afghan doit traduire dans la réalité ses engagements en matière de droits humains, a déclaré Amnesty International jeudi 9 avril 2015, au terme d’une conférence qui s’est tenue pendant deux jours à Kaboul sur l’avenir des droits humains dans le pays.

Cette conférence, organisée par la Commission indépendante des droits humains de l’Afghanistan (AIHRC) avec le soutien d’Amnesty International, a réuni environ 250 personnes – dont un nombre à peu près égal d’hommes et de femmes – venues des 34 provinces du pays. Le débat a porté sur les pistes permettant de faire progresser les principaux défis que doit relever l’Afghanistan en matière de droits humains.

« C’est une période critique et délicate pour l’Afghanistan : un nouveau gouvernement est au pouvoir, les forces internationales se retirent et d’éventuels pourparlers de paix se profilent à l’horizon, sur fond de recrudescence des violences imputables aux groupes armés d’opposition », a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International, qui a pris la parole lors de cette conférence.

« Le reste du monde doit soutenir l’Afghanistan en cette période cruciale, et Amnesty International se place à ses côtés. Alors que le pays entre dans cette nouvelle phase, le gouvernement doit veiller à s’appuyer sur de solides fondations des droits humains et sur l’état de droit. »

Prenant la parole lors de la clôture de la conférence, le second vice-président afghan, Sarwar Danish, a souscrit plusieurs engagements, et a notamment proposé qu’un représentant de la Commission indépendante des droits humains de l’Afghanistan participe à l’examen final de tout texte de loi. Il a ajouté que les tribunaux, les procureurs et les organes chargés du maintien de l’ordre public allaient recevoir comme instructions de faire appliquer pleinement la loi sur l’élimination des violences faites aux femmes, et s’est engagé à mettre en œuvre le Plan d’action national contre la torture.

Le président Ashraf Ghani a délivré un message lors de la conférence, faisant valoir que les droits fondamentaux inscrits dans le deuxième chapitre de la Constitution afghane seraient une « ligne rouge » dans les négociations de paix avec les talibans.

Il importe de veiller à ce que ces engagements, importants et bienvenus, soient transformés en actes. Les autorités afghanes ne doivent pas perdre de vue les importantes avancées en termes de droits humains constatées depuis 14 ans : au lendemain de la conférence de Kaboul, il est temps de consolider et de poursuivre dans la même direction.

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