Afrique du Sud/Chine, il faut placer les droits humains au cœur du Sommet des leaders des BRICS

BRICS

A l’approche du Sommet des leaders des BRICS qui s’ouvre cette semaine à Pékin. Les nations du groupe des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) doivent placer les droits humains au cœur de leurs discussions,

Dans sa lettre d’information hebdomadaire lundi 20 juin, le président Cyril Ramaphosa a déclaré que le sommet représentait

« une occasion de contribuer à un monde meilleur, dans lequel tous les pays ont une meilleure chance de se remettre de cette pandémie et de prospérer ».

Cependant, tous les pays des BRICS sont en butte à de graves crises des droits humains, notamment l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

« Le président Cyril Ramaphosa ne peut pas dire que les BRICS veulent contribuer à un monde meilleur, lorsque l’Afrique du Sud se tait face aux terribles violations des droits humains commises par leurs membres. Le gouvernement russe bafoue le droit international humanitaire et relatif aux droits humains dans sa guerre d’agression contre l’Ukraine, et sa répression contre les personnes en Russie qui dénoncent cette invasion va à l’encontre des droits à la liberté d’expression et de réunion dont l’Afrique du Sud et sa Constitution se targuent », a déclaré Shenilla Mohamed, directrice exécutive d’Amnesty International Afrique du Sud.

Par ailleurs, le gouvernement chinois se rend responsable de graves violations des droits humains, particulièrement dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, où Amnesty International a recensé des détentions arbitraires systématiques, des actes de torture et des persécutions infligés aux Ouïghours, Kazakhs et autres minorités ethniques à majorité musulmane.

Dans le cadre de la répression systématique menée dans le Xinjiang, des gens ordinaires peuvent être enfermés pendant des années et soumis à des conditions cruelles pour des activités tout à fait légales.

En Inde, la répression s’exerce aussi contre ceux qui osent s’exprimer et faire valoir de manière pacifique leur dissidence contre les discriminations auxquelles ils sont confrontés.

Les autorités indiennes s’en prennent aux manifestant·e·s en recourant à un usage excessif de la force, à la détention arbitraire et aux démolitions punitives de logements, en violation flagrante des obligations qui incombent à l’Inde en vertu du droit international relatif aux droits humains et des normes en la matière.

Au Brésil, deux défenseur·e·s des droits humains et de l’Amazonie, Bruno Pereira et Dom Phillips, ont été récemment assassinés par des agresseurs non identifiés.

Le Brésil est l’un des pays les plus meurtriers au monde pour les personnes qui défendent les droits humains et l’environnement. Cette réalité est la conséquence d’une politique qui encourage les attaques contre la législation environnementale, démantèle les organismes chargés de la promotion et de la protection des droits des populations autochtones et incrimine les mouvements sociaux et les organisations communautaires.

L’Afrique du Sud doit aussi faire face à ses propres violations des droits humains, notamment le manque d’accès aux services essentiels pour la population, comme l’accès adéquat et sûr à l’eau et à des installations sanitaires, les taux élevés de violences fondées sur le genre, les forts taux de criminalité et la corruption présumée qui entrave la fourniture de services aux citoyens, ainsi que le recours excessif à la force par la police, allant parfois jusqu’aux homicides illégaux.

« Des problèmes relatifs aux droits humains d’une telle ampleur gangrénant les pays des BRICS, leurs leaders doivent agir immédiatement pour remédier aux violations et garantir l’obligation de rendre des comptes, a déclaré Shenilla Mohamed.

« L’Afrique du Sud dispose d’une très bonne Constitution fondée sur les droits humains. Si le président Cyril Ramaphosa est déterminé à ce sujet, il ne peut rester silencieux lorsque ces droits sont bafoués et doit dénoncer n’importe quel pays, quelle que soit sa relation avec l’Afrique du Sud. »

Complément d’information

Le groupe formé par cinq économies émergentes majeures – Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud – est désigné collectivement sous l’acronyme « BRICS ».

Le sommet des leaders des BRICS se réunit chaque année autour de discussions axées sur la coordination politique et socioéconomique.

Le premier sommet des BRIC s’est déroulé en Russie en juin 2009. En décembre 2010, l’Afrique du Sud a été conviée à rejoindre le groupe et l’acronyme est devenu BRICS.

Le 14e Sommet des leaders des BRICS sera accueilli par le président chinois Xi Jinping, en virtuel, les 23 et 24 juin 2022.

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