Communiqué de presse

Amnesty International déplore la décision des autorités marocaines d’interdire un camp de jeunesse

Amnesty International déplore la décision des autorités marocaines d’interdire la 16e édition de son camp de jeunesse, qui devait avoir lieu cette semaine au Complexe Moulay Rachid de la Jeunesse et de l’enfance, à Bouznika. Cette décision est un pas en arrière pour les libertés d’association et de réunion, alors que les autorités proclament leur engagement envers les droits humains et l’état de droit.

C’est par une dépêche de l’agence officielle Maghreb Arabe Presse que l’organisation a appris lundi 1er septembre l’interdiction de la 16e édition du camp de jeunesse organisé par sa section marocaine, au motif que la procédure adéquate n’avait pas été suivie – allégation qu’Amnesty International dément fermement.

Amnesty International a procédé à toutes les démarches prévues par la loi marocaine lors de la préparation de cet événement, et plus particulièrement l’article 3 du décret royal relatif aux rassemblements publics qui prévoit que toute réunion publique doit être notifiée aux autorités locales, mais ne requiert pas d’autorisation préalable.

Ainsi, un fax a été adressé au ministre de la Jeunesse et des sports le 3 juillet, pour informer les autorités du déroulement du camp et de la nationalité des 40 participants, et demander l’autorisation d’utiliser le complexe. Puis, le 28 août, un fax a été adressé aux autorités locales de Bouznika pour les informer de l’événement. Amnesty International a conservé les récépissés qui confirment l’envoi de ces deux documents.

La décision d’interdire le camp de jeunesse organisé par Amnesty International Maroc est contraire aux lois marocaines, ainsi qu’aux engagements internationaux du Maroc en matière de droits humains. En effet, la Constitution marocaine garantit la liberté de réunion (article 29), tandis que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) garantit les libertés d’association et de réunion pacifique (articles 21 et 22).
Amnesty International a fait part de ses préoccupations aux autorités compétentes.

Complément d’information

Depuis 1998, Amnesty International organise des camps de jeunesse au cours desquels les jeunes participants échangent et partagent leurs expériences de lutte contre les violations des droits humains ; ce choix se fonde sur la conviction qu’il importe d’investir dans la jeunesse et que l’éducation est le meilleur moyen de bâtir une société qui garantisse les droits de tous, sans distinction.

Ces rencontres ont acquis un caractère international, avec la participation de jeunes militants du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord et de l’Union européenne.

Cette année, le camp se proposait de débattre des moyens d’éliminer la torture et les mauvais traitements, thème d’une campagne qu’Amnesty International mène dans le monde entier, ainsi que des restrictions imposées à la liberté d’expression et de la capacité des défenseurs des droits humains à mener à bien leurs activités pacifiques et légitimes.

Afin de contourner la censure, les jeunes participants ont décidé de lancer un « camp de jeunesse virtuel ouvert », pour coordonner la mobilisation face aux défis que posent les violations des droits humains commises dans la région et à travers le monde.

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