Amnesty International appelle une nouvelle fois à réviser les conditions très dures de la détention du soldat lié à l’affaire Wikileaks

24 mars 2011

Les autorités américaines doivent améliorer les conditions particulièrement dures de la détention provisoire de Bradley Manning, le soldat accusé d’avoir divulgué des informations à Wikileaks, a déclaré Amnesty International jeudi 24 mars.

Dans des lettres adressées au président Barack Obama et au secrétaire à la Défense Robert Gates, Amnesty International a demandé que des mesures soient prises afin de veiller à ce que Bradley Manning ne soit plus maintenu à l’isolement 23 heures sur 24 ni soumis à d’autres restrictions déraisonnables.


« Bradley Manning est détenu dans des conditions plus sévères que nécessaire, qui ne s’accordent pas avec son statut de prisonnier attendant d’être jugé,
a indiqué Susan Lee, directrice du programme Amériques d’Amnesty International.

« Nous exhortons les autorités américaines à réexaminer la situation de Bradley Manning. Aux termes des normes internationales, les prisonniers qui n’ont pas encore comparu devant un tribunal doivent être traités dans le respect du principe de présomption d’innocence.

« Ses demandes de revoir à la baisse sa catégorie de détention ont été refusées, bien qu’il ne pose semble-t-il aucun problème aux gardiens ni aux autres détenus, et qu’il n’ait aucun antécédent d’infractions disciplinaires en détention. »

Amnesty International a déjà fait part de ses préoccupations quant aux conditions de détention de Bradley Manning dans un courrier adressé au secrétaire à la Défense Robert Gates le 19 janvier.

Sa lettre est restée sans réponse et les conditions de détention du soldat n’ont pas changé.

Âgé de 23 ans, Bradley Manning a été arrêté en mai 2010 en Irak. Il a été accusé d’avoir transféré des données classées secret défense sur son ordinateur personnel et divulgué ces informations à une tierce partie non autorisée.

En mars 2011, il a été inculpé de 22 nouveaux chefs d’accusation, dont celui de « collusion avec l’ennemi ».

Depuis le mois de juillet 2010, il est confiné 23 heures sur 24 dans une petite cellule, sans effets personnels et avec un accès limité à la lecture et à l’écriture.

Toutes les visites, y compris celles de sa famille et de son avocat, se déroulent dans un lieu ne permettant aucun contact. Selon les informations dont dispose Amnesty International, durant ces visites, il porte des chaînes aux poignets et aux chevilles.

Bradley Manning fait toujours l’objet de mesures relatives au Programme de prévention du suicide, ce qui signifie qu’il n’est pas autorisé à avoir de draps ni d’oreiller séparé et qu’il est contrôlé par les gardiens toutes les cinq minutes pendant la journée.

En outre, il n’est pas autorisé non plus à faire de l’exercice dans sa cellule et ne bénéficie que rarement de la possibilité de faire de l’exercice en plein air, ce qui va à l’encontre des règles des Nations unies pour le traitement des détenus.

L’isolement prolongé dans une petite cellule, sans avoir la possibilité de faire suffisamment d’exercice et en étant soumis à d’autres restrictions, peut entraîner de graves troubles psychologiques, notamment de la dépression et de l’anxiété.

Dans le courant du mois de mars, Bradley Manning a été contraint de retirer tous ses vêtements et de dormir nu pendant plusieurs jours consécutifs. Ce traitement lui a été imposé peu après qu’il ait fait une remarque à l’un des gardiens, lorsqu’il a appris que les mesures relatives au Programme de prévention du suicide seraient maintenues à son égard (il avait fait remarquer que, s’il voulait se suicider, il pouvait se servir de la ceinture élastique de son slip). Il a expliqué qu’il devait se présenter nu devant la porte de sa cellule, dans le froid, chaque matin, avant que ses vêtements ne lui soient rendus.

« Bradley Manning est actuellement le seul prisonnier détenu sur la base des marines à Quantico qui ait été soumis à un isolement carcéral maximum et aux mesures de prévention du suicide pendant huit mois, a indiqué Susan Lee.


« Nos préoccupations quant à son traitement sont d’autant plus vives que les psychiatres militaires ont recommandé à plusieurs reprises que Bradley Manning soit retiré de la catégorie des détenus " à risque suicidaire " ».

Pour en savoir plus

USA : Open letter to President Obama regarding the treatment in custody of PFC Bradley Manning (lettre ouverte, 24 mars 2011)

USA : Open letter to Secretary of Defense Robert Gates regarding the treatment in custody of PFC Bradley Manning (lettre ouverte, 24 mars 2011)

Les États-Unis sont accusés de traitements inhumains envers le soldat lié à l’affaire Wikileaks (nouvelle, 24 janvier 2011)


Questions et réponses : Wikileaks et la liberté d’expression
(nouvelle, 16 décembre 2010)

Un câble diplomatique publié par Wikileaks corrobore les éléments faisant état de frappes aériennes américaines au Yémen (nouvelle, 1er décembre 2010)

Les États-Unis doivent enquêter sur les informations publiées par WikiLeaks relatives aux violences infligées à des détenus (nouvelle, 21 octobre 2010)

Des fuites sur l’Afghanistan mettent en évidence l’incohérence des lignes de conduite de l’OTAN concernant les pertes civiles (nouvelle, 25 juillet 2010)

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