Communiqué de presse

Afghanistan. Les autorités doivent se tourner vers la CPI afin de poursuivre les auteurs d’attaques attribuées aux talibans

Le gouvernement afghan doit collaborer avec la Cour pénale internationale (CPI) afin qu’une enquête soit menée sur les auteurs présumés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité en Afghanistan, a déclaré Amnesty International mercredi 29 juin à la suite d’un attentat revendiqué par les talibans ayant visé un hôtel de Kaboul et fait au moins 10 morts.

Cet attentat est le dernier d’une série de graves attaques lancées par des insurgés prenant délibérément les civils pour cibles, dont un attentat à la voiture piégée ayant visé un hôpital de la province du Logar (est du pays) et tué au moins 27 personnes, dont de nombreux enfants et femmes, samedi 25 juin.

« On observe une recrudescence des attaques constituant des atteintes au droit international humanitaire de la part des talibans et d’autres groupes insurgés, qui deviennent bien plus hardis dans leurs homicides délibérés de civils, qui sont des crimes de guerre purs et simples »
, a déclaré Sam Zarifi, directeur du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.

« Ces attaques montrent qu’il est urgent et crucial que le gouvernement afghan coopère pleinement avec la Cour pénale internationale dans le cadre d’enquêtes sur les allégations de crimes de guerre mettant en cause toutes les parties au conflit en Afghanistan », a ajouté Sam Zarifi.

L’Afghanistan a signé le Statut de Rome de la Cour pénale internationale. Le procureur de la CPI effectue actuellement un examen préliminaire en Afghanistan et a demandé certaines informations au gouvernement afghan mais n’a pour l’instant pas reçu de réponse.

« Les Afghans demandent justice à cors et à cris. Le système judiciaire afghan ne peut ni ne veut leur accorder ce qu’ils désirent – seul un organe international et indépendant tel que la CPI peut jouer ce rôle », a poursuivi Sam Zarifi.

D’après les Nations unies, les talibans et d’autres groupes insurgés sont responsables de la grande majorité des pertes civiles. Les Nations unies ont également indiqué que mai 2011 a été le mois le plus meurtrier pour les civils en Afghanistan depuis 2007, 82 % des pertes civiles ayant été attribuées à des groupes anti-gouvernementaux.

« Toutes les parties au conflit, y compris les États-Unis et l’OTAN, doivent rendre des comptes pour des atteintes aux lois de la guerre », a conclu Sam Zarifi.

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