Afrique du Sud : Il faut mettre fin aux violences xénophobes

Le gouvernement sud-africain doit cesser de tergiverser sur la question de la violence contre les étrangers et prendre des mesures fermes afin de gérer la situation, après que des violences xénophobes ont été signalées à Rustenburg, dans la province du Nord-Ouest, cette semaine.

« Le gouvernement fait preuve d’un manque de volonté politique pour apporter des solutions durables aux problèmes de violence et de xénophobie. Conséquence de cette inertie, des explosions de violence éclatent de manière sporadique et se traduisent souvent par des morts, des blessés et des destructions de biens », a déclaré Shenilla Mohamed, directrice d’Amnesty International Afrique du Sud.

Elle a ajouté : « Cela fait près de 10 ans qu’une vague de violence xénophobe a déferlé sur le pays, faisant plus de 60 morts. Depuis, le gouvernement a résolu à plusieurs reprises de s’attaquer au problème et plusieurs enquêtes ont été menées, dont une par l’ancienne haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, qui a fait diverses recommandations. Pourtant, rien de concret n’a été entrepris pour combattre l’impunité qui entoure depuis longtemps les violences xénophobes et les violations des droits humains qui y sont liées.

« L’absence de volonté politique de prendre ce problème au sérieux et d’appliquer les lois nationales et les normes régionales et internationales qui protègent les migrants et les réfugiés est ahurissante. Il est temps de concrétiser des années de beaux discours, ou les actes et comportements xénophobes perdureront, avec le risque qu’ils ne se traduisent par des morts, des blessés et des destructions de biens qui auraient pu être évités », a déclaré Shenilla Mohamed.

Complément d’information

L’Afrique du Sud est le théâtre de violences à connotation xénophobe depuis des décennies, mais les récents événements – notamment en 2008 et 2015 – ont atteint une intensité accrue.

Elles font écho aux recommandations publiées par le Special Reference Group on Migration and Community Integration in KwaZulu-Natal, dirigé par la juge Navi Pillay, ancienne haut-commissaire aux droits de l’homme, en octobre 2015, qui a demandé au gouvernement de prendre des mesures fermes afin de résoudre le problème et de mettre en œuvre diverses recommandations, notamment : des déclarations responsables des dirigeants, un changement préventif de politique étrangère, des campagnes d’éducation, des programmes de gestion des catastrophes, la mise en place et le renforcement des politiques ayant trait notamment aux migrants, aux réfugiés et aux demandeurs d’asile, ainsi que le renforcement des capacités des organisations qui s’en occupent.

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