AFGHANISTAN : Pas encore suffisamment stabilisé

Index AI : ASA 11/015/2003

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Amnesty International a redit ce lundi 23 juin 2003 son inquiétude à propos de la situation en Afghanistan, qu’elle considère comme peu propice au rapatriement volontaire des réfugiés et demandeurs d’asile ; l’organisation a demandé aux pays concernés de ne pas agir dans la précipitation en renvoyant des personnes vers une situation instable.

« En ce qui concerne la sécurité, la situation n’a cessé de se dégrader en 2003 en Afghanistan ; on ne peut parler de changement radical, durable et effectif. Il est peu probable par conséquent que les rapatriements puissent être encouragés dans un avenir prévisible », a souligné l’organisation internationale de défense des droits humains.

Dans un rapport à propos du sort des réfugiés afghans, Amnesty International fait part de son inquiétude ; dans les conditions actuelles, peu de réfugiés et de personnes déplacées à l’intérieur du pays auront la possibilité d’effectuer un retour durable vers leur lieu d’origine ou une destination de leur choix, ce qui risque de conduire à des situations de grande pauvreté et à de nouvelles vagues de déplacement.

« L’insuffisance de l’aide internationale à la reconstruction du pays est également un obstacle à la durabilité des retours. Des solutions doivent être trouvées. L’Afghanistan ne doit pas une nouvelle fois disparaître de l’agenda international, a poursuivi l’organisation.

« La situation est exacerbée par le fait que dans de nombreux cas, les retours n’ont pas été volontaires », a déclaré Amnesty International.

Le Pakistan et l’Iran ont accueilli jusqu’à six millions de réfugiés afghans pendant plus de vingt ans. Toutefois, ces dernières années se sont multipliés les signes de « lassitude vis-à-vis des réfugiés » dans ces pays ; une certaine pression s’est exercée sur les réfugiés afghans pour qu’ils regagnent leur pays, en violation des engagements internationaux en matière de droits humains.

Laissant entendre qu’il n’y avait désormais plus de risque, un certain nombre d’États non limitrophes de l’Afghanistan, dont le Royaume-Uni et l’Australie, ont également manifesté leur intention de rapatrier de force des demandeurs d’asile et réfugiés afghans, ce qui pose de graves problèmes.

« Si les réfugiés sont dans l’impossibilité de s’établir de façon durable à leur retour dans leur pays d’origine, il y a de grandes chances, si l’on en juge par ce qui s’est produit en Afghanistan en 2002 et 2003, qu’ils cherchent une nouvelle fois refuge dans un autre pays. Veiller à la durabilité des retours est donc dans l’intérêt des réfugiés eux-mêmes, dans l’intérêt du pays d’origine et des pays d’asile, que ceux-ci se trouvent à proximité immédiate du pays générant le flot de réfugiés ou se situent plus loin, a souligné Amnesty International.

« Nous demandons aux États non voisins de l’Afghanistan accueillant des réfugiés afghans, particulièrement les États industrialisés des pays de l’Union européenne et l’Australie, de prendre conscience du fait que le retour forcé des réfugiés et demandeurs d’asile déboutés sera interprété à tort par les États en développement accueillant un grand nombre d’Afghans comme le signal que le retour des Afghans dans leur pays doit être encouragé. »

L’organisation insiste sur le fait que doit être mise à la disposition de l’Afghanistan une aide à la reconstruction effective et suffisante ; qu’un certain niveau de sécurité doit régner dans tout le pays et que les institutions nationales concernant la justice, le maintien de l’ordre et la réforme sociale doivent pouvoir opérer dans le respect des droits de tous dans tout le pays.

« Ce n’est que lorsque ces conditions seront remplies qu’il sera possible de briser le cycle des déplacements de réfugiés et personnes déplacées de l’intérieur et de permettre le retour de ces personnes à leur lieu d’origine de façon réellement volontaire et durable », a conclu Amnesty International.

Pour consulter le rapport en anglais :

http://web.amnesty.org/library/index/engasa11042003

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