ALGÉRIE : Les promesses doivent céder la place aux actes

Dans un rapport publié ce jour (mardi 16 septembre 2003), Amnesty
International déclare qu’après avoir parlé pendant des années de
l’amélioration de la situation des droits humains, il n’a jamais été plus
urgent pour les autorités algériennes de traduire leurs promesses de
changement dans les faits.

« Il est grand temps que les autorités algériennes commencent à tenir leurs
promesses de changement et prennent des mesures efficaces en vue de mettre
un terme aux atteintes aux droits humains. », a déclaré l’organisation.

Le rapport intitulé Algérie. Mesures prometteuses ou simples faux-fuyants
étudie l’impact des initiatives envisagées ou mises en œuvre par les
autorités algériennes au cours des trois dernières années. Amnesty
International affirme que l’incapacité persistante de l’État à transformer
ses promesses en actes a entraîné une perte de confiance dans le souci
affiché des autorités d’améliorer la situation des droits humains.

« Pour regagner la confiance des simples citoyens, le gouvernement doit
démontrer qu’il est vraiment déterminé à aborder les préoccupations
pressantes de la population dans le domaine des droits humains », a
poursuivi l’organisation de défense des droits humains.

Bien que la situation des droits humains se soit améliorée depuis la seconde
moitié des années 90, elle reste très préoccupante. Une centaine de
personnes sont tuées chaque mois par des membres des groupes armés ainsi que
des forces de sécurité et des milices armées par l’État ; les civils sont
les plus durement touchés par les violences résultant d’attaques ciblées ou
d’attentats aveugles à l’explosif.

Le recours à la torture en détention qui est toujours très répandu est
systématique dans les cas liés à ce que les autorités appellent des
activités « terroristes ». La très grande majorité des actes de torture
signalés semblent avoir été perpétrés dans les locaux de la Sécurité
militaire, le plus secret des services de sécurité algériens et le moins
soumis à un contrôle.

Depuis quelques années, les autorités algériennes parlent de plus en plus de
changement en mettant en avant une série de réformes élaborées et
progressivement mises en œuvre dans des domaines tels que la législation et
la structure des institutions étatiques. Certaines initiatives prises au
cours des trois dernières années comportent des éléments positifs. C’est
ainsi que les amendements législatifs introduits, en 2001, auraient dû, en
théorie, améliorer la protection des prisonniers contre la torture et la
détention secrète. Ces amendements sont toutefois restés en grande partie
lettre morte à l’instar des garanties déjà prévues par la loi.

Amnesty International est profondément préoccupée par d’autres mesures
prises récemment par les autorités algériennes. C’est ainsi que l’amnistie
accordée en janvier 2000 à quelque 1 000 membres des groupes armés et
l’application extrajudiciaire de mesures de clémence par la suite ont
empêché de connaître la vérité sur les atteintes graves aux droits humains
et ont garanti l’impunité aux responsables, privant ainsi des dizaines de
milliers de victimes de leur droit à réparation.

Toutefois, le rapport souligne qu’aucune initiative concrète n’a été prise
pour aborder les séquelles de la décennie écoulée durant laquelle l’Algérie
a été confrontée à une crise des droits humains d’une ampleur effroyable.
Aucune enquête approfondie, indépendante et impartiale n’a été effectuée sur
les atteintes massives aux droits humains commises depuis 1992 et qui
constituent des crimes contre l’humanité.

Citons notamment les dizaines de milliers d’homicides, les milliers de cas
de torture imputables aux groupes armés ainsi qu’aux forces de sécurité et
aux milices armées par l’État, et les milliers de personnes « disparues »
après leur arrestation par les forces de sécurité ou les milices armées par
l’État. En outre, les autorités algériennes continuent de nier la
responsabilité des agents de l’État dans la pratique établie des violations
des droits fondamentaux au cours de la décennie écoulée.

L’organisation réitère son appel à tous les groupes armés afin qu’ils
cessent immédiatement de prendre les civils pour cible et respectent le
droit le plus fondamental de la personne humaine, à savoir le droit à la
vie. Elle les prie également de mettre immédiatement un terme à la pratique
consistant à enlever des femmes et des jeunes filles et à leur faire subir
des viols, entre autres formes de torture.

« Les victimes de ces atteintes aux droits humains n’ont que trop attendu.
Il est grand temps que leur voix soit entendue et que les promesses de
changement soient remplacées par des actes », a conclu Amnesty
International.

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