Communiqué de presse

Afrique du Sud. Il est urgent de prendre des mesures pour combattre l’impunité en matière de violences xénophobes

Les autorités sud-africaines devront intensifier leurs efforts si elles veulent lutter efficacement contre l’impunité en matière de violences xénophobes et des violations des droits humains qui en découlent, a déclaré Amnesty International-Afrique du Sud mardi 14 avril 2015. La vague d’attaques contre les réfugiés, les migrants et leurs commerces à laquelle on assiste dans la région de Durban a fini par inciter les représentants du gouvernement à prendre des mesures.

Au cours des deux dernières semaines, au moins quatre personnes ont été tuées, de nombreuses autres grièvement blessées, des boutiques pillées et plus de 1 000 personnes déplacées à Durban, dans la province du KwaZulu-Natal.

« Nous reconnaissons que la police procède à des arrestations. Cependant, les autorités doivent mener des enquêtes exhaustives, transparentes et indépendantes, et traduire les responsables présumés de ces agissements en justice », a déclaré Sicel’mpilo Shange-Buthane, directrice exécutive d’Amnesty International-Afrique du Sud.

« Il faut en finir avec la culture de l’impunité. »

Amnesty International a demandé au gouvernement sud-africain à plusieurs reprises, tout récemment au mois de janvier 2015, de mettre sur pied un plan systématique impliquant notamment la police afin de prévenir les attaques visant les réfugiés et de les protéger.

Ces attaques, dont les violences contre des journalistes qui couvraient les événements et contre des policiers qui intervenaient, font suite aux mois de violences qui ont secoué plusieurs provinces d’Afrique du Sud, notamment celles du Gauteng et de Mpumalanga.

Le 13 avril, le Premier ministre du KwaZulu-Natal, Senzo Mchunu, a formé une équipe d’experts, sous la direction de Navi Pillay, l’ancienne haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, pour enquêter sur les causes des violences dans la province.

La violence contre les réfugiés, inhabituelle au KwaZulu-Natal, semble avoir été déclenchée par la déclaration du roi Zoulou Goodwill Zwelithini appelant le gouvernement à prendre des mesures pour que tous les étrangers quittent l’Afrique du Sud.

Le 13 avril, le secrétaire général de l’ANC (Congrès national africain), Gwede Mantashe, aurait déclaré qu’il fallait installer des camps pour répondre aux attaques contre les réfugiés.

« Nous pensons que cela ne fait que retourner le problème et miner le modèle d’intégration sud-africain en matière de protection des réfugiés et que cela risque incidemment de favoriser de nouvelles attaques contre eux. »

Au regard des demandes répétées de la société civile, d’Amnesty International et d’organismes humanitaires en faveur de la création d’une commission interministérielle pour faire face à la crise, le président Jacob Zuma a condamné les violences et envoyé le 12 avril une délégation de haut niveau pour travailler avec le gouvernement provincial et remédier à la situation. La délégation est notamment composée des ministres de l’Intérieur, de la Sécurité d’État et de la Police.

Il incombe également aux autorités gouvernementales locales de résoudre les tensions et les menaces dès qu’elles se font jour. Au final, les instances gouvernementales à tous les niveaux ont la responsabilité de garantir le droit constitutionnel pour tous « de n’être soumis à aucune forme de violence de la part d’une source publique ou privée », sans discrimination.

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