Communiqué de presse

Afghanistan. Les attaques des talibans contre des civils illustrent leur mépris pour la vie humaine

Le siège meurtrier d’un hôtel du centre de Kaboul le soir du 13 mai rappelle de manière cruelle le mépris des talibans pour la vie humaine, et a pour toile de fond la recrudescence inquiétante des attaques menées par ce groupe armé contre des civils à travers le pays, a déclaré Amnesty International jeudi 14 mai.

Selon des informations relayées par les médias, une quinzaine de civils, parmi lesquels des Afghans et des étrangers, ont été tués, et d’autres blessés lorsque des hommes armés ont fait irruption au Park Palace Hotel durant une réception en plein air qui se déroulait sur place mercredi 13 mai dans la soirée. Cet hôtel, situé près d’un hôpital et de locaux utilisés par des organes humanitaires, a par le passé logé des membres du personnel des Nations unies.

« Cette terrible attaque contre un hôtel connu du centre de Kaboul est un signe inquiétant que l’offensive de printemps des talibans ne faiblit pas, et représente pour les civils un risque accru d’être blessé ou tué », a déclaré Horia Mosadiq, spécialiste de l’Afghanistan à Amnesty International.

« On observe une multiplication préoccupante des attaques - dont celle-ci est la plus récente - menées par les talibans et d’autres groupes armés contre des "cibles vulnérables" à travers l’Afghanistan ces dernières semaines. Elles ont fait un grand nombre de victimes civiles. Certaines d’entre elles pourraient constituer des crimes contre l’humanité ou des crimes de guerre, et les autorités doivent veiller à ce que des enquêtes exhaustives soient menées et à ce que les personnes dont la responsabilité est engagée soient traduites en justice. »

D’après le Conseil de coordination des secours à l’Afghanistan, sept travailleurs humanitaires sont au nombre des personnes tuées lors de l’attaque de mercredi 13.

« Les informations selon lesquelles plusieurs travailleurs humanitaires font partie des personnes tuées sont particulièrement inquiétantes - les talibans prennent une nouvelle fois pour cible les personnes et organes qui s’engagent pour aider les Afghans ordinaires », a déclaré Horia Mosadiq.

La Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUI) a également condamné une seconde attaque menée mercredi 13 mai contre le service des pèlerins et des dotations religieuses à Lashkargah, dans le Helmand, qui a fait trois morts. La MANUI a qualifié d’atrocités ces attaques délibérées contre des civils.

Au cours des quatre premiers mois de 2015, la MANUI a recensé le nombre record de 2 937 victimes civiles (974 morts et 1 963 blessés), une augmentation de 16 % par rapport à la même période en 2014. Cet organe a récemment affirmé que les talibans et d’autres groupes armés sont responsables de près de trois-quarts des homicides de civils en Afghanistan.

« Offensive de printemps »

Tous les printemps, le nombre d’attaques menées par les talibans contre des cibles dites vulnérables - des endroits utilisés et fréquentés par des civils - augmente à travers le pays. Le 24 avril dernier, ils ont officiellement annoncé le début de leur offensive de printemps pour cette année.

Avant cette annonce, les talibans ont attaqué les services du procureur de Mazar-e-Sharif le 9 avril, tuant 10 personnes et en blessant 65 autres, des civils pour la plupart.

Le 4 mai, les talibans s’en sont pris à un bus transportant des civils en direction du bureau du procureur général à Kaboul, faisant un mort et 15 blessés.

Certaines informations font état d’attaques menées par les talibans contre des civils dans des zones rurales en Afghanistan. Ces exactions ne font jamais les gros titres de l’actualité et ne sont pour la plupart pas signalées.

« Les talibans ont parfaitement conscience des obligations qui sont les leurs aux termes du droit international humanitaire, mais ils n’y font référence que lorsque cela les arrange. Ils doivent immédiatement cesser de prendre pour cible et de tuer des civils, et respecter les lois de la guerre », a déclaré Horia Mosadiq.

Le gouvernement afghan a quant à lui le devoir de s’assurer que tous les civils et biens de caractère civil sont protégés.

« Le président Ashraf Ghani a récemment affirmé que le respect des droits fondamentaux constituerait une ligne rouge lors des négociations avec les talibans. Sa capacité à protéger les civils et à amener leurs agresseurs à rendre des comptes permettra de déterminer s’il a tenu cet engagement », a déclaré Horia Mosadiq.

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