Communiqué de presse

Ahmed Mansoor, lauréat 2015 du prix Martin Ennals, interdit de voyage

Dix groupes de défense des droits humains représentés au sein du jury du prix Martin Ennals ont demandé mardi 15 septembre aux autorités des Émirats arabes unis de lever l’interdiction de voyager prononcée contre Ahmed Mansoor, l’un des trois défenseurs des droits humains récompensés par ce prix en 2015, et de lui délivrer un passeport.

Grandement respecté car il est l’une des rares voix aux Émirats arabes unis à proposer une évaluation indépendante et crédible des évolutions sur le terrain des droits humains dans le pays, Ahmed Mansoor fait régulièrement état de ses inquiétudes concernant la détention arbitraire, la torture ou d’autres traitements dégradants, ainsi que le non-respect des normes internationales d’équité des procès. Il attire également l’attention sur d’autres atteintes aux droits humains, notamment contre les travailleurs migrants.

Ahmed Mansoor a pour ces raisons été à de nombreuses reprises victime de manœuvres d’intimidation, de harcèlement et de menaces de mort de la part des autorités émiriennes ou de leurs sympathisants, et a notamment été arrêté et emprisonné en 2011 à l’issue d’un procès inique. Lui-même et quatre autres militants ayant appelé de leurs vœux l’avènement des droits démocratiques aux Émirats arabes unis ont été emprisonnés en 2011 pour « outrage à des représentants de l’État ». Bien que gracié et relâché plus tard cette année-là, Ahmed Mansoor s’est vu interdire de voyager et confisquer son passeport.

C’est en raison de son action courageuse qu’Ahmed Mansoor fait partie des trois finalistes du prix Martin Ennals qui seront récompensés lors d’une cérémonie qui se déroulera à Genève le 6 octobre. Ce prix est généralement remis par le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme.

Cependant, au vu de l’état actuel des choses, Ahmed Mansoor ne sera pas en mesure de se rendre à Genève pour la cérémonie, car les autorités des Émirats arabes unis lui ont imposé de façon arbitraire une interdiction de voyager et refusent de lui rendre son passeport, confisqué en 2011. L’interdiction de voyager prononcée à son encontre ainsi que la confiscation de son passeport constituent des atteintes au droit de circuler librement dont Ahmed Mansoor devrait pouvoir jouir en vertu du droit international relatif aux droits humains, étant donné que ces mesures ont été mises en place afin de le sanctionner pour les actions pacifiques qu’il mène en tant que défenseur des droits humains.

Le jury du prix Martin Ennals a noté avec préoccupation : « L’absence d’Ahmed Mansoor à la cérémonie serait la marque d’une position très décevante de la part des Émirats arabes unis, un pays fier de sa situation de carrefour du commerce international et du tourisme au Moyen-Orient, ainsi qu’un lieu sûr dans la région. Nous espérons que le gouvernement émirien, en sa qualité de membre du Conseil des droits de l’homme des Nations unies et de candidat à un second mandat, honorera l’obligation qui est la sienne de respecter les droits humains et protéger les défenseurs des droits humains. Le discours du gouvernement émirien sur la scène internationale doit aller de pair avec des mesures significatives sur son territoire, à commencer par la levée immédiate de l’interdiction de voyager concernant Ahmed Mansoor, la restitution et le renouvellement de son passeport, et la permission pour ce militant de se rendre à Genève pour la cérémonie. »

Ahmed Mansoor est membre du Comité consultatif de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de l’organisation Human Rights Watch, et membre de la Commission consultative du Centre du Golfe pour les droits de l’homme.

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