Afrique du Sud : Il faut que la police enquête sans délai sur les événements de Xolobeni

Le recours excessif à la force par la police sud-africaine lors d’une manifestation pacifique contre les activités minières à Xolobeni (province du Cap-Est) le 23 septembre 2018 est intolérable et doit faire l’objet d’une enquête immédiate.

Amnesty International Afrique du Sud a recueillis des témoignages, un l’enregistrement vidéo et des photos qui indiquent que la police sud-africaine a utilisé du gaz lacrymogène et des grenades incapacitantes et proféré des menaces de mort pour disperser les manifestants à Xolobeni.

« Il est inacceptable que la police sud-africaine ait eu recours à la violence et aux menaces pour disperser des manifestants pacifiques. Il faut qu’elle se rappelle que les habitants de la région ont le droit de se réunir pacifiquement. Nous ne devons pas oublier la tragédie qui s’est produite à Marikana en 2012 ni ses conséquences pour la population locale et au-delà, a déclaré Shenilla Mohamed, directrice exécutive d’Amnesty International Afrique du Sud.

« L’enregistrement vidéo que nous avons visionné est alarmant : il semble montrer des policiers qui font usage d’une force excessive pour disperser des habitants et les empêcher de participer à une réunion convoquée par le ministère des Ressources minérales pour aborder la question de la mine de titane qu’il est proposé d’ouvrir dans la région. Bien que l’objectif annoncé de la réunion ait été de permettre à la population locale d’exprimer ses opinions, les habitants opposés à la mine n’ont pas pu s’y rendre ; la police a ainsi bafoué leur droit de prendre part aux affaires publiques et leur droit de défendre leurs terres ancestrales menacées par le projet minier.

« Il faut que toute la lumière soit faite sur ce qui s’est passé à Xolobeni le 23 septembre et que les responsables présumés de violations des droits humains soient traduits en justice.  »

« Bien que l’objectif annoncé de la réunion ait été de permettre à la population locale d’exprimer ses opinions, les habitants opposés à la mine n’ont pas pu s’y rendre ; la police a ainsi bafoué leur droit de prendre part aux affaires publiques »

Par ailleurs, Amnesty International Afrique du Sud signale que l’avocat spécialiste des droits humains et militant Richard Spoor, qui représente les habitants, a été arrêté, libéré puis inculpé après la manifestation. Cet homme est accusé d’incitation à commettre une infraction et de crimen injuria (atteinte illégale, grave et délibérée à la dignité d’autrui).

« Nous appelons la police sud-africaine à abandonner immédiatement toutes les charges pesant sur Richard Spoor », a déclaré Shenilla Mohamed.

Complément d’information

Le 23 septembre 2018, Amnesty International Afrique du Sud a reçu des informations indiquant que la police sud-africaine avait utilisé du gaz lacrymogène et des grenades incapacitantes et proféré des menaces de mort lors d’une réunion avec la population locale organisée à Xolobeni (province du Cap-Est) à l’instigation du ministère des Ressources minérales.

Amnesty International Afrique du Sud a ensuite obtenu des photos montrant des membres du Comité de crise d’Amadiba (ACC) dans un hôpital, où ils faisaient soigner leurs blessures causées par le gaz lacrymogène.

L’ACC est un groupe associatif créé en 2007 par des villageois de Xolobeni, au Pondoland, pour lutter contre l’exploitation du titane dans la région. Nonhle Mbuthuma, fondatrice de l’ACC, a uni dans un combat commun les habitants de cinq villages qui jouissent de droits fonciers collectifs sur des terres de la région de Xolobeni. Si le projet minier venait à se concrétiser, quelque 5 000 personnes seraient expulsées de force de leurs terres ancestrales.

Sikhosiphi « Bazooka » Rhadebe, défenseur des droits fonciers et environnementaux et président de l’ACC, a été tué par balle le 22 mars 2016. Personne n’a été traduit en justice pour cet homicide.

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