Algérie, les manifestants pacifiques arrêtés doivent être libérés

Les autorités algériennes intensifient la répression visant les manifestant·e·s pacifiques, avec l’arrestation ces derniers jours de 41 personnes qui avaient porté le drapeau amazigh lors d’actions de protestation à travers le pays ou qui en avaient simplement un en leur possession, a déclaré Amnesty International à l’occasion de la publication d’informations sur ces arrestations, avant de nouvelles manifestations prévues dans tout le pays vendredi 5 juillet.

L’organisation demande aux autorités algériennes de libérer immédiatement et sans condition les 34 manifestant·e·s se trouvant toujours en détention, et de respecter et protéger les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique lors des manifestations de vendredi 5 juillet. Elles doivent en particulier s’abstenir de harceler, de menacer, d’arrêter ou de poursuivre quiconque au seul motif que cette personne a porté le drapeau amazigh ou en a un en sa possession.

« Il est tout à fait absurde que les autorités algériennes prennent pour cible des manifestant·e·s pacifiques n’ayant rien fait d’autre que porter le drapeau amazigh. Dans certains cas, des personnes ont été appréhendées pour la seule raison que ce drapeau se trouvait en leur possession. Ces arrestations sont une attaque flagrante contre les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique de la communauté amazigh », a déclaré Magdalena Mughrabi, directrice adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International.

« Au lieu d’arrêter et de poursuivre de manière arbitraire des dizaines de personnes ayant simplement exercé leurs droits fondamentaux, les autorités algériennes doivent libérer immédiatement et sans condition les personnes appréhendées au seul motif qu’elles portaient le drapeau amazigh, et abandonner toutes les poursuites engagées contre elles. Les autorités doivent également mettre un terme aux arrestations de manifestants pacifiques. »

Toutes les personnes se trouvant encore en détention ont été accusées d’avoir porté atteinte à l’intégrité du pays, une infraction passible de 10 ans de prison et d’une amende allant de 3 000 à 70 000 dinars algériens (soit environ 25 à 600 dollars des États-Unis).

« Les manifestations du 5 juillet seront l’occasion pour les autorités algériennes de faire la preuve de leur engagement en faveur des droits humains, après le départ du président Abdelaziz Bouteflika. Pour que l’Algérie ait une chance de mener à bien une véritable réforme sur le terrain des droits humains, les autorités doivent mettre un terme à cette dernière opération de répression en date contre des manifestants qui appellent au changement », a déclaré Magdalena Mughrabi.

Complément d’information

Depuis le 22 février, des manifestations majoritairement non violentes, menées par des avocat·e·s, des étudiant·e·s, des journalistes et d’autres personnes réclamant une réforme sur le plan politique, se déroulent chaque vendredi à travers l’Algérie.

Les autorités algériennes ont pris des mesures afin de consacrer les droits culturels du peuple amazigh, en élevant le tamazight au rang de langue officielle dans la Constitution en 2016, et en annonçant que yannayer (qui marque le début du premier mois de l’année amazigh) deviendrait un jour férié à compter de 2018. La Constitution algérienne reconnaît par ailleurs l’« amazighité » comme l’une des composantes fondamentales de l’identité du peuple algérien.

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