Amnesty devant l’ambassade des Émirats arabes unis pour réclamer la libération des prisonniers d’opinion

Ce mardi 28 novembre, à la veille du lancement de la COP 28 à Dubaï, des militant·es d’Amnesty International se sont rendu·es devant l’ambassade des Émirats arabes unis (EAU) pour exiger de façon visuelle la libération des prisonniers d’opinion et des personnes injustement détenues dans le pays.

Les militant·es ont installé un grand panneau « Bienvenue à Dubaï », mettant ironiquement en scène le contraste criant entre l’image dorée que veulent se donner les EAU et le bilan désastreux du pays en matière de droits humains. Quelques mètres plus loin, des qamis (vêtement long traditionnel porté par les hommes notamment au Moyen-Orient) ont été suspendus à des cintres dans une cage afin de représenter symboliquement les prisonniers d’opinion encore détenus dans le pays. La scène a été complétée avec une large bannière mettant en évidence le cas d’Ahmed Mansoor, un éminent défenseur des droits humains émirien emprisonné depuis six ans aux EAU.

« Alors que les EAU accueillent une conférence dont l’objectif est de trouver des solutions à l’une des menaces les plus graves qui pèsent sur les droits humains, les autorités de ce pays continuent dans le plus grand cynisme de bafouer les droits fondamentaux de la population »

Des représentant·es d’Amnesty International ont également tenté de remettre à l’ambassade les 12 000 signatures récoltées en Belgique francophone d’une pétition appuyant cette demande. La porte d’accès au bâtiment demeurant close, les signatures ont été déposées dans la boîte aux lettres.

« Alors que les EAU accueillent une conférence dont l’objectif est de trouver des solutions à l’une des menaces les plus graves qui pèsent sur les droits humains, les autorités de ce pays continuent dans le plus grand cynisme de bafouer les droits fondamentaux de la population, notamment en écrasant la société civile, explique Carine Thibaut, directrice de la section belge francophone d’Amnesty International. À l’heure actuelle, au moins 64 personnes sont incarcérées illégalement en raison de leurs opinions politiques réelles ou présumées, dont Ahmed Mansoor, surnommé le “dernier défenseur des droits humains” aux EAU. »

La majorité de ces 64 personnes sont détenues depuis le procès collectif de 2012-2013, à l’issue duquel 94 Émirien·nes ont été jugé·es pour avoir appelé à la réforme et au changement démocratique. La Cour suprême, dans son verdict non susceptible d’appel, a ignoré le fait que de nombreux accusé·es avaient été détenu·es au secret pendant des mois et que certain·es avaient déclaré avoir été torturé·es en vue de leur extorquer des « aveux ». Après 2013, Ahmed Mansoor est resté le dernier défenseur émirien des droits humains à s’exprimer et à travailler dans le pays. En 2017, il a été incarcéré pour « promotion de fausses informations ».

Aux EAU, la législation érige en infraction toute critique des dirigeants et de l’État, les manifestations « portant atteinte à l’ordre public », toute publication « portant préjudice à la monnaie nationale » ou semant la « confusion » au sujet de l’économie, toute « atteinte aux intérêts de l’État » (passible d’une peine de prison à perpétuité ou de la peine de mort), la promotion de la « non-loyauté envers la direction [de l’État] », l’« incitation au péché ou à l’outrage à la pudeur » et l’« atteinte aux bonnes mœurs ».

« Notre message est clair : pas de justice climatique sans droits humains et pas de droits humains sans justice climatique. Alors que la COP 28 s’ouvrira dans deux jours, la libération de toutes ces personnes qui n’auraient jamais dû être incarcérées constituerait un signal cohérent avec les déclarations des autorités qui prétendent vouloir favoriser une COP inclusive, l’une des conditions essentielles pour que cette conférence soit une réussite – et il est crucial qu’elle le soit. Dans ce contexte, la communauté internationale se doit d’exiger des EAU une amélioration substantielle des droits humains dans le pays tout en s’engageant pour l’ambition climatique en actant la sortie des énergies fossiles », conclut Carine Thibaut.

Complément d’information

Outre ses profondes préoccupations relatives au bâillonnement de la société civile et à la répression des droits à la liberté d’expression, à la liberté d’association et à la liberté de réunion pacifique, Amnesty International a également exprimé sa vive inquiétude quant à d’autres problèmes concernant le respect des droits humains aux EAU, au rang desquels la surveillance numérique des défenseur·es des droits humains et autres voix dissidentes, la politique climatique qui ne vise pas à réduire la production de combustibles fossiles, l’absence de droit à des moyens de subsistance et à des conditions de travail décents pour les travailleur·euses migrant·es, ainsi que la criminalisation des relations sexuelles consenties entre adultes du même sexe et entre adultes hors mariage.

Pour plus d’informations, voir la déclaration publique intitulée La situation des droits humains aux Emirats arabes unis avant la COP28.

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